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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #histoire Ariège
Vèbre 09_ Le pont en bois sur le bras mort de l’Ariège

L’ARIEGE CONTINUE SES CAPRICES

 

Inondation de 1875

 

Un bras mort qui causa bien des soucis.

Chassez le naturel il revient au galop dit le proverbe ;  et pour les rivières elles divaguent à la première grosse crue.

 

         Le7 février 1836 les eaux de l’Ariège débordèrent  sur la rive gauche en amont du pont et ravagèrent les terres environnantes. Elles coupèrent aussi le chemin du village à la grande route. Le conseil demanda à l’autorité administrative qu’elle récure le lit de la rivière.

 

         En 1873 une inondation emporta la passerelle en bois sur le bras mort. Elle a dû être réparée par les habitants de la  commune car il n’y a pas de dossier aux archives. Deux ans plus tard les eaux se rappelèrent aux bons souvenirs des  riverains de l’Ariège ; «  Le maître c’est nous » comme le Mistral en Provence. « Et rien ne nous arrête. »

 

      Entre 1875 et 1900 il y eut 9 grandes inondations et  500sinistrés et elles eurent lieu 2fois dans l’année en 1856_1875et_1897.

Deux catastrophes majeures eurent lieu  en 1875 et 1897.  « Les 23 juin 1875, une averse formidable et l’inondation concomitante, produisent la plus grande catastrophe hydrologique connue  du bassin  ariégeois ( l’Ariège  aurait roulé 3100m3 à Lacroix-Falgarde,…)  et au-delà, du bassin garonnais :six départements éprouvés, plus de 500morts, 10 000 maisons détruites, 200têtes de bétail disparues ont fait que cette catastrophe naturelle est historiquement la plus meurtrière de l’espace aquitano-garonnais. »

REF la catastrophe oubliée… La catastrophe oubliée ;_Inondations risque et aménagements dans la vallée de l’Ariège Thèse UTM 1992 495p

Doctorat de géographie par  Jean-Marc Antoine ;

Tableau récapitulatif :

http://www.vebre09marseille-histoirefleursetgraindesel.fr/2014/12/ariege-et-vicdessos-09-la-catastrophe-oubliee-i.html

Inondation de 1897

         En 1897 La remise est de nouveau inondée.. Le 12 octobre 1898 lors du conseil le maire, Alliat, retrace avec peine les dégâts se l’inondation de 1897 et présente le devis relatif à la construction du pont. Un an après l’émotion était encore là. Dans sa lettre du 3 octobre 1897 au préfet Alliat nous donne le compte rendu des destructions.

 Monsieur le Préfet

                Les grandes pluies du 1er 2 et 3  courant ont causé de si grands dégâts dans le chemin N°3 de Vèbre à la montagne  et sur toute l’étendue du territoire de ma commune qu’il est du devoir de l’administration vicinale de procéder aux réparations le plus tôt possible.

                Les communications entre Vèbre et le hameau de La remise, (chemin N°)3) ont été coupées par l’Ariège en trois points différents.

                1° Enlèvement de deux ponceaux au lieu-dit la Pountarre ;

                2° Brèche de 10 à 12 mètres faite à la route après  la culée du pont, (rive gauche), cette dernière menacée dans ses fondations par suite des flots qui les battent de toute parts ;

                3° Eboulement et rigoles sur tout le reste du chemin desservant la partie sud du territoire (dites chemin des métairies) qui empêchent son accès, les habitants de Vèbre devant aller passer au pont d’Urs, pour aller ramasser leurs animaux sur la montagne où quelques-uns ont péri.

                En présence d’un tel état de choses, je convoque les prestataires pour réparer, par quelques journées volontaires d’abord,  les moins dangereux  en attendant que l’administration vicinale se rende compte des lieux et établisse un projet de réparation au pont, aux ponceaux, et les remette en leur état primitif.

                 Je vous saurais    gré  en autre, vu les besoins pressants de servitude pour la rentrée des récoltes d’automne, de nous autoriser à accomplir les journées de prestations de 1898, sans  lesquelles la commune privée de ressources ne  peut procéder à fonds aux réparations plus urgentes.

