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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #histoire Ariège
omelette de pâques vèbre

omelette de pâques vèbre

 

 

tiré du livre Traditions et coutumes de l'Ariège par Adelin Moulis edition de l'Auteur à Verniolle

 

I. _ LE PRINTEMPS REVET SA CAPE FLORALE

 

Les « Bacairols » ou « « Prestous »

 

 J'ai souvenance d'un magnifique tableau contemplé un certain Jour de fin mars, alors que la campagne avait connu de tardives chutes de neige. Ce jour-là j'ai pu admirer un lilial tapis que diaprait le soleil, et les arbres «  poudrés à frimas »  de fringantes fleurs blanches faisaient une piètre figure devant la concurrence. Mais l’astre  du jour, tout près de disparaître, mettait sur  la-glèbe une douce symphonie rose, un rose pastel presque irréel.

                Il est rare, cependant, de voir la neige envahir encore la contrée à cette époque-là. En ce mois de transition les nuages glissent très vite sous un ciel d’opale agonisant, et ils vous gratifient de temps en temps de quelques giboulées de grésil .aux grains de sucre. Mais, ces giboulées, poussées parfois par un vent de cers froid et violent, sont hargneuses, et tout spécialement celles de la fin mars et du début d’avril, que nous appelons ici Bacairols,

ou Prestous. Et la légende va nous expliquer ces deux appellations.

 

                 Un brave paysan avait dans son étable une paire de vaches, deux génisses et un beau taureau. On était aux derniers jours de mars, le froid avait disparu, les jachères commençaient à verdir et notre homme pensa que ses bêtes allaient pouvoir sortir-pour .paître. Aussi, le 29 du-mois, il leur remplit le râtelier avec ses dernières brassées  de foin qui restaient dans ta grange. Cela fait,

Il eut  I ‘orgueil de sortir sur le seuil de la porte et de narguer le temps en ces termes:

 

Al despièt de marcs è  de marselhetos,-                               En dépit de mars et de ses giboulées

Ei escapat mas bacos è mas bèdèlhetos                              J,ai sauvé mes vaches et mes petites génisses

 

 

Mais qu'avait-il dit là, le malheureux !

- Ah ! ah !, fit le mois de mars; cet homme plein d'orgueil croit avoir sauvé son bétail ? Nous allons voir si ce sera vrai !

 

Et s'adressant au mois d'avril, il lui dit :

Abril      Avril

Gentil,  Gentil,

Prèsto-m'en un, prèsto-m'en dous,        Prête-moi un jour, prête-m'en deux

E dous qu'en teni, laran quatre;                               Et deux que j’en tiensencore) cela fera quatre ;

Le bestià d'en pagès farem pèrno batre               - Nous ferons trembler de froid le bétail du paysan

Alors, dans la nuit du 29 au 30 mars, le vent d’ouest se mit à  souffler, et le proverbe ne trompa nullement qui disait :

 

Quand le cèrs arribo la nèit coumo un boulur    Qeuand le vent douest arrive la nuit comme un voleur

Abèm la plèjo al sigur. Nous avons la pluie sûrement

 

Le lendemain matin une pluie froide et drue se mit à tomber, pendant que sur les hauteurs la neige tenait. Au soir il se mit à neiger à qui mieux mieux, et cela dura quatre jours. Au 3 avril, champs, prairies, jachères, tout était enseveli sous une épaisse couche blanche. Le paysan ne put faire sortir ses bêtes et le râtelier était vide. Affamés, les pauvres animaux meuglaient nuit et jour, et l'homme s'arrachait les cheveux de désespoir.

 

À la fin de la semaine suivante, les vaches et les génisses moururent d'épuisement. Seul le taureau vivait encore, mais il ne pouvait plus  se tenir debout. Le paysan prit alors les deux poignées

de paille qui garnissaient ses sabots et les donna au taureau.

Celui-ci vécut ainsi quelques jours de plus. Puis la neige disparut vivement et la bête put être sauvée.

