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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #histoire Marseille

HORTICULTURE A MARSEILLE ET DANS LES BOUCHES DU RHONE  EN 1832

 

Elle nous est connue par un texte de M Héricart de Thury Président de la Société d’horticulture et de la société d’agriculture.

 

« Marseille est l’une des villes de France où l’horticulture et la botanique paraissent le plus en l’honneur. » Le souhait  le plus ardent de tous les Marseillais dans toutes les classes de la société est d’avoir un jardin  pour s »y livrer au jardinage. On trouve dans la ville un jardin public de botanique, le jardin de maturation du Gouvernement et un grand nombre de jardins particuliers plus ou moins remarquables où l’on trouve une grande variété de plantes  utiles ,rares ou précieuses.

En 1820 le jardin Royal de maturation est fondé par ordre du baron Portal, Ministre de la marine, et sous la demande du baron Millius Gouverneur de l’ile Bourbon. Gouffé en est aussi le Directeur.

 

Ce texte nous donne les dimensions de la serre sur la façade sud  30m de long par 4 de large.

A l’est se trouve une galerie transversale de 11m de long sur 5 de large. A proximité se trouve une grande bâche pour abriter les plantes délicates. Gouffé professe le cours de botanique et Salze celui de physiologie végétale.

 

 

Le Terroir de Marseille

«Les environs de Marseille forment un immense jardin  divisé à l’infini en autant de petits jardins ».  Tous sont parfaitement entretenus beaucoup possèdent des bâches et serres. Les serres les plus remarquables sont celles du Jardin Royal, celles de MM Delvoux; Baroil,  Abel, Altarras. Lacour Gouffé en possédait dans le jardin de sa maison de campagne à Saint Jérôme, ce sont elles qui attiraient le plus l’attention des botanistes. Il y cultivait  « de magnifiques collections de liliacées, de plante grasses, de géraniums, de Figuiers, d’Ananas, de bananiers, de Caféiers,, de Cactiers etc… »

 

Le jardinage autour de Marseille est devenu une branche économique importante surtout dans la manière d’y élever les produits et d’en multiplier les récoltes.  « L’art y est porté au plus haut degré de perfection. » Les bons terrains même petits se vendent cher ; 3000f et parfois 4000f les 20 ares (une carterée). « Les jardiniers-maraichers des environs de Marseille Paraissent aussi avancés que nos meilleurs horticulteurs et , comme ceux de  paris, ils peuvent fournir  en tous temps les légumes et les hortolages… »  Les marchés de Marseille sont suffisamment approvisionnés pour nourrir les habitants et la foule immense des bâtiments de toute nations , «ont le port est couvert. ». Le marché aux fleurs est aussi remarquable. Ces marchés se  situent sur le cours de Marseille, une demi lieu en ligne droite (La lieue terrestre ou lieue commune de France vaut 1/25 de degré du périmètre terrestre, soit exactement 4,4448 km).

Les promenades de Marseille sont plantées de d’Ormes, de Micocouliers, de Marronniers , de Platanes de Sycomores et d’Erables, de Tilleuls, de faux acacia , de Muriers de chine. Les pentes de la colline de Notre Dame de Lagarde,’ (pas encore construite) « présente aujourd’hui un beau massif  d’arbustes et de plantes aromatiques, coupé de chemins en labyrinthe entre des haies vives. »

Les pépinières qui fournissent le département se trouvent dans la région d’Aix et d’Arles, le terrain étant « trop précieux autour de Marseille »

L’étendue des jardins de Marseille était estimée à 300 hectares Ils occupent principalement les quartiers d’Arenc, de la Madeleine (St Barnabé), de st Gimiez.

 

Les Jardiniers

 Parmi tous les jardiniers un horticulteur se distinguait il s’appelait Parent et demeurait rue des héros au Chapitre. Outre les cultures d’orangers  qui résistaient au froid et autres plantes exotiques il développa la greffe des cactiers il fait des envois considérables en pays étrangers. Sont sités dans le texte :

Cactus élégans,  C mammillaris, C flagelliformis, Cgrandiflora, Copuntia,  C cochenillifera etc. ils sont greffés soit sur le cactus du Pérou (C  peruvianus) soit sur le serpentaire  C Flagelliformis.

 

Les Jardins

Il n’y a pas de jardins Anglais à Marseille le terrain est trop divisé et top cher. Mais  on trouve « à quelques distances des jardins qui méritent d’être visités ».

Jardins du Châteu a Borelli de Mr le  comte  de Panisse

Des Eygalades de Marseille

De Mr le comte d’Albertas à Gémenos et à Saint-Pons

De Mr Brassart à  Sainte- Marguerite.