                J’ose croire que vous voudrez donner des ordres en conséquence pour qu’aux malheurs qui ont mis toute ma population dans la consternation ne vienne pas s’ajouter un retard qui nuirait aux intérêts de l’agriculture et qui achèverait de ruiner  mes administrés.

Dans cette attente

Recevez, monsieur le Préfet, l’assurance de mon plus grand dévouement

Le maire.

 

                Le 30 octobre 1897 l’agent Voyer cantonal rend son rapport..

«  Le rapport concerne l’inondation du 2 octobre 1897 les dégâts signalés comprennent

1°  La construction d’un  enrochement et d’un perré, avec remblai aux abords de la culée rive gauche du pont sur l’Ariège,, en remplacement du mur en aile qui  a été détruit.

La construction d’un ponton en charpente de 8m d’ouverture en remplacement de deux aqueducs situés à 70m de la culée rive gauche en partie détruite et dont le débouché est insuffisant

Déblai d’éboulement des terrains supérieurs et chaussée ravinée

 Une passerelle  a été établie le lendemain  de l’inondation entre la culée du pont et le remblai du chemin et la circulation assurée sur tout le parcours du n°3 au moyen d’un crédit   de 93 francs en argent et quelques journées  de prestation de 1898

 Le projet ci-joint comprend la construction d’un enrochement sur les fondations du mur en aile qui ont été affouillées sur 2 mètres de profondeur, la construction d’un perré pour préserver des inondations les talus en remblai et enfin la reconstruction du chemin sur une longueur de 9 mètres.

 Perré = 16.60x 4mx0.60

 Cout du projet 700f

Réserves de la commune 663,24 sommes engagées 142.93  reste 520.31  excédant des dépense 179.69qui pourraient qui pourraient être convertie au moyen de la prestation en nature de 1898.

 15 novembre1897 Avis agent voyer départemental Il donne le budget et propose qu’en raison de l’urgence les travaux soient exécutés par voie de marché de gré à gré. »

               

                Le passage entre le pont sur l’Ariège  et la route se faisait désormais  sur une passerelle. Le mur de protection en aile, dans le prolongement des piles du pont, n’avait pas résisté malgré une épaisseur de 60cm et des pierres de 30cm. Mais qu’en était-il du petit pont? Toute la commune  participa à ces travaux  de remise en état d’urgence.

S’eût été trop beau  trop beau qu’il n’y ait  pas eu de pétition. De nos jours tous les travaux publics et nouvelles constructions privées sont attaquées en justice, souvent les plaignants espèrent gagner quelques argents légalement ou illégalement. Tous les procès ou presque sont perdus par les râleurs et nos aïeux n’étaient pas de reste. 

 

plan des lieux

 Les habitants de La Remise envoient  une pétition au préfet.

Monsieur le Préfet.

                Les soussignés habitants de la commune de Vèbre propriétaires des maisons, granges et terrains ravinés par l’inondation du 2 octobre  ont l’honneur  de vous exposer ce qui suit.

                Il existait  avant l’inondation un petit pont construit en pierre sèche, situé sur la rive gauche du grand pont sur l’Ariège, à 50 mètres environ de ce dernier.

                Ce pont très insuffisant, d’ailleurs, recevait les eaux provenant des prairies situées en amont, et le trop-plein  de l’Ariège en temps  de grandes pluies ou  de fonte des neiges.

                Les crues récentes l’ayant enlevé, l’administration municipale, pour rétablir la circulation, a remblayé tout simplement, la brèche faite à ce lieu au moyen de matériaux sans se préoccuper, de laisser une issue à l’eau qui dès lors doit naturellement former son lit dans nos, propriétés. Quoique les travaux effectués ne soient que provisoires, nous voulons bien – le croire, l’état actuel des lieux, dont nous ne connaissons pas la durée nous permet de constater à regret qu’à la première crue de l’Ariège nous aurons à nouveau l’eau  dans nos propriétés et de nouveaux dégâts à supporter, si ce n’est la ruine complète,  car les eaux n’étant plus retenues par le mur d’endiguement qui a été enlevé pourraient facilement déplacer leur lit. 