 

DE PAQUES FLEURIES A PAQUES CLOSES

 

                Le réchauffement de l'atmosphère et de la glèbe aura fait éclore un peu partout fleurs et tendres verdures, et la nature aura mis à notre disposition les premiers rameaux pour fêter justement le dernier dimanche du carême. C'est par I ‘expression < Pâques fleuries > que l'on désignait autrefois le dimanche des Rameaux pendant lequel l'Eglise célèbre l’entrée triomphale de Jésus-Christ à Jérusalem : la foule était accourue au-devant de lui avec des palmes et des branches d'olivier, lesquelles se sont muées de nos jours en branches de romarin, de buis, de laurier, en rameaux divers et bouquets de fleurs. Et Pâques Fleuries évoquent aussi les jolies pâquerettes qui émaillent alors nos prairies et jachères déjà couvertes d'un manteau verdoyant.

 

                Avec la résurrection du Christ il faut voir aussi celle de la nature : après la léthargie des longs mois de froidure, tout renaît à la vie et à l'allégresse; alléluia ! alléluia ! Le soleil, qui accentue son ascension vers le zénith, redonne aux animaux et aux plantes sa chaleur et sa lumière, source de vie; l'arc-en-ciel des primevères court le long des haies, les trilles des oiseaux éclatent dans les taillis, la sève s'élance le long des branches, la forêt frémit de toutes parts et l'homme se met à espérer.

 

                Les rameaux, soigneusement préparés, sont emportés à l'église pour être bénis. On les garnissait naguère d'oranges, d'œufs en chocolat et d'autres friandises, et chacun s'ingéniait à posséder un rameau mieux orné que celui du voisin. Les enfants, qui ont confectionné de grosses bottes de branchettes, les distribuent, après leur bénédiction, aux parents et aux amis du bourg.

 

                Accompagné d'une foule de fidèles, le prêtre se rend à la grand ‘croix du cimetière, qui est parée de rameaux de buis, et où l'on chante l'Hosanna. Cette cérémonie a lieu aussi devant les croix des carrefours, ou reposoirs, qui sont parfois désignées, pour cette raison, < croix hosannières> ou «  croix de buis ", ou encore «  croix buiss »et Au retour de la messe on dépose les rameaux dans un coin de la maison : ils y resteront toute l'année et seront les protecteurs de la famille. Parfois on va en planter dans le jardin pour préserver les plantations des insectes et larves nuisibles. On en fixera aussi une branche au crucifix qui est accroché au mur, au-dessus de la tête de lit, et même à la porte de l'étable ou au râtelier des bêtes. Les jours d'orage, pour garantir la maison de la foudre, on trempera le rameau dans de l'eau bénite et on en aspergera les murs en dessinant une croix; le même effet sera obtenu en en jetant une brindille au feu. Ces pratiques rappellent des coutumes païennes très anciennes, car nos lointains ancêtres demandaient, par des rites que l'Eglise a sanctifiés, protection aux rameaux qui se garnissaient de€ pousses nouvelles. D'après Pline, l’usage de planter dans les champs des branches vertes bénies, existait chez les paysans du Latium.

 

                A la campagne on observe le temps qu'il lait le jour des Rameaux, car s’il pleut pendant l'élévation; il pleuvra une partie de l'année, ce que déclare le Proverbe :

 

Se plau sul ramèlhet,

PIâurà sut tabèlhet.

 

S'il pleut sur le petit rameau,

It pleuwa sur la petite moyette

 

                Le vent qui soufflera pendant la lecture de la Passion' dominera toute l’année, d'après la croyance' Dans certaines provinces' notamment en Champagne, les paysans quittent l'église pendant la lecture du  Grand Evangile et vont sur la place publique pour examiner la girouette du clocher. Ils retournent ensuite entendre la fin de la messe et,  à la sortie, ils se lamentent ou rendent, grâces  à Dieu selon que la girouette a prédit le mauvais vent ou le bon

Et chez nous le Proverbe nous dit :

 

Tal tems als Rams,

S'en sièg tout l'an.

