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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #Hommes
Jean Poncy avec ses confrères  à Cuvry Moselle

Jean Poncy avec ses confrères à Cuvry Moselle

L’Homme

 

Mémorendum reçu par la famille et rédigé par ses confrères. Il vous dira mieux que moi qui était M  Jean Poncy . 

In Mémoriam 

Monsieur Jean Poncy

(1910 _1965)

JEAN PONCY est né Le 24 février 1910, à Vèbre, canton de Les Cabanes (Ariège). 0rdonné prêtre à Pamiers, le 2J décembre 1933, II choisit comme idéal I ‘apostolat en pays de mission, plutôt que le ministère paroissial en France. Sa générosité juvénile le porte  à aspirer à une tâche plus onéreuse peut-être, comportant un détachement plus complet de sa patrie, de sa famille et une adaptation totale à un monde tout différent. Avec l’assentiment, gracieusement accordé, de son Evêque, il s’adresse aux Lazaristes pour entrer chez eux, s’ouvrant ainsi la porte des missions. Il commence le noviciat le 25 février 1934. M. CARTIER I ’y rejoint le 8 octobre  et il me semble bien avoir entendu M PONCY dire qu’il avait été  « I 'ange » de celui qui  plus tard  serait son supérieur à Chala. Le T.H.P. SOUVAY le destine à la Chine du Nord, dont MP. DESRUMAÛX. est le Visiteur; iI s’embarque le 21 avril 1935 et arrive à Shanghai le 21 mai, et à Péking  à la fin de ce mois.

 

MONSIEUR P0NCY fut orienté autrement : M DESRUMAUX l’ envoya au Grand Séminaire Régional de  Chala. Et c’est dommage, - à en croire M. CARTIER, qui m’écrit de Dalat, au milieu de la tourmente du Vietnam :

 

«  Juin 1935. A Chala pour étudier le chinois. le P. LY  Augustin lui servait de professeur à temps perdu et un  employé, "Iao Souen", dont i] se fit un ami dévoué' de  répétiteur. La méthode était défectueuse et le pauvre  Père en tira un complexe qui fut un handicap à son apostolat : il n’osait pas s’engager à discuter ni à prêcher  en chinois. Il alla plus tard (en 1940) à  l'école des Franciscains, mais c'était peut-être trop tard..  Le Supérieur de Chala était alors. (et jusqu’en août 1946) le  P. FERREUX, qui l’estimait et l’aimait bien pour son sérieux dans I ‘enseignement et sa cordialité joyeuse dans  la vie de communauté : d'où ses divers retours à Chala, qu’il accepta toujours sans difficulté. »

 

          FEVRIER 1936. Appelé à la Procure de Tienstsin pour remplacer le P. PACHIER qui., lui, va se dévouer à la Procure Générale de Paris. C’est là que M PONCY émet  les Vœux. Peu après, en 1937, à I ‘arrivée du  P PAKORN qui remplacera un moment le P. PACHIER à la Procure.

CI est placé à Chala pour y enseigner la Philosophie suivant le manuel de Reinstadler.

            Avec sa souplesse habituelle, il s’éxécute aussitôt et travaille à la formation intellectuelle en même ‘temps que spirituelle des séminaristes indigènes. Ils sont séculiers. Ceux qui veulent devenir Lazaristes vont, à un moment donné, au noviciat de Kia—Shing, dans le Sud.

 

              Comme la terminologie technique de la Philosophie scolastique n’était pas encore mise au point à cette époque — ( plus tard, N. CARTIER qui, dès son arrivée en Chine, a pu profiter de l’école des Franciscains, enseignera la philo en chinois ) —M. PONCY donnait ses cours en latin, langue qu’il parlait avec une facilité remarquable et que les séminaristes comprenaient parfaitement . Tel de mes élèves de Cheng Ting écrivait le latin. — sans exagération — avec de belles, périodes cicéroniennes.