                Pour nous qui avons vu dans quelles proportions grossit l’Ariège au printemps nous sommes certains de ce que nous avançons ci-dessus.

                C’est pour éviter de nouveaux dommages dont la commune pourrait être rendue responsable en raison de son récent travail, que nous avons tenu à vous exposer sans exagération l’état des lieux, afin que vous invitiez les  administrations intéressées à effectuer les travaux de nature à donner un libre cours aux eaux, pour que nous soyons garantis contre une nouvelle inondation.

                Les soussignés, vous prient, Monsieur le Préfet,  de vouloir bien agréer l’expression de leur respectueux dévouement.

Signé : A Vidal_ Vve Florence _  Lafaille J _ Vve Kimmel _ Comminges _M Delaplace J Soula

 

                A en croire les pétitionnaires. La commune et donc eux puisqu’ils ont participés aux travaux, n’avait  pas bien travaillée et cela sous la responsabilité d’un piqueur ( contrôleur des travaux). Déjà ils la rendaient responsable des prochaines inondations.

 Je m’étonne que personne n’est encore attaqué les nuages le vent et Dieu le père en justice.

 

 Le Maire répond donc à la pétition le 3 (ou 5 ?) décembre 1897.

.

                « Comme réponse  à la pétition ci jointe par laquelle les habitants de Vèbre se plaignent des récents travaux faits après l’inondation du 2 octobre 1897, j’ai l’honneur  de vous  faire connaître que les dits travaux, exécutés en partie par des journées volontaires, en partie par des journées de prestation et sous la direction d’un   piqueur n’ont pas eu pour but  de fermer l’issue des ponceaux ni de déverser l’eau de l’Ariège vers les propriétés des plaignants.

                La crue du 2 octobre ayant creusé un grand lit sur la rive gauche de l’Ariège ayant délabré en partie les plates formes en pierre des ponceaux et ayant emporté à la suite de ceux-ci une partie du chemin N°3 qui empêchait  toute circulation, il  était du devoir  de tous les habitants de rétablir la viabilité du dit chemin par un travail provisoire.

                C’est ce travail  (remblayage pour rétablir la partie du chemin emporté et grandement creusé et raviné) que sous nos administrés et les plaignants avec tous d’un commun accord avons accompli sans toucher  aux ponceaux qui donnent accès et libre cours aux eaux venant des prairies ou recevant le trop- plein de l’Ariège par suite des crues ;

                Je conçois, ainsi que l’assemblée municipale, que le lit que s’est créé l’Ariège sur la rive gauche inquiète les pétitionnaires, mais les dégâts occasionnés par l’Ariège sont considérables dans ma commune. Le pont et la chaussée rive gauche menacent ruines il est du devoir de l’Assemblée municipale de parer à toute éventualité en garantissant d’abord cette construction  qui, si elle était emportée serait la ruine complète de ma commune et voilà pourquoi un dossier de réparation et de construction vous a été retourné pour recevoir votre approbation et le mettre à exécution à brève échéance.

                L’assemblée municipale désireuse  de rendre la sécurité à tous les habitants en faisant exécuter tous les travaux  que nécessitent les dommages survenus, vous serez très reconnaissante, Monsieur le Préfet,  d’ordonner aux agents de la vicinalité de faire exécuter le plus tôt possible les prestations de 1898 afin de faire réparer les dégâts qui ne sont pas prévus au présent devis, de manière à réparer à la fois tous le tronçon du chemin N°3, rive gauche de l’Ariège.

                Dans l’espoir que vous voudrez donner des ordres pour convoquer le plus tôt possible les prestations, alors surtout qu’actuellement les eaux basses de l’Ariège permettent de se ravitailler en matériaux de toutes sortes.

                Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de mon  entier dévouement.

                Le Maire Alliat.