 

Tel temps aux Rameaux,

Suit toute I ‘année.

 

                On dit aussi que, pendant la lecture de cet Evangile' s'entrebâillent un instant certaines  excavations renfermant des trésors; et l’imprudent qui, attiré par I ‘appât du gain, s'introduit alors dans le souterrain, ne reparaitra plus: la pierre qui servait de fermeture se rabat subitement sur lui. Diverses légendes répandues dans toute la France ont cette croyance pour thème'

 

                Cependant, le jeudi saint arrivé, les cloches quittent campaniles  et clochers et se donnent rendez-vous à Rome d'où elles-ne reviendront que le samedi suivant, pendant la- messe' À l'office de ce même jeudi saint, le prêtre place des quêteuses de chaque côté du portail  de l'église : l'obole offerte à ce moment-là a le pouvoir de vous faire pardonner toute infraction aux lois du carême.

 

                Mais la sonnerie des cloches sera remplacée par, le crépitement des crécelles, le tintement des clochettes et sonnailles ou le bourdonnement des trompes rustiques. Les enfants de chœurs parcourent le village aux bruits de leurs instruments avec lesquels ils annoncent en cadence -

:

 

Al prumiè, prumiè de I'oufi-i-ci ( bis)      Au premier' premier de I'offi-ice ;

Al segound, secound de l’oufi-i-ci bis)- Àu second, second de l'offi-ice;

Al darriè. d.arriè de t'oufi-i-ci     Au dernier' dernier de I'offi-ice;

Al darriè, darriè del sabat !         Au dernier; dernjer du sabat !

 

 

                L'usage de ces «  cloches de bois » semble remonter à une époque lointaine, bien antérieure à l'invention des vraies cloches qui eut lieu au VI" siècle. Dans nos  campagnes c’était surtout la trompe d’écorce qui était utilisée : elle était soulevée sur une branche de saule ou de châtaignier qu'on incisait en spirale; l'écorce était ensuite enroulée sur elle-même à la façon d'une bande molletière autour du mollet, et sa petite extrémité était pourvue d'une anche faite également d'écorce. Cet instrument émettait des sons graves qui s'entendaient de fort loin.

 

                Le jour du jeudi saint, au moment de l'extinction de la dernière bougie au dernier psaume de la Pénitence, se déchaîne un tumulte en souvenir de celui que les esprits déchaînèrent à l'instant de la mort du Christ. Ce tumulte était fait, chez nous, à l'aide de pipeaux taillés également dans les branches de saule ou de châtaignier, et que j'ai fabriqués dans mon enfance, tout comme les trompes mentionnées ci-dessus.

 

                Pendant la journée du vendredi saint il faut observer un repos absolu et ne se livrer à aucun travail, sous peine de malheur C'est le « repos du Bon Dieu » : ni marché, ni lessive; les bœufs ne doivent pas être attelés avant trois heures de l'après-midi, heure de la mort du Christ. Cette coutume doit être également observée le dimanche de Pâques.

 

                Le samedi saint, les cloches étant de retour, les jeunes mamans bercent leurs bébés au rythme de la nouvelle sonnerie, ce qui doit les préserver des chutes dangereuses; et en Provence on a coutume de lâcher dans l'église les enfants qui essayent leurs premiers pas.

 

                La veille de Pâques il est également d'usage de renouveler l'eau des bénitiers avant la bénédiction que doit faire le prêtre. On place, à la porte de l'église, un grand cuvier plein d'eau bénite dans lequel chacun fait sa provision pour la maison. Il faut en avoir toujours une réserve chez soi : outre qu'elle peut servir, hélas lorsqu'un décès se produit parmi les siens, cette eau protège la

maison de toutes choses désagréables. La semaine sainte est toujours l'occasion de la traditionnelle

quête des œufs faite par les enfants de chœur. Ceux-ci parcourent le village, mais ils se rendent aussi dans les fermes et hameaux isolés où ils savent trouver des œufs en abondance. Avec des paniers à couvercle au bras, lorsqu'ils arrivent en vue d'une ferme, l'orchestre des trompes se met à jouer. De temps en temps l'un des joueurs s'arrête de souffler dans son instrument pour crier :

Alleluia ! Alleluia !

