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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Jean-Michel Poncy

X LE SYNDICAT DES INSTITUTEURS

 

 

22 Juillet 1924 

Le Syndicat des instituteurs de l’Ariège a voté la motion suivante :

«1° La transformation de l’école ne pouvant précéder  la transformation sociale, l’école rationnelle et humaine demeure subordonnée à la disparition des classes et l’éducation transitoire de classe se présente comme une étape inévitable dans cette voie ;

« 2°  Il importe d’établir avant tout les principes de cette éducation transitoire de classe à la lumière de l’expérience Russe ;

3° Ces principes poursuivront le double but de préparer des révolutionnaires et d’éduquer des producteurs, ce qui semble bien la manière la plus réaliste de former des hommes. »

                                      Cette motion provoque, dans la presse parisienne et régionale, ainsi que dans le département de l’Ariège le plus douteux étonnement et la plus vive émotion.

                                      En attendant de revenir, dès demain, sur cette motion, nous protestons énergiquement contre la présentation brutale et cynique du Syndicat de faire des  enfants confiés à ses membres des disciples des sanglants Soviets et de véritables révolutionnaires _ JR

L’express du   Midi du 22 juillet 1924.

 

23 juillet 1924 Rapport de l’Inspecteur d’académie de l’Ariège au Ministre.

Foix le 23 juillet 1924

 

L’Inspecteur d’Académie de l’Ariège

À Monsieur le  Ministre de l’éducation publique.

Certaines informations inexactes et tendancieuses ayant paru dans la presse parisienne et régionale au sujet des instituteurs de l’Ariège, j’ai l’honneur de vous adresser à ce sujet et à toutes fins utiles,   le rapport suivant.

 

                                      Le Journal des débats a publié dans son édition du 17 au soir parue à la date du 18, sous la rubrique fréquente je crois même quotidienne dans ses colonnes : « Les instituteurs révolutionnaires » les lignes ci-dessous :

                                      « Tracer le plan de l’école rationnelle et humaine », c’est l’un des objets du prochain congrès de la Fédération de l’enseignement. Ce que sera cette école rationnelle et humaine, les motions votées par les divers  syndicats d’instituteurs nous en donnent un avant-goût. Le syndicat de l’Ariège déclare :

«1° La transformation de l’école ne pouvant précéder  la transformation sociale, l’école rationnelle et humaine demeure subordonnée à la disparition des classes et l’éducation transitoire de classe se présente comme une étape inévitable dans cette voie ;

« 2°  Il importe d’établir avant tout les principes de cette éducation transitoire de classe à la lumière de l’expérience Russe ;

3° Ces principes poursuivront le double but de préparer des révolutionnaires et d’éduquer des producteurs, ce qui semble bien la manière la plus réaliste de former des hommes. »

 

                                      Le  lendemain « le Figaro »   commentait cette information sous le titre quelque peu piquant : « De Quimper à Foix »….

                                      « …. De quimper allons à Foix, Le Journal des Débats d’Hier nous apprend que les instituteurs de l’Ariège préparent  pour le prochain congrès de la Fédération de l’Enseignement, un plan d’école « 0 la lumière de l’expérience Russe. ». Le but de l’éducation nouvelle est de préparer des révolutionnaires ».

                                      Enfin hier 23 juillet, brochant sur le tout, « L’Express du Midi » dont on connait la généreuse tendresse pour l’école publique, publiait sous le titre : « La Révolution à l’Ecole » l’article que je vous envoie ci-joint et qui commence par la phrase  suivante :     « J’ai publié, mardi, (22 juillet) la motion votée par le Syndicat de l’Ariège, motion qui vise à transformer l’école à la lumière de l’expérience Russe » et à « préparer des révolutionnaires ».

 

                                      Ces informations sont, comme je le disais plus haut, inexactes et tendancieuses.

                                      Le groupement corporatif qui parait désigné par les articles précédents ne peut être, pour l’opinion publique, que la Section ariègeoise du Syndicat national de l’Enseignement qui groupe environ 650 membres sur 850 instituteurs et institutrices de l’Ariège. Les 200 maîtres et maîtresses restants sont ou bien des Amicalistes dont la tendance est plus tôt à droite ou des gens tout à fait rebelles à l’idée corporative et, par suite, nettement anti-syndicalistes.

