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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Jean-Michel Poncy
Publié dans : #histoire Ariège

4 _L'ECOLE DEVIENT GRATUITE         

 

 

 

La lOI DU 11 MARS 1867  etabli la gratuité de l'école. Cela a un cout pour le département de L'Ariège ,les communes du canton des Cabannes. L'institutrice de Vèbre dût se démener pour être payée.La loi du 28 mars 1882,Jules Ferry, rend l'école libre et obligatoire.

 

 

 

 

 

Actions du  département.

 

                L’école devient gratuite par la loi du 10 aout 1867Avec l’ancienne réglementation  certains élèves payaient et d’autres étaient admis gratuitement.

 

Le texte du conseil départemental d’éducation  fixe les nouveaux salaires des enseignants et enseignantes  en s’appuyant sur les rémunérations de l’ancien système. (6) 1T16            

 

                Réunion du conseil Départemental de l’instruction publique du 16 aout 1876

 

                Le préfet fait une courte analyse de la loi du 15 mars 1850. Il présente ensuite la nouvelle loi du  10 avril 1867 puis le conseil délibère.

 

1° Sujet : Fixation du traitement des directeurs et directrices des écoles de hameaux

 

                Ecoles permanentes :         Directeurs 500f  

 

                               Directrices 400

 

                Ecoles ouvertes une partie de l’année Directeurs 400f

 

                               Directrices 350

 

Traitement éventuel taux servant de base à ce traitement.

 

1° dans les écoles payantes

 

                12f  par an avec abonnement ou  1,50 f par mois pour les élèves payants

 

                8 f par an pour les élèves gratuits.

 

Dans les communes ci-dessous désignées

 

16 f par an par abonnement  ou 2 f par mois pour les élèves payants et de 10f  par an pour les élèves gratuits :

 

Brassac, Ganac, St Paul, St Pierre, serres, Vernajoul,  Fougax, Montferrier, Cabannes, Saurat (ville), Laroques, Varilles, Verniolle, tout le canton du Fossat, celui de Mas d’Azil  camarade et Montjo excepté, Prat, Castelnau, Ste Croix et Bélesta.

 

                Pour Lavelanet,  Labastide de Sérou, Castillon, Seix, et Massat, on Continuerait à payer  2f par mois.

 

                2° dans les écoles gratuites

 

10f par an par élève, ou 1f 50 par mois

 

Si la gratuité est appliquée aux communes désignées ci-dessous, le taux sera de 15 f par an  ou de 2f par mois.

 

                Dans les cinq communes de Lavelanet, Labastide  de Sérou, Castillon, Seix, Massat, la base de la rétribution, dans le cas de la gratuité absolue, continuera à être fixé  à 2f par mois. Les taux ci-dessus sont les mêmes que ceux des années précédentes.

 

Le traitement des instituteurs dans les communes où la gratuité absolue existe déjà sera inchangé.

 

                Il ne sera pas affecté aux maitres adjoints une partie de la rétribution scolaire.

 

 

 

Communes dispensées d’ouvrir une école de fille :

 

Alzen, Freychenet, Villac et aiguillons, Villeneuve d’Olmes, Villeneuve Durfort, La penne, Argen, Alos, et St Lizier.

 

 

 

                Compte rendu de l’exécution de la loi 3 janvier 1868          

 

 

 

Exécutions de la loi du 10 avril 1867

 

Le préfet rend compte au ministre de l’application de la loi. Nous n’avons à Foix que le texte au brouillon. (6)

 

177 communes sur 335 ont voté les 4 centimes pour la gratuité absolue de l’enseignement.

 

Quatre communes : Foix, Cos, Tarascon, et Quié pourvoiront à la gratuité de l’enseignement sans avoir recours aux subventions de l’état ou du département. Les 173 autres figurent dans le tableau A (ne figure pas sur le brouillon de la lettre.)