 


          M.. PONCY .a toujours été un professeur consciencieux, clair  et méthodique. Ceux qui  seraient experts, en graphologie n’auraient qu’à analyser son écriture pour vérifier l’exactitude de ces épithètes... Il était en même temps un prêtre. régulier, fidèle aux exercices spirituels, oraison du matin, examens particuliers, récitation en commun de Matines et Laudes avant le souper. Je l’ai constaté quand j’ai vécu à côté de lui à Chala de 1948 à 1951. De cette régularité il ne s’est jamais départi jusqu’à sa mort. Il aimait les cérémonies liturgiques et prêtait volontiers le concours de sa voix quand la chorale à quatre voix égales avait besoin d’être renforcée par un bon ténor.Il avait une voix agréable et sûre.

 

            JUILLET 1938. M. PONCY est placé comme vicaire dans le district du P. RENBRY à Te K’eou Toun. C’est sans doute pour se perfectionner dans la langue et se familiariser avec la vie du  missionnaire. C’est le ministère en brousse.

                Mais l’époque est très troublée : début de la guerre sino—japonaise. Il faut beaucoup de doigté. Les missionnaires sont l’unique soutien de leurs chrétiens et, dans les moments les plus cruciaux, les païens eux—mêmes se réfugient dans les résidences centrales de la mission pour se protéger eux, leur femme et leurs enfants, contre les envahisseurs japonais ou contre les troupes débandées des Chinois.

 

                Ici je cite à nouveau M. CARTIER:

«  Il. (M.PONCY) revient au Pét’ang en octobre 1939 pour, suivre les cours de chinois à l’école des Franciscains ». C’est là que je le retrouve avec le P. GUNTH, HAHN, ,, STEENSTRA, DAMES, SCHLOOZ,PAKORN, quand j’arrive avec  MM. CASL et RADENAC. Toute une “pléiade” qui rajeunit la vieille garde du Pét’ang !

                «  Eté 1940. Après un an de cours ( le cycle normal était de deux pour le début avec un an de plus après séjour en mission, pour perfectionnement), il est nommé vicaire à Toen—tchoangtse, 120 ly à l’est de Péking, région de vieux chrétiens où règne le doux géant qui avait nom RAAYMAAKERS (le bon Père Raay). J’y passai de délicieuses fêtes de Noël 1940, lors de mes vacances de l’école de langue ». (le li valait 576 m en 1915 ,actuellment il vaut 500m)

                « Rentrée 1941. Rappel à Chala. Si mes souvenirs sont exacts, c’est pour remplacer M. BOUDET qui réclamait à  cors et à cris la “mission” ! M.PONCY accepte et revient tandis que M. BOUDET va chez le P. Raay. C’est pour la  philo, comme toujours : car autant qu’il m’en souvienne, il n’a jamais enseigné une autre matière: il était timide sur le sujet de l’enseignement et ne se sentait « calé »que sur cette matière qu’il avait piochée et dont il gardait précieusement les cahiers rédigés dans , un latin sans prétention, mais très clair.

 

“ Au départ pour WeiHsien des PP.MARIJNEN, OPHEIJ,  Van WAGENBERG, — internés par les Japonais —,il reste avec le P. FERREUX, le P. LY Augustin et moi, pour assurer la fin de l’année scolaire (mai _  juin). Comme je dois prendre l’Ecrituro Sainte, la Sociologie, le Droit  Canon et l’Histoire, il se charge de mon cours de Philo ( 2 année) en plus du sien. Entre temps, à la mort du  P. KLAMER, il était devenu économe de la maison, et aumonier—confesseur des Frères Maristes. »

( Leur maison provinciale était tout à côté du Séminaire Régional. Depuis leur installation définitive, les communistes ont tout balayé : notre séminaire, la maison des Frères Maristes et le célèbre  cimetière attenant où était enterré, entre autres, l’illustre P. RICCI.)

 

          RENTREE 1945 sans M. PONCY : Il est allé rejoindre de nouveau le P. REMBRY, son premier curé. Chez lui  toujours la même souplesse de caractère, reflet de sa souplesse physique, dont il était assez fier quand il parlait du 200 mètres de ses jeunes années.