 

                Et voilà comment une pétition transforme la vérité des faits. Méfiez- vous donc de celles que l’on vous fait signer.

plan des travaux du pont montrant le chemin emporté par les eaux;

Les travaux

                Le passage du bras mort se faisait  par deux ponceaux ou pour être plus précis par deux aqueducs de 1m20 de large séparés par un mur central la couverture devait être constituée de madriers ou troncs d’arbres posés sur les aqueducs et couverts de grandes dalles de schistes tels qu’on peut les trouver à Albies en limite de Vèbre ,ou des dalles posées directement sur les murs ;

                L’agent voyer fait allusion à la pétition. « La crue extraordinaire du 2 octobre 1897 a détruit les deux aqueducs dallés de 1.20m d’ouverture chacun sur1.50m de hauteur  établi sur la rive gauche de l’Ariège à 70m du pont en maçonnerie et le remblai aux abords sur 45m… Ces aqueducs étaient insuffisant ils seront remplacés par un pont en charpente de 8m d’ouverture. Il fera un angle de 64° avec l’axe du cours d’eau ; le tablier aura 2.95m entre les parements. Le pont reposera sur deux culées en maçonnerie hydraulique ordinaire . les massifs des fondations seron tposées sur un lit de gravier compacté inaffouable mêlé de gros galets.  Hauteur entre le socle et les poutres  2.77m. »

Le rapport prévoit aussi la construction  de murs en ailes avec rampant inclinés  et un mur de 6m en amont rive gauche pour protéger la culée du pont.

 La commune  avait employé ses dernières ressources pour la réparation du pont en maçonnerie.

Devis

                 Le devis fixe en détail les  travaux à effectuer que je ne reprends pas. Le tablier se composait  de 3 poutres en chêne  de 9.20 m de longs par 0.20de large et 0.30 de haut elles étaient espacées de 1.20m. Des sous poutres de 4.40x0.20x0.20m les renforçaient  elles étaient  fixées par des équerres en fer. La plateforme était constituée de madrier en chêne de 2.67mx0.10 d’épaisseur et 0.20 de large et espacés de 1cm . Le plancher était en planche de peuplier. Le pont comportait aussi un garde-corps fixé par des contrefiches  de 2.00mx0.20m  et deux garde grève.

Petit détail La chaux hydraulique était acheté à Lafarge à Montélimar  et il est précisé sur le devis ficelle blanche, elle ne provenait donc plus de Campana ou de la région.

                 On touche là un point de l’économie ariégeoise. L’Ariège qui était riche en de nombreuses industries artisanale n’a pas su s’adapter à la modernisation et ouvrir ses débouchés. Alors que par le passé la chaux était produite localement (Ussat pour la plus proche) elle provient maintenant de la vallée du Rhône.

Ci-dessus plans du pont en charpente.

Cout des travaux du pont en charpente

Total des dépenses prévues                     2235.78

Sommes pour dépenses imprévues      264.22

Total                                                                                    2500f

Arrêté le 22 septembre 1898 ;

« La dette de la commune de Vèbre s’élève à 18400 francs en chiffre rond ; La valeur du centime est de 13cm.82 et le nombre de centimes extraordinaires de 43 .

Nous sommes d’avis  de soumettre le projet à l’acceptation du Conseil  municipal en l’invitant à voter les ressources nécessaires. » 

L’agent voyer départemental écrivait sur le rapport :

« Cette commune se trouve dans une situation obérée, l’on considère qu’elle est imposée de 144centimes dont 43 extraordinaires et cette situation se trouve encore aggravée en raison des pertes  importantes éprouvées par un grand nombre d’habitants de Vèbre à la suite des inondations. » Il propose que le département accore une subvention de 1500f

La subvention accordée fut de 150f

 

Pont sur l'Ariège plan du mur de perré de protectionen quart de cône;

 

Travaux au pont en maçonnerie.