Un iou en cado ma !

Le qu'a car n'en manjarà.

 

Le que n'a pos n'en cercarà...

 

 

Alléluia. ! Alléluia !

Un oeuf dans chaque main !

Celui qui a de la viande en mangera.

Celui qui n'en a pas en cherche[ra.

 

Quelquefois venaient s'ajouter quelques couplets satyriques à I ‘adresse des artisans du village

 

Alléluia pour les maçons !

Les cordonniers sont des fripons,

Et les tailleurs

Sont des voleurs !

Alléluia !

 

                Arrivés dans la cour de la ferme, ils donnaient une aubade sérieuse pendant que les chiens, ameutés, jappaient à perdre haleine et que la volaille se sauvait à travers jardins, prés et clôtures.

Puis la bande montait l'escalier donnant accès à la cuisine. La fermière connaissait les usages : les œufs étaient déjà prêts. Parfois, lorsque les quêteurs avaient affaire à des ménagères généreuses, ils récoltaient €en plus de la saucisse et du lard salé.

 

 

                La quête des œufs était également faite autrefois par diverses personnes qui jouent un rôle dans les services communs du village : carillonneur, fossoyeur, garde champêtre, facteur. Il est encore en usage dans de nombreux bourgs en ce qui concerne le carillonneur. Si, pendant cette semaine, les fermières donnent des cerfs sans compter, elles ignorent sans doute que, bien avant I ‘introduction du christianisme, 1'oeuf fut l'objet d'un culte très suivi : étant considéré comme le principe de toutes choses, il est un symbole de fécondité et de perpétuation des êtres. A Rome, à l'équinoxe de printemps, les matrones, vêtues de blanc, portaient un œuf aux processions de Cérès; en Egypte on adorait « l'œuf lumineux » pondu à l'Orient par « l'Oie céleste » ; et les  Phéniciens avaient leur «  œuf  divin », source de vie.

 

                Les œufs de Pâques se mangent par tradition, mais les plus prisés sont ceux pondus le vendredi saint, car ils préservent de la fièvre pour le reste de l'année; mais on ne doit pas les consommer ce même vendredi, car ce jour-là ils renferment des germes de serpents.

 

 

                Le dimanche de Pâques est considéré comme une grande fête. Dans la maison, la ménagère endosse ses plus beaux vêtements.

 

Après avoir confectionné le repas. Tous les membres de la famille, et les enfants en particulier, se pareront de leurs habits du dimanche et se rendront à la messe, Dans les campagnes de nombreux paysans ignorent le chemin de l'église tout le long de l'année, mais ils se gardent de manquer la messe de Pâques : ce jour-là la maison de Dieu est comble.

 

                Le matin de Pâques, au petit déjeuner, on goûte les premiers saucissons : depuis la fête du cochon ils sont restés suspendus aux poutres de la cuisine; comme de vrais satans, ils vous ont tenté pendant tout le carême, mais ce jour-là on se rattrape : que ce soit le saucisson maigre, le saucisson gras, celui de foie ou celui de couennes, toute la gamme y passe; il faut bien se rendre compte s'ils sont bons, avant d'aller les enfermer dans le bahut du grenier.

                Le repas de midi est un véritable repas de fête avec tous les plats traditionnels de la grande fête locale : rôtis de volailles diverses, blanquette de veau, civets, etc. Mise à part une excellente salade, aucun légume n'apparaît sur la table ce jour-là. Viennent ensuite divers gâteaux délicieux : grandes tartes aux fruits, dites croustades, madeleines volumineuses, brioches énormes en forme de couronne, dites tougassos, bistortos o! coucous.