                                           Or, il est faux, entièrement faux que cette section syndicale ait votée la motion précédente.

                                      Bien mieux , je connais assez les Instituteurs de l’Ariège, les tendances de leur syndicat et celles de leurs dirigeants pour pouvoir affirmer très nettement que si l’on avait proposé le vote d’une pareille motion à une séance, soit du bureau, soit à l’assemblée, elle aurait été rejetée à la presque  unanimité.

                                      Je n’en veux pour preuve que l’émotion soulevée par cette affaire chez les dirigeants du syndicat.

                                      Bien mieux, depuis le 26 juin dernier, un syndicat extrémiste s’est bien constitué dans l’Ariège comprenant exactement 18 membres.

 

                                      Mais depuis sa constitution il n’a tenu aucune séances officielle, n’a rien publié et n’a encore ni histoire ni histoires.

 

                                      Ainsi donc, lorsque l’on écrit que « les Instituteurs de l’Ariège » ou bien « le syndicat des Instituteurs de l’Ariège »  ont demandé l’introduction d’un enseignement révolutionnaire à l’Ecole, on écrit une contre vérité.

                                     

                                      Mais  alors, d’où vient l’information des journaux ? Voici :

                                      En avril dernier, pendant les vacances de Pâques, s’est tenu à Toulouse un congrès d’Instituteurs  extrémistes appartenant à plusieurs départements du Midi. Quelques  instituteurs y étaient venus de l’Ariège, cinq au plus, peut-être même n’y en avait-il pas cinq, mais en tout  cas,  j’en suis sûr, il n’y en avait pas plus de cinq ;

                                      Ces instituteurs n’étaient en rien mandatés par la section ariégeoise du Syndicat National, laquelle répudie les tendances extrémistes. Ils ne pouvaient l’être par le syndicat  extrémiste  actuel qui n’existait pas encore. Ils parlaient donc en leur nom personnel. 

 

                                      A ce congrès on discuta de transformation de l’« Ecole bourgeoise » en « Ecole évolutionnaire ». Et le rapport sur cette question fut fait par un des Ariégeois présents, M. G ARMY, Instituteur à Marc-Auzat, petite localité perdue dans la montagne. M. G ARMY étant de l’Ariège la motion qu’il fit voter par les congressistes à l’unanimité fut dite « Motion de l’Ariège » et insérée sous ce titre par un journal corporatif extrémiste qui avait un intérêt évident à le présenter comme émanant d’un groupement considérable.   

                                      C’est là que les journaux de droite sont allés la chercher. Et l’ont publiée sous un titre fallacieux dans la pensée que l’on devine….L’affaire était  si bien montée que certains journaux de gauche ont pu s’y laisser prendre.

                                      Mais on voit qu’avec un peu e sens critique ou tout simplement de bonne foi il eût été facile de comprendre que les auteurs d’une pareille motion et ceux qui l’avaient  votée ne  pouvaient pas être appelée « Les Instituteurs de l’Ariège » ni « le Syndicat des Instituteurs de l’Ariège ».

                                      Il  est vrai que c’est peut-être beaucoup que de demander du sens critique ou de la bonne foi à une presse qui a intérêt à confondre un corps honorable de milliers de brave gens avec quelques écervelés.

 

                                      Reste  à régler l’affaire du point de vue local. Je saisirai la première occasion qui s’offrira à moi soit en conférence, soit en inspection, soit ailleurs de voir M. G ARMY  à ce sujet, mais je ne le convoquerai pas  spécialement dans mon cabinet, à moins que vous ne le jugiez à propos, pour des raisons qui tiendraient à vos informations particulières.

                                      Ce serait, à mon avis, et d’après  du moins les renseignements que j’ai sur  cette affaire, lui donner beaucoup plus d’importance qu’elle n’en mérite, et M ? G ARMY lui-même, qui est d’ailleurs aussi présomptueux qu’intelligent et qui n’a sur ses collègues aucune espèces d’influence, en concevrait quelque orgueil.

                                      Je crois que, pour le moment au moins, il est plus sage et plus politique de laisser les dirigeants du Syndicat et les Conseillers départementaux avec qui je me suis entretenu de cet incident, faire à M. G ARMY les observations que l’intérêt même du corps dont ils ont pris à charge la défense va, de leur avis même, leur imposer.