 

                Ces travaux se firent en urgence et le marché fut passé par voie de gré à gré ;

Remblai plateforme du chemin et talus à 6.70 = 276.70f

Enrochement 1ere partie                                                           25.20f

2eme partie                                                                      60.72f

Perré développement moyen 16.60x4.00x0.60=39.84f

 

                Le devis  assez simple précisait la provenance des matériaux ;

« Les remblais seront pris sur la parcelle B169  -pontarre_ appartenant à la commune. Les moellons sur la commune de Lassur au lieu-dit Roquelaure   Fe A n°27,  pâture appartenant à Bouzigues Haguenaud  de Vèbre .  Fe An°33 , pâture, lieu-dit  Hautres  appartenant à Bonrepaux  Antoine fils de Jean de Vèbre. L’entrepreneur se conformera aux directives de la préfecture pour le tirage de la poudre et de la dynamite. »

 

                Pour la construction du pont en maçonnerie  les pierres taillées provenaient de la carrière de Garanou  qui était exploitée par un carrier, et récemment ouverte. Le devis ne disait rien du mode d’extraction. En l’absence de chemin de fer pour transporter les explosifs la dynamite ne devait pas encore être utilisée. Pour ces nouveaux travaux c’est le maçon qui extrait la pierre et il utilisait le nouveau explosif.

La Dynamite

La nitroglycérine est d'abord fabriquée et vendue par la société d'Alfred Nobel sous sa forme liquide. Mais elle est tellement instable et dangereuse (le frère d'Alfred Nobel, Emil et d'autres personnes meurent d'une explosion durant la préparation de la nitroglycérine en 18641) qu'elle est rapidement interdite en Europe. La production artisanale de nitroglycérine se fait dans les mines, cependant comme toute fabrication artisanale d'explosifs, les accidents sont fréquents (réactions réalisées à température ambiante et non à 0 …).

 

Alfred Nobel résout le problème en la mélangeant à des kieselguhrs (poudre fossile de diatomées), puis en la moulant sous forme de bâtonnets enveloppés de papier, c'est ainsi qu'est créée la dynamite en 1866 et son brevet déposé le 25 novembre 1867. Il s'agit du premier explosif puissant, peu coûteux à produire et stable (comprendre : ne présentant que peu de risques d'explosion accidentelle lors du transport).

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynamite

Le devis prévoyait un perré incliné et dessiné selon un quart de cercle qui se prolongeait par une ligne droite et non un mur droit , en aile, comme celui emporté.

 

Effet des Crues de Juin et juillet 1900

Enrochement du pont sur l’Ariège 

                Pour marquer le passage au XX° millénaire en juin et juillet 1900 l’Ariège fit  de nouveaux caprices. Les crues exceptionnelles de juin et juillet provoquèrent des affouillements  au droit de la culée rive droite du pont en maçonnerie. Les eaux qui firent des remous en cet endroit occasionnèrent des dégradations aux fondations. Les crues exceptionnelles produisirent de nouveaux dégâts.

La commune demanda  le 5 aout 1900 la construction d’un enrochement à la culée rive droite du pont en maçonnerie

et d’un radier sous le pont en charpente

 

                 Le devis mentionnait un enrochement d’une longueur de 12.70m , largeur 3m  à la base et 1.50m au couronnement qui sera fait avec des blocs de granits.

            

     Sur la rive gauche il prévoyait la construction d’ un radier en pierres sèches de 0.50 m d’épaisseur entre les murs en aile . le cout de ces ouvrages  s’élevait  à 580f,00.

 

                L’entreprise Subra  termina le pont en charpente le 2 mars 1900 ;

                 La commune disposait d’un reliquat de 896f84   le pont en charpente coutait 646.70f ; Elle devait aux sieurs Joulé et Marcaillou : 9.25f, elle avait payé à Subra 80.00f

Solde de l’entrepreneur Subra : 219.26 total 308.51

Il restait  de disponible : 588.33. Le devis prévoyait l’acceptation du projet par le conseil.

L’agent voyer accepta  le projet.  L’entrepreneur fut choisi par un marché de gré à gré.

 

Plan établi suite à la réclamation du sieur Grauby

La brèche .