Du Marquis de Galiffet au Tholonet

 

 

Les jardins d’Aix sont aussi cher que ceux de Marseille ils produisent divers hortalages qui méritent une culture plus longue et non cultivés à Marseille.

Les communes de salon , Saint chamas, gardane  Simiane sont réputées .

A Aix on trouve   d’autres amateurs d’horticulture :

Le compte d’Alberta

M de Baulieu

M de Tournefort

M de Fonslacombe

Et M de Suffren à Salon

 

Les pepinières

Celles de Martin frère à Peyrolles cultivent ^lus de 80 000 pieds d’arbres, fruitiers, ornement, exotiques.

Dans les arrondissement d’ Arles et Tarascon les jardins abondent et les pépinières y sont très nombreuses. Les plus importantes sont celles de MM Audibert  à Tonelle , canton de Tarascon

Il cultive annuellement

1° plus de 100 000 pieds d’arbres arbustes et arbrisseaux d’ornement.

2° fruitiers plus de 20 000pieds

3° plus de 10 000 plantes vivaces

4°plus de 2500 plantes bulbeuses

5° Une riche collection de plante potagères légumes fraisiers etc.

L’établissement est protégé des vents du nord et beaucoup  de végétaux des pays chauds y prospèrent  C’est un point unique pour l’acclimatation des plantes du nord et du midi. L’établissement comporte une école forestière et fruitière.

 

Observations

Végétaux acclimatés qui poussent en pleine terre autour de Marseille :

Mimosa à fruits épineux, à épine d’ivoire à fleurs rose et à panache

2° l’acacia de Farnèse(le cassiè)

3° l’agave d’Amérique et panaché

4° l’Anagyre des indes à fleurs jaunes

5°Arbousier andrachné ,originaire du levant acclimaté depuis plus de 30 ans Gouffé en a un beau dans ses vergers jardin et Audibert aussi  6° plusieurs cactées sont naturalisés ,le figuier de barbarie est celui qui vient le mieux.

7° Camélias du japon et de chine

 8° la carmentine(Justicia cocinea) d’amérique méridionale résiste au froidet frcttifie

9° la casse de Buenos Aires ( cassia corymbosa ) fleurit en automne et se pultiplie. La Casse d’du Brésil (Cassia tomentosa) fleurit en serre et n’a pas fructifiée.

10° La cassine de la caroline (cassine carolinia) est cultivée par gouffé

11° Le Croton arbre à suif (Croton sebiferum) est naturalisé depuis longtemps ;

12°Datura arborea (chili) est aclimaté dans toute la basse Provence .

13 La Haricot caracole ( Phaseolus caracola) est acclimaté depuis longtemps à marseille

14° le néflier du Japon  aété naturalisé depuis longtemps.

15°Le Phormium tenax  supporte le froid  e est vigoureux

16° le Plaqueminier Kaki  (Diospiros kaki)est ancien à Marseille

17° le Thé  (Thea  viridis) & été cultivé en pleine terre par Gouffé.

 L’ hiver 1820 détruisit tous les oliviers et par la suite le conseil général encouragea par des primes la plantation des oliviers et des muriers.

 Paris 15 avril 1832

 

source

http://Horticulture à Marseille et dans le département des bouches du Rhône par héricart de Thury https://books.google.fr/books?id=6m_x7YNDCsYC&pg=PA12&lpg=PA12&dq=jardin+acclimatation+de+marseille&source=bl&ots=qiYqPehB_P&sig=ISrsK2JbRFxaWiWRYrg9zjXExJk&hl=fr&sa=X&ei=ykHaVIybKMf6UryWhNgL&ved=0CCMQ6AEwATha#v=onepage&q=jardin%20acclimatation%20de%20marseille&f=false 15 pages

 

 

 

 

LA VIE DU JARDIN

 

EN 1810

Etat du Jardin impérial de Botanique et de naturalisation en date du 8 septembre 1810

1°1803 vases contenant arbres et arbrisseaux de serre chaude ou d’orangerie dont certains sont très précieux.

2°932 vases de végétaux de pleine terre destinés à garnir les parterres ou à remplacer les végétaux morts.

3° Plus de 900 arbres arbrisseaux ou arbustes plantés dans les plates-bandes sans compter les plante vivaces et annuelles.

4° il a planté courant février mars avril plus de 2000 vases de plantes diverses.

5° Il passe avec le Conservateur plus de 4h de temps par jour pour sarcler et récolter les graines des semis de l’année. Ils ont recueillis plus de3000 espèces tant anciennes que nouvelles et déterminé nombre d’entre elles envoyées sous des noms différents.