 

L’arrondissement de Foix a 139 communes dont 109 ont voté les 4 centimes 105 figurent sur l’état transmis au ministre (que nous n’avons pas) et 4 n’y figurent pas, voir supra. La gratuité est établie pour 64 communes avec les subventions du département et pour41 avec celles de l’état.

 

Celles qui n’ont pas voté les 30 centimes sont au nombre de 30, elles sont soit  subventionnées sans dépasser le minimum du traitement : 25; soit en le dépassant 3.

 

Deux  écoles sont   non subventionnées ayant leurs écoles non gratuite, il n’y en à pas de non subventionnées gratuites.

 

 Pour l’arrondissement de Pamiers 35 communes sur 113 ont voté les 4 centimes, pour celui de St Girons 33 communes sur les 83 ont voté les 4 centimes.

 

Le compte rendu nous donne des détails sur l’élaboration du tableau ; Les communes y sont inscrites par ordre de priorité établi en fonction de leur pauvreté. Le tableau détaillé n’accompagne pas  le brouillon de la lettre.

 

 

 

 

 

Le cout  de la gratuité

 

Le total des dépenses du tableau A est de 31 215 francs dont 10 344fr sont à la charge du département et 20 871 à la charge de l’état.

 

158 communes n’ont pas voté les 4 centimes. Parmi elles quelques unes ont établi la gratuité au moyen du renouveau communal, il s’agit de Pamiers, Mirepoix, Malegoude, Ste foi, Mazère  et st Girons.  Sur ces 158 communes 146 sont subventionnées. 11 produisent pour leurs instituteurs des traitements dépassant le minimum de 1920 Fr. environ pour toutes. Le préfet propose que cette somme soit prise pour base des nouveaux salaires.

 

Le préfet expose les difficultés qu’il éprouve à faire appliquer cette loi dans les communes, il est décidé à luter contre cet état de chose ; il pense qu’une disposition générale serait d’ordre à stimuler les conseils municipaux.

 

 

 

Tableau B

 

Nombre de cours d’adultes : 268,  nombre d’auditeurs : 7807.

 

Les communes ont voté ou voteront d’indemnité à verser aux instituteurs pour ces cours; Cette indemnité a été calculée à partir des indications fournies par le ministre elle va de 3  à 100 francs. Il faut aussi prévoir 5 francs environ par lampe à pétrole et de 4 à 5 lampes par cours.

 

Le chauffage est fourni en matière par les communes

 

Dépenses des cours d’adulte  pour 1867-1868 : 16 200 francs sur quoi les communes donneraient 6 355 f et  le département 2 035f soit 8 391 f en tout ; les subventions de l’état seraient de : 7 810 f.

 

 

 

 Tableau C

 

Concerne les maitresses auxiliaires chargées des travaux d’aiguilles pour les filles. Le préfet a désigné exclusivement et conformément aux instructions du ministre la femme, la fille ou la sœur de l’instituteur. Le nombre d’écoles mixte où devrait être attaché une maitresse de travaux d’aiguille est de 108, 20 de ces auxiliaires sont déjà nommées. Le traitement serait de 30, 40, ou 50 francs selon  l’importance des classes.

 

Certaines communes rechignent à voter ce traitement supplémentaire. Les fonds du département sont épuisés par le tableau A et B.

 

Dépenses du tableau C : 3810 f ; les communes fourniront : 1050 ; il restera à la charge des fonds de l’état : 2 760f.

 

 

 

Tableau D

 

Ce tableau concerne les maîtres adjoints. L’intérêt du service montre que ces emplois doivent être maintenus.

 

Six emplois nouveaux doivent être créés à : Varilhes, Massat, Foix, Castillon, Prat, et la Bastide de Sérou.

 

Ces emplois sont payés soit par la commune soit par le maître et souvent au dessous du minimum prévu par la loi du 10 avril 1867 ; cet état de chose à pour effet l’instabilité des maîtres adjoints. Cela ne peut pas durer. Les communes où sont affectés des adjoints sont populeuses, le traitement de cet emploi doit être fixé à 500f. Les communes continueront à porter à leurs dépenses les sommes qu’elles affectaient à cet emploi. Elles fourniront ainsi un contingent de 10 000f  ce qui réduira à 7900f la dépense du ministère.

