Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #poesie
Cérémonie du 11 novembre 2015 à  Marseille  St Loup.

 

 

N’oublions pas

 

Ce jour du 11 novembre  nous commémorons  l’armistice de la guerre 14-18. Nous nous sommes retrouvés au monument au mort de notre village de Saint Loup (Marseille 10°) pour accompagner notre maire Mr Royer-Perreaut, les élus du 9° et 10° arrondissement, et les  anciens combattants. Les honneurs étaient rendus par un détachement de la gendarmerie nationale.

 

 

Ci-dessous quelques poèmes et photos pour se remémorer le souvenir de cette effroyable boucherie Les poilus qui avaient vécus cela ne disait plus jamais ça. Malheureusement la folie des hommes et les intérêts de quelques- uns n’ont pas de mémoire

 

 

 

Chant de l'horizon en Champagne

 

    À M. Joseph Granié.

 

    Voici le tétin rose de l'euphorbe verruquée

    Voici le nez des soldats invisibles

    Moi l'horizon invisible je chante

    Que les civils et les femmes écoutent ces chansons

    Et voici d'abord la cantilène du brancardier blessé

 

        Le sol est blanc la nuit l'azure

        Saigne la crucifixion

        Tandis que saigne la blessure

        Du soldat de Promission

 

        Un chien jappait l'obus miaule

        La lueur muette a jailli

        À savoir si la guerre est drôle

        Les masques n'ont pas tressailli

 

        Mais quel fou rire sous le masque

        Blancheur éternelle d'ici

        Où la colombe porte un casque

        Et l'acier s'envole aussi

 

    Je suis seul sur le champ de bataille

    Je suis la tranchée blanche le bois vert et roux

    L'obus miaule

    Je te tuerai

    Animez-vous fantassins à passepoil jaune

    Grands artilleurs roux comme des taupes

    Bleu-de-roi comme les golfes méditerranéens

    Veloutés de toutes les nuances du velours

    Ou mauves encore ou bleu-horizon comme les autres

    Ou déteints

    Venez le pot en tête

    Debout fusée éclairante

    Danse grenadier en agitant tes pommes de pin

    Alidades des triangles de visée pointez-vous sur les lueurs

    Creusez des trous enfants de 20 ans creusez des trous

    Sculptez les profondeurs

    Envolez-vous essaims des avions blonds ainsi que les avettes

    Moi l'horizon je fais la roue comme un grand Paon

    Écoutez renaître les oracles qui avaient cessé

    Le grand Pan est ressuscité

    Champagne viril qui émoustille la Champagne

    Hommes faits jeunes gens

    Caméléon des autos-canons

    Et vous classe 16

    Craquements des arrivées ou bien floraison blanche dans les cieux

    J'était content pourtant ça brûlait la paupière

    Les officiers captifs voulaient cacher leurs noms

    Œil du Breton blessé couché sur la civière

    Et qui criait aux morts aux sapins aux canons

    Priez pour moi Bon Dieu je suis le pauvre Pierre

        Boyaux et rumeur du canon

        Sur cette mer aux blanches vagues

        Fou stoïque comme Zénon

        Pilote du cœur tu zigzagues

 

        Petites forêts de sapins

        La nichée attend la becquée

        Pointe-t-il des nez de lapins

        Comme l'euphorbe verruquée

 

        Ainsi que l'euphorbe d'ici

        Le soleil à peine boutonne

        Je l'adore comme un Parsi

        Ce tout petit soleil d'automne

 

        Un fantassin presque un enfant

        Bleu comme le jour qui s'écoule

        Beau comme mon cœur triomphant

        Disait en mettant sa cagoule

 

        Tandis que nous n'y sommes pas

        Que de filles deviennent belles

        Voici l'hiver et pas à pas

        Leur beauté s'éloignera d'elles

 

        Ô Lueurs soudaines des tirs

        Cette beauté que j'imagine

        Faute d'avoir des souvenirs

        Tire de vous son origine

 