                Les travaux étaient terminés.  L’enrochement sur l’Ariège commençait en amont du mur en aile mais il se  terminait  avant la fin du mur  de soutènement de la berge sur la rive droite, il laissait   un vide de 5 mètres.

Les crues menaçaient la prairie, le moulin à farine et la scierie ; Mr Grauby écrivit au préfet pour qu’il ait la bonté d’envoyer un homme compétent pour  vérifier l’exactitude de ce qu’il avançait.

Le 13 janvier 1902 il renouvela sa réclamation.

 

Et effectivement comme si sa lettre portait malheur en juin 1902 l’Ariège déborda à nouveau, comme d’habitude en sorte.

 

Inondation de 1902

                L’eau à bien sur emporté quelques ouvrages et la commune demanda  la  reconstruction d’un perré  à la culée rive gauche du pont sur l’Ariège , remblai aux abords et construction d’un radier au pont en charpente sur le bras gauche de l’Ariège. Sur ce bras mort l’eau  affouilla le sol en aval du radier jusqu’à l’extrémité des murs en aile soit 19m.

 

Réparations après les inondations

                Le rapport  de l’Agent Voyer cantonal nous informe sur les dégâts et les travaux à effectuer. 

Le perré s’affaissa parce que les remblais furent faits de terre sablonneuse où l’eau s’infiltra. Pour éviter cela le nouveau  fut prévu en pierres sèches jointées au mortier de chaux hydraulique ; épaisseur 0.80m c’est celui de cette réparation qui existe de nos jours.

Le devis prévoyait aussi :

_ Un prolongement  sur 8m du radier en pierres sèches existant ; cela pour protéger les murs en aile des affouillements ; épaisseur 0.60m.

_ Cout  des travaux 1050f ;

Les ressources de la commune étaient de 157.40 dont il fallait déduire :

_ solde Subra 55.75 qui avait construit le pont en bois.

_ Reconstruction des caniveaux   Il restait  libre 101.25.

_Excédent des dépenses 958.35F 

Le projet fut soumis au conseil et adopté le 1 décembre1902

 

Conseil du 4 avril 1903

Le projet de construction d’un perré à la culée rive gauche de l’Ariège et d’un radier en  aval du pont en charpente s’élève à  1050 f

Fonds disponibles                                                          101,65 f

Ressources  votées le 10 xbre 1902                        474 f

Secours du département                                           267 f

Il manque 207, 35 f qui furent  voté sur le budget supplémentaire  1903.

 

 

 De quoi je me mêle

                Décidément il ne peut y avoir de travaux sans contestations, un peu comme si les gens ne pouvaient exister qu’en rouspétant.

Affaire Grauby

Vèbre le 2 mars 1903

A Monsieur le préfet e l’Ariège,

Foix Ariège

 

Monsieur le préfet,

 

                En présence de travaux exécutés en dépit du bon sens, je me vois obligé de vous en rendre compte.

                Le maire de Vèbre, réactionnaire avéré,  de connivence avec son conseil, donna, a un ouvrier de la commune l’entreprise d’un éperon a construire sur  la rive gauche  en amont du pont sur l’Ariège.

                L’entrepreneur n’ayant ni plan ni point de démarcation se mit à l’œuvre et construisit l’ouvrage au mieux de ses intérêts ce qui ^le rentre  de 3m50 des fonds de l’ancien et porte le Ca de l’Ariège en plein sur la culée déjà menacée, attendu que l’aile de protection  a été enlevée grâce à l’inertie ou à l’incapacité de l’agent voyer. J’ai tout lieu de croire monsieur le préfet, qu’en présence d’une situation  qui menace les finances des contribuables vous voudrez bien y mettre ordre, en ordonnant  à un fonctionnaire en service compètent de se rendre sur les lieux afin d’arrêter la continuation de travaux idiots.

                Sûr que vous accéderez favorablement à ma demande,

                Je suis, monsieur le préfet, votre tout dévoué serviteur.