 

 

 

Tableau E

 

Les maitresses adjointes sont maintenues pour un traitement légal de 350f prélevés en parti sur les fonds communaux et en parti sur les fonds de l’état.

 

Fonds communaux 4800f, fonds de l’état 6750f total 11550f

 

 

 

Tableau F

 

Concerne les écoles de hameaux

 

« L’état d’infériorité assigné par les statistiques de l’instruction primaire au département de l’Ariège a pour cause la situation topographique du pays. Les habitants aiment l’instruction et la désirent pour leurs enfants, mais la distance de l’école au domicile, distance que des accidents de terrain ou des circonstances climatiques rendent infranchissables, pendant plusieurs mois de l’année, s’oppose à la fréquentation de la classe et condamne à une ignorance absolue bien des enfants qu’on regrette de ne pas faire instruire.

 

Pour remédier à cet état de chose un assez grand nombre d’école de second ordre, véritables écoles de hameaux, avaient déjà été ouverte avant la promulgation de la loi du 10 avril, et votre Excellence, en approuvant mes états annuels de prévision des dépenses a bien voulu en confirmer l’existence. J’en propose le maintien. »

 

Le préfet expose ses intentions concernant les maitres adjoints leur traitement sera celui donné dans les états F

 

L’Ariège possède 25 écoles de hameau il faudra en ouvrir 50 ; Les dépenses totales seront de 35 165 f et les communes y participeront pour une somme de 8 355 f.

 

 L’application de la loi est résumée dans le tableau synoptique suivant.

 

 

 

Application de la loi du 10 avril 1867     Nombre de communes où la loi recevait son application             Dépense totale        Répartition de la dépense entre

 

                Les                                             communes       Le département     L’état

 

Gratuité de l’enseignement  177     50 015   18 800           10 344                 20 871

 

Cours d’adulte                      268     16 200    6 355               2 035               7 810

 

Maîtresse de travaux

 

d’aiguille                             108        3 810     1 050               ’’                      2 760

 

Adjoints (Ecole de garçons) 19       17 900     10 000             ‘’                      7 900

 

Adjoints (écoles de Filles)     32       11 550      4 800               ‘’                   6 750

 

Ecole de hameau                   55       35 165      8 355               ‘’                  26 810

 

Totaux                                             134 640      49 360          12 379           72 901

 

Le préfet précise que la somme de 49 360 f est totalement en dehors et en sus des 3 centimes de la loi de 1850.

 

La délibération du 11 mars 1866 nous apprend que les parents versaient à l’instituteur une allocation de 10 à 12 francs par an. Il y avait deux tarifs un pour les élèves réguliers environ 1f50 par mois et un pour les enfants qui fréquentaient l’école irrégulièrement (je n’ai pas relevés ces chiffres aux archives).

 

 

 

Gratuité de L’école à Vèbre

 

 

 

L’école devient gratuite par la loi du 10 aout 1867. La commune augmentera donc les impositions pour rémunérer l’instituteur qui jusqu’alors était payé pour moitié par la commune et pour moitié par les parents.

 

Le répertoire T nous fournit une liste  d’enfants   à admettre gratuitement ils avaient été oubliés dans l’état initial.

 

 

 

20 février 1870                   Admission gratuite à l’école de 8 élèves

 

                               Réparation d’un oubli

 

Soulié Françoise, père Gendreu  Martin cultivateur ; indigence absolue ; orphelin manquant du nécessaire.

 

Bonnel Marie et Bonnel Sophie, père Bonnel Ferdinand cultivateur ; ayant 4 enfants en bas âge, en admettre au moins une.

 

Alzieu Marie et Alzieu Baptistine, père Alzieu guillaume cadet cultivateur; ayant 4 enfants; en admettre au moins une.