 

                Pourquoi vicaire ? “ Parce que, — m’écrit M. CARTIER —, il n’ose pas prendre la responsabilité d’une paroisse, s’estimant handicapé par sa difficulté à parler chinois avec les gens. “

 

                L’armée japonaise a capitulé le 15 août 1945. C’est la période de la folie de la victoire, comme le souligne M.CARTIER, mais aussi celle des guérillas sans fin. La ville Armée de MAO TSE TUNG profite du désarroi dans le Nord, car les troupes de CHIANG KIAI .SHEK, refoulées jusqu’à h’ung K’ing par les japonais, ont du mal à regagner le Nord. Le chemin de fer Nord—Sud est continuellement dynamité par les Rouges, et le transport des soldats nationalistes avec leurs munitions en est entravé, sinon bloqué. En attendant, les Japonais — ô ironie du sort! — doivent, d’après une des stipulations de leur reddition, rester sur place pour assurer l’ordre (?) dans tout le Nord-, jusqu’à l’arrivée des nationalistes.

 

                Pour bien comprendre cette situation, il faut se rappeler que les Japonais, qui étaient allés de victoire on victoire pendant huit ans, n’avaient jamais pu occuper tout le territoire abandonné par les nationalistes mais dominaient seulement les points stratégiques du chemin de fer Nord—Sud. Pendant que l’armée de CHIANG NIAI SHEK reculait toujours, la VIIIC Armée ne manquait pas de se donner le beau rôle en harcelant à droite et à gauche les positions japonaises. Après la défaite des Japonais, NAO TSE TUNG comptait bien revendiquer pour lui seul le mérite de la victoire finale et, dès lors, c’est la lutte ouverte contre les nationalistes en des guérillas incessantes.

 

                A Cuvry, M.PONCY parlait encore quelquefois des horreurs auxquelles il avait assisté cette année—là. Les villages, réoccupés de jour par les nationalistes, étaient mis à feu et à cendres par les Rouges. Les habitants, chrétiens et païens, étaient enrôlés de force par ceux—ci et mis en joue pour la moindre hésitation à prêter leur aide, etc, etc.

 

                Heureusement, le prêtre européen pouvait parfois intercéder pour eux, car, après tout, tant qu’ils n’étaient pas au pouvoir, les Rouges tenaient à se faire une bonne réputation de “protecteurs” des étrangers, tout comme les Japonais avaient prétendu protéger des milliers d’internés américains, anglais, belges , hollandais et italiens.

 

“ I]. était très aimé des Frères. Et le dimanche après les Vêpres, il allait partager les épiques parties de “domino” avec eux, rentrant fidèlement lors de l’étude du soir, pour recevoir ses dirigés qu’il menait par la  raison et la foi plus que par le cœur. (Il se défiait  du sentimentalisme des chinois...Vous ne lui donnerez  pas tort!) Disons que les séminaristes qui le fréquentaient étaient justement les raisonnables, un peu cartésiens, plutôt que les sentimentaux. Les premiers acceptaient son enseignement consciencieux de la Philo, les seconds digéraient mal la pilule qu’ils trouvaient un  peu amère car, tout méridional qu’il fût, il ne riait pas en argumentant. “ .

 

 

            EN 1946 M. REMBRY est nommé supérieur du Pét’ang, et N.PONCY l’y suit. “ Il faisait un peu de neurasthénie “, m’écrit M. CARTIER. Quoi d’étonnant !

 

                AOUT 1946, le Cardinal T’IEN, devenu archevêque de Péking (juin), insiste pour que M.CARTIER soit nommé supérieur de Chala. Celui—ci en profite pour demander que M. PONCY revienne auprès de lui enseigner la Philo, « De ce geste, — écrit M. CARTIER —, il me fut profondément reconnaissant : ce  qui, avec notre vieille amitié, explique qu’il me soutint sans faiblir, à travers les difficultés qui ne manquèrent pas entre 1946 et 1951.” Oui, ces années sont les plus dures. En 1948, sur les instances de M. TICHIT, Visiteur depuis 1946, et, surtout, gagné par la sympathie engageante de W. CARTIER, je me joignis à eux comme professeur de Morale et de Droit Canon.

 

               

 

           FIN 1948, les communistes se décident à marcher sur Péking. Les nationalistes se préparent à défendre la capitale, creusent des tranchées tout à côté du séminaire. Chala, à deux kilomètres de la ville, n’est plus sûr.  Alors, tout le séminaire, sous la sage conduite de son supérieur  le P. CARTIER, reçoit l’hospitalité des Pères de Scheut. Avec nos 70 grands séminaristes nous nous installons dans leur Procure. Les cours y continuent, même sous le bombardement qui, heureusement, est plutôt symbolique. Cette ancienne ville impériale, avec ses richesses artistiques et ses glorieux souvenirs historiques, on ne veut sa destruction ni d’un côté ni de l’autre.