6°Le jardin compte 114 allées, une très vaste terrasse, 112 plates-bandes dont 100destinées à l’instruction , toutes sont plantées au printemps et les plantes arrachées après la production de graines. « Toutes ces allées et plates-bandes sont dans un état de perfection que  ne peuvent avoir que les jardins de Mrs Audibert et Bellon

 

5 jardiniers sont payés sur le jardin. Les plantes sont arrosées à l’arrosoir. Contenance 6 quarterées. (la quarterée vaut 506cannes environ 122ares 65ca (cette valeur  diffère de celle mentionnée supra)

Les parties du terrain consacrées à l’école d’instruction sont plantées d’après la méthode de Jussieu les autres selon le système sexuel de Linné

Mr de Gouffé reçoit les louanges des botanistes qui viennent visiter le jardin

Mr De Gouffé, nommé conservateur, a ramené du jardin du lycée « 482 vases de plantes  parmi lesquelles plusieurs de malades, et plusieurs de vides. »Il demande qu’une commission vérifie ses dires et s’il a eu raison de différer de fixer son domicile au jardin. Après 6mn de fonctionnement l’escalier et les chambres sont rempli de fumée et c’est à grand peine que le jardinier doit monter en haut de la maison pour  ouvrir une fenêtre et ventiler les locaux.

Le mardi 11 du même mois il s’établira au jardin mais il n’y portera qu’une partie de ses effets pour qu’ils ne soient pas dégradés par la fumée.Il prévient le Baron que les fourneaux continuent à fumer comme l’année précédente et qu’il en résultera des dégâts.

 

La lettre est adressée à0 Mr le baron et ne mentionne  pas dans l’entête son titre. La chaufferie de la serre fonctionnait donc au plus tard à partir de 1809.

 

Eglise des Chartreux

Etat du jardin  royal des plantes de Marseille en 1815

 

Le nombre d’espèces de plantes conservées dans le jardin est supérieur à trois mille.

« Le cours de Botanique ne put avoir lieu en 1815, tous les habitans   (sic) de la ville et de la campagne, sans exception, ayant été continuellement sous les armes depuis le mois d’avril jusqu’au mois d’août. » Le directeur du jardin a donné quelques légers cours de Botanique il a été vers le milieu d’août député vers le roi par la Garde Nationale.

Les améliorations faites dans l’année consistent en l’achat et reliure  de livres de botanique et d’agriculture, l’acquisition de 300 plantes ou arbustes «acquises à prix d’argent ou échangées », par l’achat d’instrument aratoire et essais de naturalisations de végétaux.

 

Végétaux naturalisés copie du texte.

1 mespilus japonica, en fleur et en fruits parfaits, qu’il faut semer de suite.

2 Hibiscus muraébilis donne de bonnes graines , mais il n’a pas pu résister aux gelées de l’hiver ,il à fallu le ravaler au dessus des racines d’oùil a repoussé.

3 Celastrus buxifolius ,id, mais sans fruit quoiqu’il fleurisse chaque année.

4 Sida arborea, même réussite que l’hibicus mutabilis

5 Jasminum azoticum, fleurit, fructifie et repousse de sa souche.

6 Jasminum odoratissimum  id

7 gravia orientalis  fleurit et conserve ses tiges

Plusieurs aloes, crassula et mesembrianthèmes ont également resisté aux gelées de cet hyver, et fleuri dans leur temps.  

 

Situation du jardin en 1816 elle est datée du 10 avril 1817

Les sommes allouées au jardin ont été diminuées les années précédentes de ce fait aucune amélioration a été faite. L’hiver doux a permis de conserver des plantes précieuse et de serres.

La collection a augmentée de plus de 100 arbres ou plantes vivaces, et cela par échanges.

Le cours de botanique a eu lieu d’avril à juillet il a été suivi par 30 personnes en avril puis par 15 avec assiduités , ces derniers élèves donnent des espérances.

 

Plantes naturalisées en 1816

1 Punica Nana

2 murraya exotica

3 caesalpina jappan

4 elaeodendron aryan

5 Fuchsia coccinea

6 Pelargonium capitatum

7 pelargonium radula roseum

8 melianthus major _ en fleur en cemoment

9 Melianthus minor_ idem

10 solanium auriculatum, celui repousse annuellement de ses racines et perd ses tiges dans l’après saison

 

Situation du jardin royal des plantes de Marseille en 1817_ 26 janvier 1818

Cours de botanique60 étudiants en avril 20 en fin de cours en juillet dont de nombreux passionnés d’agriculture. Mr Gouffé termine ses cours de l’année par un cours abrégé d’agriculture.