 

Soula Marie, père Soula Joseph tisserand, élevant 3 enfants avec son métier et le produit de sa pêche; âgée de 12 ans et la plus intelligente de l’école.

 

Alzieu Madelaine,père  Alzieu  Jean Marfouil cultivateur  peu aisé et 3 enfants ;12 ans et n’ayant jamais fréquenté l’école.

 

Alzieu Magdelaine père Alzieu Jean, douanier en retraite cultivateur et 2 garçons à l’école ;âgés de 10 ans ayant  perdu sa mère et devant faire vite son éducation pour vaquer aux soins du ménage.

 

L’institutrice Madame Morarau demande que ces 8 inscriptions soit effectuées avant l’que les rôles soit dressés

 

Avis favorable de l’inspecteur Primaire le 24 février et de l’inspecteur d’académie le 25 février.

 

 

 

 

 

 

 

Cours d’Adultes en 1865

 

 

 

Beaucoup d’enfants quittaient l’école au moment où l’instruction leur été le plus profitable. Le maire reconnaît la négligence de la commune, celle-ci organisera donc des cours d’adultes. Dans sa réunion du 26 novembre 1865 le conseil les organise, conformément aux directives du préfet. Les autres communes les ont déjà organisés et Vèbre pas encore. Les cours auront lieu le soir pour que les participants prennent un peu de repos après le travail de champs. Le cours est destiné aux adultes et aux adolescents qui ont oublié ce qu’ils avaient appris.

 

Les participants porteront le chauffage et l’éclairage. La commune fournira la lampe à pétrole et le poêle, cout 25f, elle versera à l’instituteur une gratification de 40f.

 

 

 

                Dans notre enfance il existait encore le poêle à bois et chaque enfant (ou les parents) portait quelques buches, il fut remplacé par la suite par un poêle à mazout.

 

Quant à l’absentéisme il ne fut véritablement réglé que par l’institution des allocations familiales, qui peuvent être supprimées  si l’enfant est trop souvent  absent sans motif.

 

 

 

                Ma mère qui était née en 1913 à Appy quittait l’école à 10h pour aller garder les moutons, au grand désespoir de l’instituteur et de ma mère qui aimait l’école et qui apprenait bien.  Les arguments de l’instituteur étaient sans effet sur le grand-père qui pourtant avait son certificat et qui écrivait très bien; mais il avait décidé que l’ainée suivrait l’école et apprendrait à sa sœur ce qu’elle avait raté en classe. Les sœurs et le frère qui suivirent quant à eux fréquentèrent l’école régulièrement.

 

 

 

Enfants  à  admettre gratuitement

 

            La gratuité continue de se mettre  en place

 

 

 

Lettre du Ministre au préfet  du 22 décembre 1876

 

                   Le 27 novembre 1876 le ministre envoie une circulaire.  Le12 décembre le préfet lui fait parvenir un rapport.  « Vous me faites savoir que le conseil départemental de l’instruction publique  s’est prononcé en principe, pour le rejet de ces demandes en raison des charges qui en résulteraient pour l’état. » 

 

                   Le ministre demande au préfet qu’il réunisse d’urgence le conseil départemental, qui est tenu de donner  son avis au terme de l’article 8 de la loi du 10 avril 1867.Le conseil se réunira le  11 mai

 

                   Délibération du conseil départemental du 11 mai 1877.       Le conseil est d’avis d’accorder la gratuité absolue aux communes qui ont voté les 4 centimes en vu de la gratuité et dont le centime  produit moins de 50f, 00. Le produit des centimes sera faible et le cout pour le département sera sensiblement le même que celui des rétributions scolaires qui sont actuellement allouées.

 

 

 

                   Réponse du préfet le 16 mai 1877.Le préfet fait par au ministre de l’avis favorable du conseil départemental.

 

Suit un état, financier, des communes, relatif à la gratuité absolue de l’école.  