                D'après la croyance populaire, lorsque Pâques tombe en mars, c'est un signe de grande mortalité humaine :

Per Pascos marescos,    Pâques (tombant) au mois de mars,

 

Cent toumbos -frescos.               Cent tombes fraîches.

 

Et s'il vient à pleuvoir ce jour-là, la récolte de seigle sera excellente :

 

Pascos banhados,

Seguelhs granados.

 

Pâques mouillées,

Seigles plantureux.

 

 

                Si le dimanche de Pâques est consacré à peu près exclusive ment aux pratiques religieuses, le  lendemain lundi est réservé à des réjouissances diverses. Il y a tout d'abord la traditionnelle omelette qu'on va préparer et déguster en plein air, si le temps le€ permet, parfois à plusieurs kilomètres de sa demeure, dans un lieu agréable. Des groupes de jeunes gens et de jeunes filles se forment et s'acheminent joyeusement vers le lieu choisi. A Bélesta, canton de Lavelanet, on se rend dans la vaste forêt de sapins, de réputation européenne ; à Montferrier et à Montségur on escalade la colossale pyramide rocheuse au sommet de Iaquelle la vieille forteresse de Montségur réserve de douces pelouses, mais aussi un panorama unique. On n'a pas manqué d'aller, quelques jours auparavant, à la recherche des morilles délicieuses et des tricholomes parfumés qui émergent déjà des mousses, car :

Per Pascos è per Pasquetos       A Pâques et Quasimodo

I a mèrlesè è mèrletos,                ,            Il ya des merles et des merlettes

 

E moussarous en renguetos,     Et des mousserons en petites rangées

 

                À Pamiers a lieu, le lundi de Pâques, une grande fête hippique qui semble rappeler d'anciennes cavalcades. A Foix se tient toujours une grande foire, dite ( du salén, mais elle n'a pas l'ampleur de naguère. Les paysans de tous les environs apportent leurs excédents de jambons, de saucissons, de lard salé, de vessies remplie de graisse, de saucisses, etc,., Avec I ‘argent provenant de la vente de ces produits, ils achètent toutes sortes d'objets, d'ustensiles, de vêtements, de graines, et ils s'en retournent la tête pleine des nouvelles de la cité. Certains d'entre eux délèguent des commissionnaires spéciaux pour ces transactions.

 

                Enfin, en ce lundi de Pâques s'organisent à peu près partout des distractions « à la moderne », notamment des compétitions sportives diverses, mais surtout des bals qui dureront toute l'après-midi et une grande partie de la nuit, et qui rappellent les grands bals traditionnels d'autrefois.

 

                Dans les fêtes de Pâques s'inscrivent aussi les croyances relatives aux fiançailles et au mariage : le dimanche pascal, les jeunes mariés qui sauteront ensemble un ruisseau seront assurés d'un bonheur parfait; danser sur une jonchée d'œufs sans en casser aucun sera également un très bon présage pour les fiancés.

 

                Le dimanche après Pâques, ou Quasimodo, se dénommait autre fois « Pâques Closes ». C'est notre dimanche de Pasquetos (Petites Pâques). Il était autrefois d'usage, pour les enfants, de recommencer la quête des œufs, mais non en qualité d'enfants de chœur. Ils partaient en bandes avec des paniers pour recueillir les œufs, mais aussi avec un ast, sorte de longue tige de fer dans laquelle ils enfilaient les morceaux de lard que les fermières leur donnaient voire parfois du jambon. Le lundi de Pasquetos il était d'usage de faire cuire des crêpes en plein air, sur l'herbe, et la jeune fille qui réussissait à retourner correctement trois crêpes consécutives, et sans les faire tomber à terre, était sûre de se marier dans l'année.

                Et les Pâques Closes achevaient ainsi le cycle printanier des fêtes pascales, auquel va succéder le cycle de mai.

 

image de couverture:

Cueillette des œufs en alsace

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10212711q/f1.highres

 

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