             


           LE 1er février 1949, Péking capitule et les communistes y entrent après un siège d’un mois et demi. Aussitôt, N. CARTIËR réoccupe Chala pour prévenir l’installation des  communistes. En fait, ceux—ci sont débordés par la rapidité de leur victoire et ont, au début, énormément de mal à s’organiser dans cette immense ville: manque de personnel puisque la conquête n’est pas encore achevée. Au séminaire, qui avait été occupé par l’armée nationaliste, il fallait tout désinfecter : les soldats avaient même souillé les chambres des élèves, et bien des choses avaient été démolies.

 

                Dans la nouvelle situation angoissante, N.PONCY sut donner à ses confrères le réconfort de sa bonne humeur, de son aimable camaraderie, de sa prudence ; j’ai dit : prudence, car malgré la vivacité de son caractère bien méridional et malgré tous les agacements qu’il fallait subir de la part des nouveaux maîtres (en 1950, 70 soldats s’installèrent de force dans une des ailes de nos bâtiments ), il se dominait toujours pour ne rien compromettre. Boute—en—train., il contribua pour une grande part à rendre moins pénible la vie dans le séminaire dont on ne pouvait sortir qu’avec un permis spécial difficilement accordé. Il y avait bientôt une sentinelle à notre porte et il fallait exhiber le passeport fourni par eux, pour sortir comme pour rentrer.

 

                Les communistes surveillaient le séminaire nuit et jour, entraient dans les chambres de nos séminaristes, les pressaient d’accuser leurs professeurs d’espionnage, de capitalisme. La moindre dénonciation aurait pu provoquer la prison. Nais les élèves ont toujours défendu leurs maîtres. Ceci n’empêchait pas que chacun s’endormait le soir sans être sûr de n’être pas sommé, au milieu de la nuit, de se lever, de faire à la hâte son petit paquet et de monter sur un camion qui attendait au dehors, pour destination inconnue et d’où l’on ne reviendrait pas. Ce procédé était courant à. Péking comme ailleurs.

 

                Et les cours continuaient quand môme. Il y avait à Chala des séminaristes de dix—huit vicariats, Lazaristes et autres, car beaucoup d’évêques avaient dû dissoudre leur grand séminaire. Certains, venus de très loin, avaient dû. traverser avec mille difficultés les lignes communistes pour parvenir jusqu’à Chala, et avaient fait le chemin à. pied, leurs bagages sur le dos. Non, ce n’était pas ceux—là qui allaient trahir leurs maîtres ! Ils avaient une trop haute estime de leur vocation et on payait bien cher le prix au risque d’être pris pour des conspirateurs contre le nouvel état des choses.

                Dans ces conditions les professeurs ne songeaient pas à lâcher. On tiendrait tant que l’on pourrait. Mais finalement, vers juillet 1951, M. TICHIT, Visiteur, se vit dans l’obligation de renoncer à maintenir en Chino les Lazaristes européens de sa Province. Une délégation de prêtres chinois lui exposa le cas de conscience devant lequel ils étaient placés :

“ Les communistes exigent à tout prix que nous accusions  les missionnaires étrangers : Il n’y a pas à louvoyer. Ou  bien nous vous accusons — et vous êtes expulsés, maltraités, peut—être mis à mort, et notre conscience en sera lourdement grevée ; ou bien, nous ne vous accusons pas, et  c’est pour nous les travaux forcés, la prison et peut—être l’exécution... Vous ne pouvez plus faire de bien dans  notre pauvre Chine. Vous ferez mieux de partir tous. Peut-être pourrons—nous sauver encore quelque chose de cette façon—là.”

 

                N. TICHIT réfléchit sérieusement au problème et prit en fin la décision de faire retourner en Europe ses confrères. Pour obtenir des communistes la permission de quitter leur pays, il fallait annoncer dans le « Jen Ni, Je Pao »  ( quotidien du peuple) ce départ projeté, pour que le peuple, devenu souverain, puisse à temps dénoncer nos vols et autres méfaits !!