        Car elle n'est rien que l'ardeur

        De la bataille violente

        Et de la terrible lueur

        Il s'est fait une muse ardente

 

    Il regarde longtemps l'horizon

    Couteaux tonneaux d'eaux

    Des lanternes allumées se sont croisées

    Moi l'horizon je combattrai pour la victoire

 

    Je suis l'invisible qui ne peut disparaître

    Je suis comme l'onde

    Allons ouvrez les écluses que je me précipite et renverse tout

Guillaume Apollinaire(1880 - 1918)

http://www.toutelapoesie.com/poetes/guillaume_apollinaire.ht

 

 

Après la bataille (Victor Hugo)

Mon père, ce héros au sourire si doux,

Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous

Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,

Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,

Les champs couverts de morts sur qui tombait la nuit.

Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit,

C'était un espagnol de l'armée en déroute

Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

Râlant, brisé, livide et mort plus qu'à moitié,

Et qui disait : A boire, à boire par pitié !

Mon père ému, tendit à son housard fidèle

Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

Et dit : Tiens donne à boire à ce pauvre blessé

Tout à coup, au moment où le housard baissé

Se penchait vers lui, l'homme une espèce de Maure,

Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,

Et vise au front mon père en criant " Caramba " !

Le coup passa si près que le chapeau tomba

Et que le cheval fit un écart en arrière,

- Donne-lui quand même à boire, dit mon père.

(La légende des siècles)

http://www4.ac-nancy-metz.fr/ien57yutz/IMG/pdf/Quelques_poemes_sur_le_theme_de_la_guerre_pour_le_cycle_3.pdf

 

Si je mourais là-bas...

 

    Si je mourais là-bas sur le front de l'armée

    Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée

    Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt

    Un obus éclatant sur le front de l'armée

    Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

 

    Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace

    Couvrirait de mon sang le monde tout entier

    La mer les monts les vals et l'étoile qui passe

    Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace

    Comme font les fruits d'or autour de Baratier

 

    Souvenir oublié vivant dans toutes choses

    Je rougirais le bout de tes jolis seins roses

    Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants

    Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses

    Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

 

    Le fatal giclement de mon sang sur le monde

    Donnerait au soleil plus de vive clarté

    Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde

    Un amour inouï descendrait sur le monde

    L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

 

    Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie

    - Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie

    De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -

    Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur

    Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

 

    Ô mon unique amour et ma grande folie

 

    30 janv. 1915, Nîmes.

Guillaume Apollinaire(1880 - 1918)

 

Source idem supra

 

A mon frère Armand,

à la mémoire de notre mère,

veuve de guerre à 31 ans.

 

LE 11 NOVEMBRE 1918

 

Mon premier souvenir remonte à ce grand jour

 

Quand, gamin de quatre ans qui n’avait plus de père,

Je suis sorti, donnant la main à mon grand frère,

Attirés tous les deux par le son du tambour ;

Mais dehors le vacarme était tel dans le bourg

Que nous sommes restés sous la porte cochère :

Des cris et des flonflons de marche militaire,

Et les cloches soudain, au sommet de la tour,

A tous les vents carillonnant la délivrance ;

Puis la foule a surgi derrière des drapeaux,

Des femmes, des enfants, des vieux, des jouvenceaux,

Hurlant : « La guerre, c’est fini ! Vive la France ! »...

Lors, nous sommes rentrés pour voir notre maman

Tendre vers nous ses bras, dans l’ombre, en sanglotant...

Alain TAURINYA

La Farga. Baillestavy, le 11 novembre 1991.

http://www.valcanigou.net/spip.php?article206

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soldats Russes à Marseille voir :

http://www.ecpad.fr/les-soldats-russes-a-marseille/

http://aufildesmotsetdelhistoire.unblog.fr/2012/10/23/les-soldats-russes-en-france/

 

Commenter cet article