                                      Je sais qu’ils s’en préoccupent.

                                      Je ne manquerai pas si l’affaire continue, de vous tenir au courant.

                                      L’Inspecteur d’Académie,  signé S. Jolly.

 

11 Aout 1924               Lettre du commissariat spécial de Foix au préfet

a/s/ d’une motion votée par le syndicat laïque des instituteurs de l’Ariège.

Le commissaire spécial chef de secteur à Monsieur le Préfet de l’Ariège ;

 

                                      En vous retournant la note ci-jointe relative à une campagne de presse, contre une motion votée par le syndicat de l’enseignement laïc de l’Ariège, j’ai l’honneur de vous rendre compte qu’il existe deux syndicats de l’enseignement primaire ; l’un dit « syndicat national », ayant comme secrétaire le sieur Bergé instituteur à Serres s/ Arget, et groupant la presque totalité du personnel enseignant, l’autre dit « syndicat laïc », composé des instituteurs et institutrices communistes, lequel est affilié à la fédération Bonet et à la C.G.T.U.   

      Ce dernier syndicat comprendrait une trentaine de membre, et c’est au cours d’une réunion tenue le 18 avril 1924 que la motion ayant fait l’objet de la campagne de presse, avait été voté. Cette motion, d’après les renseignements recueillis, n’avait été signée que de cinq instituteurs parmi lesquels se trouveraient M. Garmy Instituteur à Marc, commune d’Auzat. Mr Garmy a épousé, il y a environ un an Melle Vilary, institutrice dont le père , cordonnier à Foix, est secrétaire de la section Communiste et correspondant de l’humanité. Melle Villary a , elle même, été inscrite à la section communiste de Foix.

                                      Signé.

Le 19 aout 1924 ,106 0159, rapport du commissaire spécial au préfet.

                                      Le commissaire envoie au préfet une suite au rapport précédent. Dans ce compte rendu sont mentionnés :

-Le siège du « syndicat laïque des instituteurs » se trouve à Foix au café du rocher , déclaration en mairie du 26 juin 1924.

-Les administrateurs sont : Galy François Paul , Prosper, né le 6 février 1878 a Artigues instituteur à Pamiers.

2° Garny , née Villary Suzanne, née à foix le 27 août 97 institutrice à Marc (Cne d’Auzat).

 

Coupures de Presse

La révolution à l’école l’express du 23 7 1924 

J’ai publié, mardi, la motion votée par le Syndicat des instituteurs de l’Ariège, motion qui vise à transformer l’école «  à la lumière de  l’expérience russe » et «  à préparer des révolutionnaires » 

                                      Cette motion fait le tour de la presse.

                                      « Ces instituteurs écrit le « Figaro »  n’appliquent pas encore dans leur école le programme qu’ils élaborent. Mais comment pourraient-ils instruire les enfants dans un autre esprit que celui de leurs projets ?.... Que fait l’Etat, qui les paye, pour lutter contre leurs tendances et se défendre contre leurs préparatifs ? A Foix comme à quimper, il laisse aller. Il se rassure en pensant que ces serviteurs qui servent  contre lui sont encore la minorité.  Il tente de les prendre par la douceur, par la bonté.  Il promet de leur accorder ce droit syndical dont ils usent sans sa permission…. Quand s’apercevra-t-on que le moment est venu de ne plus se contenter de haussement d’épaule ?.... »

                                      La « Liberté », rappelant la motion, écrit : « Voilà les syndicats, aujourd’hui encore illégaux, que le gouvernement de M. Heriot se prépare à reconnaitre. Voilà les éducateurs auxquels on voudrait nous obliger à confier  nos enfants en établissant l’école unique et obligatoire ! Si  nous ne réagissons rapidement  et vigoureusement,  dans  peu d’années le mal bolchéviste aura empoisonné  les moelles de la France. Seuls sont vaincus les gouvernements  et les peuples qui s’abandonnent. Mais il est déjà bien tard…. »

 

                                      Le « Gaulois » souligne à son tour la motion des réflexions suivantes :