 

Communes jouissant de la gratuité absolue de l’école par leurs moyens propre sans avoir recours aux 4 centimes de la loi du 10 avril 1867.  Elles ne sont pas nombreuses : Foix ; Tarascon ; Pamiers ; Mirepoix.

 

Communes jouissant de la gratuité absolue de l’école avec leurs moyens propre et les 4 centimes additionnels :

 

Lavelanet et  Saverdun.

 

Noter que St Girons qui était dans un riche bassin minier ne figure pas sur la liste. Toutes les autres communes du département son donc subventionnées à l’aide de la rétribution scolaire.

 

Le Mas d’Azil  bénéficie de la gratuité scolaire, il a une subvention en plus des centimes.

 

                   Texte du projet de loi sur la gratuité de l’école.17 décembre 1877 Les communes auront la faculté d’établir la gratuité absolue dans ses écoles. Les communes qui doivent réclamer le concours du département, pour faire face aux dépenses scolaires, devront voter un centime additionnel qui ne pourra être inférieur à 4centimes.

 

 

 

 

 

Communes du canton

 

communes            Produit rétribution scolaire 1877  Produit du centime additionnel               Nombre de centimes à voter  Produit des centimes               Différence entre la rétribution et le produit des centimes.

 

Aston           103       17,74          6           106,44                  «

 

Bestiac           42        3,09        10            30,90                 11,10

 

Bouan             56         6,60         9            59,40                 «

 

Cabannes      144      23,16        8           185,28                 «

 

Caussou         357      9,96        10            99,60               252,40

 

Larnat                84      6,50        10            65,00               19,00

 

Sinsat               78        5,98         10           57,8                20,20

 

Unac               106         9,63       10             16,30               9,70é

 

Vèbre                 94        2,58          8            100,64                 «

 

vernaux            13         5,73        4                21,72              «

 

                                                                                                                                                               

 

 Ce tableau ,partiel ,nous confirme indirectement la pauvreté des communes de notre canton.

 

Noter que le conseil départemental de l’instruction publique avait voté contre cette mesure. Ici les opposants qui habituellement sont à l’extérieur étaient dans l’institution même.

 

 

 

 

 

 

 

Salaires

 

 

 

Tableau des salaires en Avril 1879

 

avril 1878                                                                                  Traitement des Instituteurs et institutrices en 1878

 

129    instituteurs et   177 institutrices  perçoivent  600 à 800 fr

 

133  instituteurs et     60   institutrices  perçoivent 800à100fr

 

17   instituteurs et     3      institutrices  perçoivent 1000à 1200fr

 

5    instituteurs et     1     institutrices  perçoivent   1200 à1500

 

4    instituteurs et     1     institutrices  perçoivent1500à 1800

 

______________________________________1800à 2200

 

______________________________________2200 à2600

 

___________________________________2600et au- dessus

 

 

 

            Salaire de l’instituteur à Vèbre en 1883

 

 

 

9 juin 1883         

 

Traitement de l’instituteur budget de 1884

 

Traitement fixe de l’instituteur titulaire                                    200f

 

Traitement éventuel                                                                389f

 

Complément pour former le traitement minimum                       411

 

Allocation attachée à l’inscription sur le huitième du mérite     100

 

Total                                                                                          1100F

 

Ecole des filles

 

Traitement de l’institutrice                                                         800f

 

Total général                                                                            1900f

 

 

 

                Madame Morareau n’est pas payée.

 

 Où l’on voit que Kafka n’aurait pas été dépaysé.