 

                M. PONCY, comme nous, se soumet à toutes ces formalités: elles sont longues et vexatoires. M. TICHIT décide de partir le dernier, mais il sera mis en prison, comme plusieurs autres confrères. A la demande de M. CARTIER, pour couper court aux manœuvres qui se préparaient contre une direction “impérialiste”, le P. LY Augustin avait été installé recteur par le P. TICHIT, dès le 17 mars 1951. C’est un exemple entre mille de l’habileté du P. CARTIER à parer les coups qui visaient à détruire la plus importante de nos œuvres. Le bon P. LY vraiment n’avait pas désiré cet honneur, disons plutôt cette charge, pour laquelle il savait qu’il n’était pas de taille. Il n’accepta qu’à la condition que M. CARTIER continue à être l’âme et l’Ange Gardien du séminaire. Celui—ci se sacrifia jusqu’in extremis car il réussit à rester jusqu’au 20 septembre 1952, partant quinze mois après ses confrères.

 

 

            QUANT à nous, nous n’obtenons pas tous ensemble notre exeat. Nous partons par groupes. Dans le nôtre, celui de M. PONCY, se trouve aussi le Frère VAN den BRAND, qui a été pendant de longues années le pilier de l’imprimerie du Pét’ang. Il est presque paralysé. M. TICHIT, connaissant le dévouement du P. PONCY, lui confie ce bon Frère qu’il faut littéralement porter.

                De Péking à Tientsin, voyage par train. De Tientsin à Hong Kong, par bateau.

 

                . Après ces années de tension, nos nerfs sont à bout. Ce n’est qu’à Hong Kong que nous respirons librement, enfin ! Mais sur le bateau il y a encore des agents secrets chargés d’épier nos conversations. Peu auparavant un Anglais s’était laissé aller à manifester trop tôt son soulagement : on avait fait stopper le bateau en pleine mer et ce monsieur avait été ramené dans un port chinois pour être jugé.

           LE 19 JUILLET, nous arrivons chez M.NOULIS, à la Procure do Hong Kong. Il nous reçoit à bras ouverts. Le soir, dîné de fête. C’est la Saint Vincent. Nous restons là quelques jours pour trouver un moyen de transport. Pas de bateau avant des semaines. Après plusieurs démarches infructueuses, M. MOULIS réussit à affréter un avion pakistanais, allant de Hong Köng à Londres.

 

                Sérieuse émotion avant Bombay : une des deux hélices se casse; le pilote réussit à atterrir. Nous repartons vingt—quatre heures après.

                M. PONCY s’arrête à Rome, où il reste quelques jours avant d’aller revoir sa famille en France.

 

                Fin 1951, il est placé à Madrid, Eglise Saint—Louis—des Français, chez M. AZEMAR. –

 


             DE 1953 à 1965, à CUVRY . Douze ans de professorat. Comparé aux années de Chine, vie tranquille et régulière. Il enseigne le Latin, la Religion et l’Histoire. Professeur Consciencieux, il prépare ses classes la plume à la main. Ses explications sont claires. Il est aimé de ses élèves : à preuve les beaux cadeaux qu’ils lui font chaque année à la Saint—Jean, à preuve surtout cette assistance très nombreuse à ses obsèques ; seuls, ceux qui étaient à la Colo étaient absents.

 

                Il est bien plus aimé encore de ses confrères auxquels il a donné l’exemple d’un bon Lazariste. Très fidèle aux exercices en commun ; assidu à l’oraison du matin, à l’examen particulier; toujours prêt à rendre service : quand on a besoin d’un diacre, d’un sous—diacre, on est sûr qu’il ne fera pas de difficulté. Il a une abondante collection de livres de-lecture, qu’il complète chaque année, et il se fait un plaisir de les prêter. Il aime jouer; mais, là, il joue sérieusement et il ne faut pas que son partenaire soit distrait. Il sait animer la conversation. Il est passionné pour la télé, la radio, les sports. Il donne un coup de main aux Curés des environs pour les fêtes. Quand, tous le deux ans, il se rend au pays natal, il y travaille aux champs. Cette année, il m’a encore écrit qu’il est allé dans

quatre ou cinq paroisses pour aider les Curés du voisinage

.