 

Améliorations apportées

1 Ensablement des allées et de la terrasse.

2 achat de terrines et vases pour semis, transplantations de toutes les jeunes plantules ;

3 achat de plusieurs arbre et plantes utile à la collection.

 4 augmentation de plus de 400 espèces de plante dont une partie n’est pas citée par les auteurs ni cultivées en France. Il regrette que  plusieurs envoies de Mr Legrand  directeur du jardin de St Pierre de la Martinique ne lui soit pas parvenus soit par cause du mauvais temps en mer soit que les capitaines ou marchands en aient disposés pour leur propre compte ; ces plantes ont dû périr dans des jardins privés. 5 renouvellement d’instruments aratoires et achat de sièges en bois 6 essais de naturalisations de végétaux, avec sucés.

 

Acacia acanthocarpa

Aganthus umbellatus

Amaryllis zeylanica

_      formossima

__    aurea

___ beladona

Anagyris indica nob ;

Dodonea viscosa

Buxus balearica

Cactus opintia

____ cylindricus

____ peruvianus

___   monstruosus

Ferraria  undulata

Globa nutans

Graevia occidentalis

Justicia adhatoda

Ixia sinensis

Melia sempervirens

Moraea iridioides

Myrtus lusitanica

Oxalis cernua

Pelargonium radula

____  roseum

____ zohale

____ capitatum

Zigridia pavonia

Zizyphus lotus   

 

Les bâtiments devaient se trouver à l'emplacement de cette maison. 

 

Evolution du jardin depuis l’an 12 (1805)

   Il ne fut planté que 2 ans après, temps nécessaire pour terminer la clôture. Sur l’inventaire de l’an 12 il n’est mentionné que 150 espèces dont quelques-unes en mauvais état. En 12ans Gouffé rassemble dans le jardin jusqu’à 4000 plantes environ. Peu de jardins de France peuvent surpasser celui de Marseille pour la rareté des espèces et leur beauté.

 

Situation du jardin en 1818_ 23 janvier 1819

La sécheresse de 1818 a provoqué la perte de beaucoup de plantes dans Marseille et dans son terroir. Le jardin n’en a pas  souffert et les plantes semblent avoir bien végétées. La collection n’a pas considérablement augmentée par le nombre d’individus mais  elle l’a été par leur choix. Les fonds destinés à la bibliothèque ont été utilisés pour l’arrosage des plantes Le cours de botanique a été moins bien suivi celui d’agriculture l’a été beaucoup plus. « En effet l’agriculture est presque encore dans son enfance dans nos pays méridionaux, et mérite principalement l’attention et la protection du gouvernement. » Ils donneront cette année (1819) un cours de botanique appliqué aux arts, au commerce, à ma médecine et particulièrement à l’agriculture.

 

Situation du jardin en 1819

En 13 ans le nombre de plantes cultivées atteint plus de 4000 espèces dont beaucoup fructifient déjà ce qui permet  l’envoie de graines aux différents jardins et principalement à Paris. Le jardin et les serres sont en très bon état. Les serres seront insuffisantes dans quelques années si le nombre de plante continue à augmenter. Le cours de physiologie végétale est bien suivi et avec ardeur

Les arbres et arbustes naturalisés depuis de années n’ont pas été endommagés par le froid ils promettent une heureuse réussite.

Le grenier s’enrichit chaque jour et est d’une utilité absolue aux étudiants.

La bibliothèque  ne comporte qu’une centaine d’ouvrages les plus classiques et indispensables.

 

Nous nous rendons mieux compte au travers de ces archives du travail  des jardiniers de l’époque,  l’action accomplie par Mr de Latour Gouffé  de l’importance des relations de Mr de  Gouffé.  De nos jours les rayons de fruits, et aussi de viande, sont approvisionnés par fer, route et avion  toute l’année  au prix d’un accroissement non négligeable de CO2 Souvent  les fruits exotiques sont moins chers que ceux cultivés  en France ! Il  y a quelque chose qui ne tourne pas rond.

 A l’époque le transport des plantes se faisait en diligence, 20 jours depuis Turin 8 depuis Paris, ou par messagerie (char à chevaux ou à bœufs), et par voiliers pour l’outre –mer.

 

Je vous parlerez de tout cela en évoquant la correspondance de Mr de Gouffé ultérieurement. 

sources

Cote 63 R1 archives de la ville

boulevard d'Aras

 

http://www.marseille.fr/sitevdm/document?id=595&id_attribute=66

http://www.marseille.fr/sitevdm/document?id=595&id_attribute=66

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