 

                18 mai 1868        Traitement de Madame Morarau

 

                Me Morarau renvoie la lettre de  l’inspecteur, a son expéditeur  pour qu’il prenne connaissance des annotations du percepteur. Le  mandat de son traitement doit s’accompagner d’un décret de nomination et d’un crédit ; En annotation le percepteur indique qu’il  a les crédits comme pour tous les autres instituteurs mais qu’il lui faut le décret de nomination pour qu’il puisse lui verser son du.  Madame Morarau a droit à 200f et au produit de la rétribution scolaire

 

                19 mai 1868                        lettre de l’inspecteur primaire à l’inspecteur d’académie

 

                Dans cette lettre l’inspecteur primaire informe son supérieur que le percepteur exige un  décret de nomination et un crédit spécial pour payer Madame Morarau. Nous apprenons que Madame Morarau est institutrice provisoire et qu’elle a été nommée par décret du 20 avril 1866. Elle n’a donc pas été payée depuis deux ans. Son traitement en tant qu’institutrice provisoire est de 200f ; comme  l’instruction est gratuite à Vèbre la rétribution scolaire est calculée sur la base de 2f par trimestre par élève présente.

 

                11septembre 1868             Lettre de Mr Morareau à l’Inspecteur primaire

 

                               Le salaire de l’instituteur  permet  tout juste de vivre.

 

                               « Vèbre, le 11 7bre 1868.

 

                               « Monsieur l’Inspecteur,

 

                « Je vous adresse la facture de la lampe achetée pour l’école, et je profite de cette circonstance pour vous renouveler la prière que ma femme vous a faite plusieurs fois cette année.

 

                Vous comprenez bien monsieur l’Inspecteur qu’il est matériellement impossible avec 665f, que je touche  annuellement, de subvenir, pendant 12 mois, aux besoins de ma famille composée de six personnes. J’ai honte de recevoir des lettres tous les jours  et d’être obligé de répondre à chacune  d’elles ce que vous pensez.

 

                Vous savez aussi que le moment est venu où chaque ménage a besoin d’un cochon ? Comment faire pour l’acheter et comment ferai je plus tard lorsque chaque foire accuse la hausse ?

 

                Soyez donc assez bon, Monsieur l’Inspecteur, de prier monsieur le préfet d’être sensible à la situation pénible où nous nous trouvons.

 

                Je vous prie d’agréer Monsieur l’inspecteur, l’hommage de mes sentiments les plus respectueux.

 

                               Mr Morarau. »

 

 

 

13 décembre 1868             Lettre de l’inspecteur primaire à l’inspecteur d’académie

 

                Il lui transmet la lettre de l’instituteur de Vèbre au sujet de sa femme qui n’est toujours pas payée . Il demande  que son supérieur intervienne auprès du préfet pour que madame Morarau touche au moins une partie de ce qui lui est du . Il voudrait que le préfet lui fasse verser 150f d’acompte

 

 

 

27 avril 1870       Départ de Mr Morarau.

 

                Le maire Mr Joucla écrit à l’inspecteur d’académie.

 

                Il lui dit qu’il a appris par son Beau-frère, Mr Florence, que la fille de ce dernier, suite à intervention de son père, serait affectée aux Bazerques plutôt qu’à Vèbre, poste qui lui convenait mieux.

 

Nous apprenons que Mr Morarau devait quitter l’école à Pâques, et  a la grande surprise des habitants il est toujours à son poste après ces vacances. Cet état d’incertitude ne peut durer cela  crée des émois dans la population  et empêche le maire de se consacrer sereinement a la recherche d’un logement pour l’institutrice. Le maire demande à l’Inspecteur si le remplacement de Mr Morarau est définitivement arrêté et s’il doit chercher un logement pour l’institutrice.

 

En marge : répondu le 27 avril. La nouvelle institutrice va arriver procurer un local convenable.

 

27 avril 1870       Lettre de L’inspecteur des écoles primaires à l’Inspecteur d’Académie

 

                                Me  Morarau n’est toujours pas payée pour  1868.