 
              L
E MARDI 7 SEPTEMBRE
, il rentre à Cuvry pour la retraite. Dès le 8, en la Nativité de la Vierge, il se rend à Novéant pour transmettre des nouvelles à une famille de l’Ariège. Au premier croisement son auto est heurtée par la voiture d’un jeune conducteur, qui n’en est pas à son premier accident quoique n’ayant son permis de conduire que depuis quelques mois. M. PONCY est projeté à quelque douze mètres de là par la portière disloquée.

                Accueilli à l’hôpital Bon—Secours de Metz, il y reçoit les soins les plus dévoués, est mis sous la tente à oxygène.. La radio a révélé 9 fractures et 6 contusions.

 

                Nous vivons entre la crainte et l’espoir... Le samedi, quatrième jour, la Sœur s’inquiète. Coup de téléphone : « M. PONCY va plus mal; il est bon de lui donner les derniers sacrements. »  Nous sommes en retraite. M. JOB, assistant, en l’absence momentanés de M. le Supérieur, se rend à l’hôpital avec N. A— GENTlE, N. PICHON, M. LECHNER. Celui—ci confesse M. PONCY et lui donne les Saintes Huiles.

 

                Le dimanche, cinquième jour : de nouveau quelque espoir: M. PONCY est toujours lucide, et souffre avec une patience angélique, qui touche beaucoup les Sœurs.

 

                Le lundi, sixième jour : complication, urémie... Vers trois heures de l’après—midi, nouveau coup de téléphone ; “ Embolie générale... M. PONCY se meurt... Apportez une soutane pour le ramener à Cuvry. “... Quand M. PECK arrive, notre cher Père a déjà rendu sa belle âme au bon Dieu.

 

                Nous l’avons veillé en récitant l’office de l’Exaltation de la Sainte—Croix et des Sept—Douleurs de la Vierge.

            LES OBSEQUES eurent lieu le jeudi 16 septembre. La Messe de Requiem fut concélébrée par le P. FASQUEREAU, Visiteur de Paris, les PP. NAGENTIE, MARIN, JENNAT et CELLIER. Les deux frères du défunt, son neveu, une foule nombreuse de prêtres, de religieuses, d’élèves actuels et anciens, d’amis et de connaissances participa à la cérémonie. Monsieur le Visiteur de Paris prononça une très émouvante homélie. .

 

           J’AIME à relever ici les TEMOIGNAGES de sympathie et d’estime, reçus de confrères et autres personnes, qui ont connu N. PONCY. .

 

“ C’est un ami que je regrette l’ayant jadis connu en Chine...

“ Bons exemples de bonne et franche camaraderie...» ( N. CENT, de la Maison_Mère). .

“ Dans mes rapports éventuels avec lui j’ai constaté que c’était

“ un confrère charmant, un ami fidèle, un caractère ouvert, généreux, plutôt impulsif, boute—entrain, de relations très agréables “. ( N. VERHAEREN, de la Maison—Mère)

“ J’ai toujours vu en lui un bon prêtre, aimable, même gai, dévoué, sérieux dans son travail. “ ( N. TREMORIN, de la Maison— Mère. .

“ J’ai communiqué tout de suite la triste nouvelle à Formose, et je suis sûr de pouvoir représenter tous mes camarades, anciens élèves de notre cher Père PONCY, à exprimer nos condoléances et à offrir nos prières spéciales : c’est au fond un devoir de reconnaissance et d’amitié.” (M. LY Joseph (Milan), prêtre séculier, ancien élève ) .

“ Ce bon confrère fut toujours un confrère charmant lorsque nous  étions. .ensemble à Péking.  (MM.BOSC et LABAT, de Vichy)

 Je vous exprime ma sympathie, combien profonde, à vous et aux  prêtres du séminaire à. l’occasion du deuil qui vous frappe. C’est, en effet, une perte irréparable... Je prie... N.PONCY et moi nous étions amis depuis.de longues années, quoique frustrés  du bonheur de nous rencontrer au gré de nos désirs .“ (N. CHAO Paul ( Cambridge), prêtre séculier, ancien élève)