                                      «  Nous nous scandalisons  de la conduite et des propos de nos députés. Nous nous alarmons devant les sottises que colporte une certaine  presse, devant les déclarations des orateurs de réunion publique. Mais qu’est-ce que tout cela auprès du travail sourd, profond, intime de ces instituteurs qui s’attaquent à des intelligences non formées, à des consciences malléables de jeunes enfants, et, au nom d’un humanitarisme absurde, détruisent, dans leur esprit et dans leur cœur, toutes les croyances qui font la force d’une race, la puissance d’un peuple, sous la vieille demeure que nos pères ont eu tant de mal à édifier ; ces termites qui s’ingénient à faire crouler sur nos têtes et sur les leurs le toit qui nous  abrite encore tant bien que mal, quel péril !... »

 

                                      Une certaine presse qui n’a rien de réactionnaire et qui va du « Temps » à l’ »Homme Libre » s’effraie  à son tour  naïvement d’une pareille manifestation comme d’une chose absolument anormale et monstrueuse.

                                      L’ « Homme Libre », journal sectaire et anticlérical écrit notamment :

                                      « Outre que ces manifestations révèlent un triste état d’esprit de primaires épris  de phraséologie redondante et grandiloquente, c’est –à –dire  tout à fait contraire à l’esprit de clarté et au bon sens du génie français, on le conçoit tout à fait  incompatible avec la mission réelle qu’a reçue l’instituteur d’éduquer,  d’instruire, d’ouvrir  l’intelligence, de prépare le cerveau _ et non de faire une propagande  politique, d’ailleurs extrêmement  maladroite et tout à fait déplacée.

                                      « L’école laïque, on ne saurait le laisser oublier, doit être celle de tous les enfants et non celle des enfants de certains partis. Sa neutralité doit être absolue. Si elle était violée par les éléments d’extrême- gauche, comment pourrait-elle être défendue contre les critiques  de la droite et les attaques du cléricalisme ? C’est le devoir de la République de maintenir son école au-dessus des partis. Elle ne peut pas y faillir. »

 

                                      Parfait ! Confrère. Seulement votre indignation est un eu tardive et votre belle définition  du rôle de l’instituteur cadre mal avec la vieille et longue prétention de vos amis.

                                      Si des syndicats d’instituteurs en arrivent à ces manifestations aussi maladroites qu’inouïes, à qui la faute ? Vous avez voulu faire de l’instituteur, en même temps qu’un agent de négation, un agent politique à votre solde ;

                                      Vous lui avez dit : «  Sois le propagateur de nos idées et tu seras content de nous. » Malheureusement, simplistes ou logiques, à votre guide, de nombreux instituteurs ne se sont pas arrêtés aux limites que vous prétendiez leur tracer. Ils vous ont dépassés et de très loin. Beaucoup sont maintenant  communistes. Et un certain nombre_ relisez la motion_  émettent la prétention  de faire passer jusque dans leur enseignement les théories personnelles  les plus audacieuses et les plus nocives.  Tant pis pour vous, messieurs ! Chaque fois que les parents se plaignaient, vous protestiez.  « C’est encore une manœuvre réactionnaire contre l’école,  disiez-vous, messieurs. Tous les instituteurs observent une neutralité  rigoureuse. » En vain citions-nous des élèves d’Ecole Normale dont le journal de chevet était un journal communiste. En vain protestions-nous  quand, à certaines manifestations officielles, des élèves d’école Normale affectaient  d’enfoncer leur casquette jusqu’aux oreilles lorsque retentissait l’hymne national. En vain vous demandions-nous d’exiger de certains instituteurs, au cours de grèves  révolutionnaires, le respect de la loi. Vous étiez heureux et fiers de faire des instituteurs l’avant-garde de votre parti. Maintenant vous voilà, à votre tour, devenus des réactionnaires à leurs yeux. Demain, par les soins de certains d’entre eux, vos enfants eux-mêmes préfèreront  à une glorieuse page d’histoire de France une sanglante page d’histoire des Soviets. Demain, à votre stupéfaction et à votre indignation, ils vous diront comment ils entendent faire table rase de l’ordre social  actuel.

                                      Pour nous, si l’intérêt du pays n’était pas en jeu, nous nous réjouirions égoïstement du lamentable aboutissement de votre politique scolaire. En effet, des gestes comme celui su Syndicat  des  instituteurs de l’Ariège sont  excellents pour dessiller les yeux.  Et il n’est pas de meilleurs recruteurs de l’école libre que les maladroits  signataires  de a motion révolutionnaire votée par le Syndicat ariègeois.