Grauby

Le maire de l’époque était Rauzy Jean.

 

Le 18 mars 1903 l’agent voyer départemental envoyait, en réponse, son rapport au préfet.

Le maire avait  chargé  un ouvrier de construire un éperon sur la rive gauche du pont et en amont de la culée. Les travaux avaient été  faits sans plans et selon Mr Grauby l’ouvrier avait travaillé au mieux de ses intérêts en reculant l’ouvrage de 3m50 des fondations de l’ancien. Le courant se porte sur la culée du pont déjà menacée « par suite de la démolition de l’aile  de protection, grâce à l’inertie ou l’incapacité de l’agent voyer »

 Le mur d’endiguement rive G fut détruit par la crue  de  1897. La commune entreprit sa reconstruction année par année.

Le marché fut confié à Anglade [de Vèbre] , par marché de gré à gré ,année après année. Il avait laissé un espace de 6m50 entre le mur et la culée en vue de sa reconstruction du quart de cône emporté par la crue de1902.  Il construisit le nouveau mur derrière l’ancien

 Le sieur Grauby écrit que ce travail  avait été fait sans consultation du service hydrologique.

 Le rapport précise que  « l’agent voyer cantonal n’a contribué en rien à cet ouvrage .  Les accusations portées par le sieur Grauby sont  donc « nulles et non avenues ».

 « Le quart de cône de la culée rive gauche a été détruit par une inondation qui constitue un cas de force majeure et on ne peut en rendre responsable Monsieur Gleyses ».

 L’agent voyer d’arrondissement propose de ne  donner aucune suite à cette plainte.  L’agent voyer en chef confirme cette position.

 

Travaux de 1916

                Le 28 novembre 1816 (en pleine guerre) La réfaction du pont en charpente s’impose. Les poutres principales sont à remplacer. Les pièces en bon état seront  réutilisées. Cout 1050francs

 

 L’emprunt de 30 ans pour financer les travaux du pont en charpente  est à peine remboursé qu’il faut refaire cet ouvrage.

 

 

Le pont en béton 1929_1936

Conseil du 18 aout 1829.

                Le maire rappelle qu’il a dû prendre un arrêté en date du 16 juin 1929 pour limiter les charges des véhicules passant sur le pont en bois, lequel se détériore de plus en plus. Il convient de refaire le tablier de ce pont soit en fer soit en béton armé selon l’avis de la vicinalité, et demande que la commune soit inscrite sur la liste des prochains programme subventionnés par l’état.

caractéristiques principales

Ouverture biaise 8m.05 ouverture droite 7m.20

Voie charretière 3.00m trotoirs 2x0.+60  Largeur totale 4m.20
Il est supporté par 2 poutres espacées de 3m.30 d'axeen axe.Elles sont reliées par 5 entretoises espacées de 1m62 d'axe en axe et qui supporteront un cours de longeronet de hourdis sur lequel reposera un remblai de gravillon  de 0.15  d'épaisseur moyenne et une chaussée de 0.15 d'épaisseur ; 

Cout et financement

                Le projet de tablier en béton adopté, d’un cout de 20  000  f, sera financé par 3000f à la charge de la communauté ; 3400f  à la charge du département ; 13 600f à la charge de l’état.

En janvier 1933  un emprunt de  2476f est souscrit auprès de 2 particuliers de la commune pour une durée de 4 ans financé par un centime additionnel de  68centimes.

 

Le tablier du pont sur l’Ariège sera renforcé ses dernières années et les joints de la culée rive droite, qui supporte les effets du courant principal, refaits.

Petite analyse des causes

                Sous  l’ancien régime Traversier de Fantillon seigneur de Vèbre et d’Urs  possédait le moulin et une gravière attenante; il possédait aussi la prairie en amont du pont rive droite qui devait aussi servir de gravière. Les deux aqueducs (petit pont) mesuraient 1m 50 de haut pour 1.20m entre les murs chacun. Avec l’épaisseur des dalles  le chemin devait être à 1m70 à 1.m80 au-dessus du lit  du bras mort. Nous n’avons pas la hauteur de l’ancien pont en bois sur l’Ariège,  qui se trouvait 5m en aval de l’axe longitudinal du pont actuel, et qui devait être bien plus bas que le pont en maçonnerie.