 

                               « Monsieur l’Inspecteur,

 

« J’ai l’honneur de vous communiquer la lettre de Me Morarau institutrice à Vèbre par laquelle elle demande le payement de son traitement pour 1868. Je ne puis que mettre sous vos yeux mes rapports   des 12 X bre, 1968, 4 mars, 27 juillet, 21 7Bre  et 28 9 bre 1869. Me Morarau était comprise pour 490f, 90 dans mon travail relatif au calcul du traitement éventuel de 1968, savoir 40f de traitement fixe voté par la commune, et 450f 90 d’éventuel. Ces sommes lui  auraient été allouées, si l’on avait eu le soin de faire figurer cette institutrice, comme je l’avais proposé, dans l’état des liquidations des dépenses de 1968, car les deux communes de Vèbre et Urs    réunies  pour l’école primaire,  ont en totalité 582 habitants. L’école de fille l’école communale de Vèbre se trouvait donc dans toutes les conditions voulues pour être subventionnée.

 

M le Préfet, en recommandant à M le Ministre de l’Instruction publique les institutrices  publiques établies antérieurement à la mise en vigueur de la loi du 10 avril 1867, dans une commune de moins de 500 habitants, avait aussi parlé de Me Morarau  dans sa réponse,  Son Excellence promit  d’assurer  400f à cette institutrice ainsi qu’à Melle Maury d’Orlu, Melle Trape d’Orgeix et Melle Bonnel de Luzenac. Je leur annonçai cette bonne nouvelle  le 21 7 bre 1869. Après avoir reçu l’état des ressources de ces institutrices, Mr le Ministre, revenant sur sa décision n’accorda la somme promise qu’à l’institutrice de Luzenac ; il le refusa aux trois autres sous prétexte que leurs écoles avaient été complètement  gratuites. Or je crois avoir démontré dans mon rapport du 28 9bre dernier, que cette décision n’est pas juste, et que ces institutrices méritent la subvention annoncée précédemment. Le gouvernement de l’Empereur ne peut pas vouloir en effet que ces trois malheureuses fonctionnaires aient fait six heures de classe par jour, pendant une année,  savoir Me Morarau pour 40 f et Melle Maury et Trape pour 50 f.

 

                Je suis d’avis qu’il ya lieu d’insister de nouveau auprès  de Mr le Ministre afin que ces institutrices reçoivent u traitement plus raisonnable pour 1868.

 

En ce qui concerne l’année 1869 Me Morarau doit être payée au 1° janvier 1869 au 31 juillet, à raison de 40f (traitement fixe communal) augmenté de la rétribution scolaire et de  l’éventuel ; et du 1er Aout  au 31X bre  à raison du traitement minimum   de 500 francs.

 

                Veuillez agréer Monsieur l’Inspecteur l’hommage de mon profond respect.

 

                               L’Inspecteur primaire   Signé »

 

24 février 1870                   Me Morarau n’a toujours pas reçu sa subvention pour 1868 et 1869

 

                                « Monsieur l’Inspecteur d’Académie       

 

                « Je ne puis me rendre compte des vues de l’Administration  à mon égard. Comment depuis 1868 on ne peut pas encore payer une pauvre institutrice chargée de famille qui doit trouver  toute ses ressources dans son traitement ! Un pareil état de chose n’a pas de nom et celui qui est cause de ma triste situation, mériterait bien qu’on le traitât  de la même manière.

 

                Ce que je dis pour 1868 je peux le dire pour 1869, car à l’heure où j’écris, on ne s’est pas occupé de ma subvention.

 

                En résumé, du 1er janvier 1868 au 1er janvier 1870, j’ai touché 157,75 f

 

                Avec une somme semblable, comment acquitter  ses  dettes et pourvoir aux besoins du ménage ?

 

                Dans votre sollicitude bien connue, j’aime à croire que vous serez sensible a ma cinquième réclamation,  après scrupuleuses vérification de  l’état ci- contre.

 

                J’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect,

 

                               Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Votre    très humble et très obéissante servante.