                                      En tout cas, la preuve est faite,  une fois de plus que la neutralité n’est qu’un vain mot et que, selon la vieille parole dont celui qui la prononcée doit parfois douloureusement méditer le sens : «  la lutte est à l’école. »

                                      Je serais pourtant injuste si je ne terminais pas ces quelques réflexions par un hommage ému à tant d’instituteurs ariégeois restés fidèles à leur vrai rôle et à leur noble mission.  Ceux –là, la  foule les connait ; elle les admire ; elle les aime, Et j’éprouve quelque fierté à dire qu’à ce point de vue, notamment ; la ville de Foix offre de magnifiques exemples_ J Rouzaud. 

 

Le radical du 19 7 24.

 

Notre ami Charles Muller, qui écrivait « à la manière de … », est tombé, dans la grande guerre. Son collaborateur Paul Reboux n’a pas continué la série à laquelle ils avaient travaillé ensemble.

                                      Mais il y en  a d’autres qui travaillent tout de même « a la manière de … » Ils ont trouvé une autre formule, pour dire à peu près la même chose_ de  façon plus solennelle. Ils disent : «  à la lumière de… »

                                      Malgré vous, avant  d’avoir rien vu, comment ne seriez-vous pas éblouis ?

                                      Ce sont les instituteurs de l’Ariège, constitués en syndicat, qui ont le mérite de l’invention. Ces éducateurs officiels de la jeunesse française   ont décidé de proposer au congrès de la Fèdèration de l’enseignement, qui va se tenir sous peu, un   programme dont ils résument en ces termes les tendances et le but :

                                      Il importe avant tout d’établir les principes d’une éducation rationnelle et humaine « à la lumière de l’expérience  russe… » Le but, «  c’est de préparer des révolutionnaires», ce  qui semble  bien la manière la plus réaliste de former des hommes.

 

                                      Nous ne voudrions pas être indiscrets et nous ne demanderons  pas ce que pense M. François –Albert de ces instituteurs ui prétendent éduquer leurs élèves « à la lumière de Moscou ».

                                      Tout de même, nous avouons, dussions-nous paraître naïfs, que ces choses nous inquiètent.

                                      La lumière de Moscou ne nous dit rien qui vaille, pas plu que la lumière de Berlin, à un autre point de vue et dans un autre domaine !

                                      Pourvu qu’on n’aille pas, à Londres, travailler, plus ou moins directement et consciemment, «  à la lumière de… » _ Finissez la phrase comme il vous plaira.

 

11 septembre 1924 P1060167                                              Lettre du ministre de l’Instruction Publique  au Préfet.

                                      Le gouvernement à l’intention  d’étendre aux fonctionnaires lae bénéfice de la loi du 21  mars 1884  sur les syndicats professionnels.

                                      Dès lors, il n’y a plus de raison pour que vous considériez comme inexistantes celles des associations de membres de l’enseignement qui   se réclament de cette loi. Je vous invite donc à reprendre avec elles les relations interrompues depuis quelques années : quelle que soit  la loi  sous l’égide de la quelle  ils se sont placés, les groupements de  fonctionnaires peuvent  nous apporter  une très utile collaboration.

F Albert. 

Dans le courant 1923 (je n’ai pas relevé la date) le préfet s’apprêtait à recevoir le syndicat des instituteurs, une  lettre du ministre lui rappela que les fonctionnaires n’étaient pas autorisés à se syndiquer et que par conséquent il ne devait pas les recevoir.

 

24 aout 1935                Instruction du Ministre de l’Education  aux préfets.

                                      La circulaire du 15 septembre 1934 vous a rappelé que la collaboration avec les délégués des associations professionnelles a rendu et peut rendre  de précieux services, à la  condition  qu’elle soit  pratiquée par tous  dans l’esprit  de bonne  volonté, de respect et de confiance réciproque qui a présidé à son institution.

                                      Si un groupement professionnel, au lieu  de  s’en tenir à défendre corporativement  les intérêts de ses adhérents, propose à leur  activité un programme  politique d’action violente, s’il fait publiquement  profession ou s’il  a le parti pris d’injurier  et de combattre les autorités régulières, il ne peut  pas   y avoir collaboration.