‘Il était un ami parfait: fidèle et sincère, ignorant jusqu’à l “ ombre de l’égoïsme  ou de la jalousie, d’une discrétion absolue  sur les confidences qu’on lui faisait, d’une délicatesse vraie, bien que sans ostentation, pour faire plaisir ou consoler quand. il était besoin... Je viens de perdre en lui mon meilleur ami!.., Mais comme j’étais habitué, depuis treize ans, à vivre avec lui  dans le souvenir et la prière, notre union d’amitié ne me semble pas rompue par sa mort : elle me paraît.au contraire plus , intime, et plus forte en Dieu.” (N. CARTIER, de Dalat )

 

M. DESRUMAUX m’a dit un jour : “ On s’attache à l’endroit où on a souffert.” N’est—ce pas pour cela que M. PONCY a tant aimé la Chine? Il s’enflammait quand on traitait des problèmes chinois. Il aimait visiter à Paris les anciens missionnaires de Chine, et sur sa porte il a maintenu toujours sa carte de visite en caractères chinois : POMO SI YOUNG, qui signifie: Tes nombreux enfants spirituels te donnent la perpétuité.

 

                M. MAGENTIE, directeur du Préséminaire, enchaîne, et ce sera la conclusion :

     

 

 

     DANS le cœur d’un confrère se perpétue, en effet, le souvenir d’un compagnon in Quo non est  dolus, incapable de faire de la peine; avec  cela vif, disant volontiers ses opinions, avec fracas à l’occasion, et cependant prudent jusqu’au point de ne rien tenter qui  puisse gêner les autres, souple, se soumettant à de multiples  placements nécessités par les circonstances.

 

 

 

 

 

 

 

 Son secret semble avoir été son esprit de foi. Dieu; l’Eglise  et son propre sacerdoce ne faisaient pas problème. On lui prêterait volontiers la devise : SCIO CUl CREDIDI ! “

Henri ALERS. 

 

 Et l'église en Chine aujourd'hui

La révolution culturelle n'a pas fait disparaitre les religions en Chine.

"Le catholicisme en Chine1 a une histoire relativement récente, qui se développe réellement à partir des premières missions jésuites au XVIe siècle. Aujourd'hui le catholicisme chinois est complexe dans la mesure où le gouvernement chinois interdit, depuis l’avènement de la République populaire de Chine, toute ingérence étrangère dans le fonctionnement des Églises2. Ceci conduit à une dissension entre les catholiques dits « patriotiques » affiliés à l'Église patriotique de Chine qui ne reconnaît pas l'autorité du Saint-Siège, et les « clandestins » fidèles au Saint-Siège. Les estimations du nombre de catholiques sont très variables. Selon l'Agence d'information des missions étrangères de Paris, il y avait en 2010, 5 710 000 catholiques3 en République populaire de Chine. D'autres sources estiment qu'il y aurait entre 12 et 14 millions de Chinois catholiques."

 

lire la suite sur :

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_catholique_en_Chine

voir aussi

http://www.lavie.fr/dossiers/catholicisme-chine/

http://www.eglise.catholique.fr/vatican/les-ecrits-du-pape-benoit-xvi/371982-lettre-de-benoit-xvi-a-leglise-catholique-en-chine/

http://mission.mepasie.org/rubriques/haut/video/leglise-catholique-en-chine/video_view

 

L'annonce de son accident a mis tout le village de  Vèbre en émoi. Nous nous attendions au pire.  Le jour de sa mort  mon oncle d'Appy s'apprétait à partir à la chasse avec ses chiens, des braques allemands, quand soudain ils se sont mis à hurler à la mor,t sans pouvoir les arrêter.

Il a compris que quelque chose s'était passé il est donc descendu à Vèbre où il a appris l'accident et le décés de mon oncle.

 

 

 

 

Scio cui credidi,
et certus sum
quia potens est depositum meum
servare in illum diem.
 
Je sais en qui j'ai mis ma foi
et j'ai la conviction qu'il est capable
de garder mon dépôt jusqu'à ce jour.
 
Jean-Michel
 

 

Vebre 09_ un missionnaire Lazariste en chine II

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a2line 06/05/2016 23:36

Très intéressant, Merciiii! Si tu pouvais me débusquer autant d'infos sur mon papi avant et pendant la guerre, ce serait trop cool!