 

                L’Institutrice de Vèbre     Me Morarau »

 

 

 

5_L'ERE FERRY

 

« Les années 1880 sont marquées par des changements fondamentaux dans le système éducatif français, mouvement essentiellement porté, du moins au début, par Jules Ferry et son principal conseiller Ferdinand Buisson. Ces lois Ferry de la fin du XIXe siècle qui rendent l'école laïque, obligatoire et gratuite sont l'aboutissement d'un mouvement de démocratisation de l'école. La loi instaure un enseignement obligatoire de 6 à 13 ans les enfants pouvant toutefois quitter l'école avant cet âge s'ils ont obtenu le certificat d'études primaires. La laïcité, proclamée dès 1881 avec la suppression de l'éducation religieuse dans l'enseignement public, est renforcée par la loi Goblet (1886), qui interdit aux religieux d'enseigner dans le public.

 

L'école devient alors un ascenseur social pour tous les enfants d'ouvriers et d'agriculteurs qui accèdent à l'éducation. Les instituteurs[3] sont la cheville ouvrière de ce système, qui tient grâce à cette croyance dans un progrès social grâce à l'école, dont ils se font le relais » Wikipédia.

 

 

 

Loi du 28 mars 1882 établissant l'obligation et la laïcité de l'enseignement primaire.

 

 

 

L'article premier programme les matières à enseigner.

 

Article 2_Les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s'ils le désirent, à leurs enfants, l'instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires.

 

                L'enseignement religieux est facultatif dans les écoles privées.

 

L'article 3 amande les articles 18; 44;et le paragraphe 2 de la loi  du 15 mars 1850.Les ministres du culte perdent leur droit d'inspection, de surveillance et de direction.

 

L'article 4 mentionne que l'instruction publique est obligatoire, de 6ans à 13ans, dans les établissements primaires , secondaire ou dans la famille. Il prévoit aussi l'instruction pour les sourds muets et les aveugles. Les études sont sanctionnées par un certificat d'études primaire prévu dans l'article 6 de la loi. Lorsqu'un enfant quitte l'école le maire doit être informé de la nouvelle école qui recevra l'enfant. (Art 9) en cas d'absentéisme de plus de 4 demi journée le responsable de l'enfant sera convoqué devant la commission scolaire, en cas de récidive son nom sera affiché à la porte de la mairie ainsi que pour les infractions à l'article 9; les  infractions suivantes font l’objet d’ une plainte adressée au juge de paix et donnant lieu à contravention.

 

La loi prévoit un contrôle pour les enfants recevant l'instruction dans les familles.

 

 

 

Monsieur Ferry disait

 

                               "Il peut arriver, disait-il, que l'état social et l'état des esprits rendent l'obligation légale en fait d'instruction primaire, législative, salutaire et nécessaire. C’est là que nous en sommes aujourd'hui. La France  et son gouvernement ont raison d'accueillir ce principe en y attachant des garanties efficaces pour le maintien de l'autorité paternelle et de la liberté des consciences et des familles."

 

" Est-il besoin de rappeler que l'instruction obligatoire n'a rien qui ressemble à l'école obligatoire? Que si, le but est fixe, les moyens sont libres? Que la seule obligation imposé à l'enfance est d'acquérir le minimum de connaissances que la première loi de 1791 appelait si bien "les parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes?" et qu'enfin l'on n 'empiète ni sur la liberté du père de famille, ni sur celle de l'enfant, en déniant à celui-ci le droit à l'ignorance, en refusant à celui-là la liberté illimitée de l'exploitation?"

 

 De même que pour la gratuité, les adversaires de la république se sont ligués contre ce projet, parce que l'enseignement obligatoire de l'Etat  formera des citoyens et non des prosélytes religieux, et parce que le régime républicain s'attirera les sympathies de toutes les jeunes générations qui vont profiter de ces lois bienfaisantes.

 

Manuel pratique pour l'application de la loi sur l'instruction obligatoire. Benoit Lévy éditions L Cerf 1882 BNF  

 

 

 

 A suivre état des écoles  à partir de 1867  canton d'es Cabannes et d'Ax

 

PPP

Livre de classe élémentaire  vers 1880
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Livre de classe élémentaire vers 1880

livre du cours élémentaire avant la guerre de 14
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