Après les débats du récent Congrès  du groupement : « Syndicat National des Instituteurs », je considère que les autorités administratives ne doivent plus  avoir  de relations avec lui.  Jusqu’à nouvelles instructions,   vous n’accorderez aucune audience à ses représentants.

                                      Vous examinerez avec la plus bienveillante attention toutes les demandes et toutes les réclamations individuelles qui pourront vous être adressées par les instituteurs ou par  les institutrices  de votre département, et vous continuerez d’administrer avec le seul souci de l’intérêt supérieur de notre école publique.

                                      Nul ne contestera que telle a été, sans cesse, votre unique préoccupation : le sentiment de votre devoir,  votre conscience administrative, jointe à votre expérience avertie, ont toujours été  et resteront toujours les plus surs garants de l’équité  de vos décisions.

                                      Vous voudrez bien m’accuser réception de la présente circulaire.

                                      Mario Roustan. 

 

Ci-après  j’ai reproduit quelques pages des premiers livres de lecture et de grammaire de la fin du XIX°  début du XX° siècle.

Les programmes scolaires duraient semble-t-il longtemps et les livres des parents servaient à leurs enfants.

Les gravures exaltées les valeurs morales et représentaient les différents métiers et la vie à la campagne et en ville. Elles étaient conçues pour que les enfants apprennent à observer et ensuite à rédiger à partir de ces observations.

Enfant mon père me parlait parfois de son école. Au cours des repas traditionnels agricoles, principalement en hiver, les souvenirs revenaient, avec les « coups pendables » qu’ils faisaient  lorsqu’ils étaient enfants. La pauvreté de beaucoup de famille se ressentait au travers de ces souvenirs et aussi les effectifs importants. Les informations ainsi transmises ne remontent pas avant les années 1890.  Nous savions que le XIX° siècle étai très peuplé et je me suis souvent demandé qu’elle était la vie scolaire, le travail des adultes et des enfants à ces époques c’est pourquoi j’ai pensé  qu’il serait bon d’étendre l’étude sur l’école de Vèbre au canton des Cabannes. Je n’ai pas relevé la totalité des situations de 1850 à la guerre de 14 ce serait trop long d’autant plus que je ne réside pas à longueur d’année à Vèbre. Cependant les différentes situations scolaires montrent qu’ en 1890 toutes les communes avaient une école convenable soit propriété de la commune soit encore louées. Les commues qui n’étaient pas propriétaire avaient les projets de construction engagés.

En 1836  il n’y avait que 8 écoles dans le Canton et seulement les Cabannes était propriétaire des 2 écoles. Les enfants des communes sans école scolarisés  se déplaçaient donc. Avant la fin du 2° empire les communes étaient incapables de financer la construction d’une maison d’école, à l’image de Vèbre elles étaient toutes pauvres et les impôts servaient presque exclusivement à financer des procès souvent pour assure leurs droits coutumier de forestage et de pacage  sur les montagnes , sans ces droits nos village ne pouvaient pas vivre.

Coté effectifs en 1875 les états mentionnent les enfants non scolarisés  en 1878 la quasi-totalité des enfants fréquentent l’école, mais en 1888 -89 le nombre des heures d’absence est encore  important   surtout dans les villages d’altitude où les enfants sont utilisés pour garder les animaux ou travailler à la mine, leur petite taille leur permettait de se faufiler dans les filons de faibles dimensions.

La scolarité obligatoire allait de 7 à 13ans. Le nombre  d’enfants qui sont scolarisés après 13 ans est souvent élevé ce qui tend à démontrer que ces jeunes se dirigeaient vers l’école normale ou le lycée, pour les meilleurs, vers l’administration et autres emplois qui nécessitaient de savoir lire et écrire pour les autres. Le nombre de personnes, de nos villages, nées à la fin du XIX° début du XX° et qui ont eu de bonnes et de très bonnes   situations est important. Bien sûr ils ont du s’expatrier,

A la fin des années 1880 la population continue à décroitre ainsi que le nombre d’enfants scolarisés. Le phénomène est allé en s’amplifiant.  A Vèbre entre 1855 et 1895 la commune a construit les premières fontaines, l’église, le pont sur l’Ariège, le petit pont en bois, le tour du cimetière, le chemin de la montagne actuel carrossable pour les charrettes, le chemin de Vèbre à Caychax, la route de la Caillorte, la maison d’école et la rénovation du presbytère. Nos anciens avaient foi en l’avenir mais l’instruction qu’ils donnèrent à leurs enfants a contribuée à la désertification de nos villages. Nos montagnes ne pouvaient plus nourrir tout le monde malgré les efforts de modernisations effectués.