 

                La digue qui sépare la Pontarre des Caméniels, non bâtis jusque la construction de la maison Anglade en  1882-83,  existait depuis la grande inondation de1773 Elle a été prolongée en amont du chemin au XIX°s. Le chemin entre le pied de l’adret, puis la voie ferrée, et la digue était donc plus bas que le chemin actuel  qui a été surélevé lors de la construction du pont et en cas de grosses crues l’eau avait la possibilité de passer par-dessus. 

Coté voie ferrée il existe le passage de l’eau du canal d’amené de la scierie et du moulin. Ce canal  actuellement envasé est maçonné en galets apparents d’une belle facture et protège donc efficacement le pied de la bute qui supporte la voie ferrée. L’eau passait sous la route dans un aqueduc en pierre de taille en plein cintre, toujours en place.

 

                 Ce chemin forme donc depuis la construction du pont un véritable barrage.

 

                Dans les années 1810 ,1820 le propriétaire de la prairie rive droite en amont du pont  était Monsieur Goma, maitre de forge à Urs et ailleurs également. Il fit construire un mur en pierres sèches pour protéger sa parcelle ce qui, créa un litige avec la commune  car l’eau se trouvait de ce fait repoussée vers la Pontarre, rive gauche, lors des inondations.

                 L’Ariège a déposé de tout temps des alluvions en amont du pont.  Et l’ile qui s’y forme doit être supprimée et le lit curé  de temps à autres.

 

                 Lorsque la voie ferrée fut construite  les entrepreneurs, Vergé et Dane obtinrent à la Pontarre  une occupation temporaire de 700m2 pour extraire le sable et le gravier. Comme ils ne purent se mettre d’accord avec la commune sur la quantité de gravier et de sable à extraire ils proposèrent  à la commune de remblayer le chemin entre le pont et le dalo avec une pente unique. La commune qui avait d’autres chemins à finir accepta d’autant plus que ce travail aurait demandé un grand nombre de journées de prestations, en  vaches et en chevaux, pour effectuer ce travail. Délibération du conseil du 4 février 1883. Cette extraction favorisa donc le passage de l’eau.

                La commune avait bien construit un mur pour endiguer l’Ariège  mais devant une grande crue il était insuffisant et il l’est toujours.

                L’eau sous le pont atteignit en 1875  2.75 à 2.80m _d’après le plan_ au-dessus du socle pour une élévation  de la voute de 6,00m  et pour le petit pont elle était à 1m 55du sol.

 

 

                Avec l’ancien chemin en cas de très  grosses crues l’eau pouvait passer par-dessus celui-ci maintenant elle ne peut passer que sous les deux ponts, car il n’y a pas d’aqueducs intermédiaires, d'où une augmentation de la force du courant sous les ponts et des destructions plus importantes.aux berges et chemin.

PJM

 

Reférences

3 O1692       Construction du pont sur l’Ariège     voir

:     http://www.vebre09marseille-histoirefleursetgraindesel.fr/2015/11/vebre-09-la-construction-du-pont-sur-l-ariege.html
  
2o1832    Chemin caillorte et petit pont

 

à étudier:
2O29    Travaux sur le lit de l’Ariège suite à l’extraction de gravier 10 12 1899    
2O29    Endiguement Ariège rive gauche  11 octobre 1902

Vèbre 09_ Le pont en bois sur le bras mort de l’Ariège
Vèbre 09_ Le pont en bois sur le bras mort de l’Ariège
Vèbre 09_ Le pont en bois sur le bras mort de l’Ariège
Vèbre 09_ Le pont en bois sur le bras mort de l’Ariège

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Le Pelerin 14/12/2015 22:54

Merci Ponpon
Merci de nous faire partager ces delicieuses histoires que nous degustons
Cordialement,
Le Pelerin