A marseille j'habitee Saint Loup et je passe souvent par le chemin des prud'hommes qui a gardé ses vieux murs ses anciennes maisons et ses bornes de protection des façades contre les moyeux des charettes. La rue est étroite. Marcel Pagnol enfant à du y user ses chaussures et culottes. Elle n'a pas beaucoup changée depuis son époque.

Il a résumé à travers son père la condition d'instituteurs.   

"Les jeunes gens d'aujourd'hui pensent que mon père était un naïf incurable dont la vie dont la vie n'avait point fait l'éducation, et dont par conséquent l'intélligence n'était pas très éveillée.

 

Je leur répondrai qu'au contraire je l'ai vu dépenser des trésors d'intelligence et d'ingéniosité pour instruire les enfants des autres  comme s'ils eussent été les siens, et que son triomphe , c'étaient les enfants "demeurés": il les gardait après la classe, et quand il en avait amené un jusqu'aucertificat d'ètudes, je le voyait transfiguré". 

 

 

Erratum

Les écoles Erratum II   _4 La gratuité de l’école.

Elèves à admettre gratuitement année 1862. Le tableau de 1863 est sensiblement identique

 

Communes                 Admis en1862                                     proposition   

                                                                                                     Des délégués (D)

                                                                                                     De l’inspecteur(I)

                                                                                                    

                                                                                                     D      I              Admis

 

Canton d’Ax

Ascou                          12                                                          12    12           12

AX                                Indéfini                                                                        

L’Hospitalet               1                                                             2       2             1

1Ignaux                                                                                              4             12

Merens                        12                                                          12    10           13

Montaillou                  8                                                             8       8             10

Orgeix                          4                                                             4       4             5

Orlu                              8                                                             8       8             7

Perles le Castelet        6                                                             6       6             7

Prades                          8                                                             8       8             7

Savignac                     8                                                             8       8             8

Sorgeat                        12                                                          13    12           14

 Tignac                        5                                                             5       5             8

Vaychix                      5                                                             5       5             10

Canton des Cabannes

Albies                           6                                                             6       6             6

Appy                            2                                                                      2             1

Aston                           8                                                             8       8             9

Aulos                           2                                                             1       2             2

Axiat                            8                                                             4       14           8

Bestiac                        2                                                             4       2             4

Bouan                         3                                                             7       3             3

Cabannes                   8                                                             8       8             6

Caychax                     2                                                             4       2             3

Caussou                      6                                                             9       6             10

Château –Verdun     2                                                             9       6             10

Senconac                    2                                                                      2             4

Garanou                      6                                                             8       10           9

Larcat                          12                                                          12    12           13

Larnat                         6                                                             6       6             9

Lassur                          3                                                             3       5             13

 Lordat                        4                                                             6       8             7

Luzenac8                    8                                                             10    8             15

Pech                             2                                                             2       2             2

Sinsat                           2                                                                      2             2

Unac                            6                                                             8       6             8

Urs vont à vèbre        3                                                                      2             6

Vèbre                           8                                                             10    10           10 

Verdun                        6                                                             2       6             14

Vernaux                      2                                                                      5             4

 

Erratum  III 1 en 1867

En 1870

Provenance 1 T 25

Ecoles avec notation négatives

Canton des Cabannes

Bestiac école malsaine,  proximité étable ,air ne peut être renouvelé que difficilement.

Note : Presser la commune pour travaux

 

 Canton de  Tarascon

Saurat (les 3 écoles)  les installations sont détestables.la municipalité ne se presse pas ;

Auzat  Installation détestables. La municipalité ne présentera un projet que lorsque l’on en aura obligée.

 

Goulier les classes ne sont pas convenables bien que l’état paye 520f de loyer ; la municipalité a de bonnes intentions mais elle ne fait rien

Note : prendre des mesures coercitives

______________________  

Poncy Jean Michel 01 10 2010.

 

Prochainement le début de mon travail sur les propriétaires successifs des maisons de Vèbre de 1673 à 1945.  

 

Ariège_ Syndicat d'Instituteurs  extrémistes

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