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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #histoire Ariège
Canton des Cabannes statistiques agricoles 1853 V

 Les FORËTS

      Le bois  ne peut pas se dissocier de la vie des hommes. Des premiers feux, qui permirent de cuire les aliments de se chauffer, de fondre le métaux, aux refuges fournis par la forêt, au bois d’œuvres, au papie ret aux maisons à énergie positives le bois est intimement lié à la vie des hommes.

      Le bois fait donc partie des statistiques agricoles ci dessous mais  les pins et sapins  ne sont pas pointés dans ce registre . Dans les statistiques  générales du canton des Cabannes de 1852  (M118 aux archives de l’Ariège) la surface des forêts de résineux n’est pas donnée, mais nous avons le revenu :

Communes : 250f

 particuliers 300f

total 550F

 Bois mélangés

 particuliers 200f

       La plus grosse partie des bois, exploités dans les montagnes qui appartenaient aux maitres de forges, était transformée en charbon pour les forges catalanes nombreuses dans le département.

Données statistiques

 

 

Cabannes

Pech

C Verdun

aston

larcat

larnat

FORÊTS

           
produit total en  bois de ,en stère        
Chêne 0 0 40 4302 0 0
hêtre 450 177 80 150 402 400
pins et sapins 0 0 0 0 0 0
autres 150 49 15 100 132 0
TOTAL 60 236 135 4552 534 400
en fagots milliers 10,098 3,894 5 14 8,844 20
en écorce de chêne pour tan bottes 0   0 0 0 0
prix stère de bois d'œuvre 30,9 30 30 30 30 30
de bois de chauffage 5 5 12 11,5 5 8
prix du millier de fagots 100 100 100 100 50 50
prix de la botte d'écorce de chêne 0 0 0 0 0 0
             
Muriers et cocons néants          

 

 

bouan

sinsat

aulos

verdun

st Conac

caychax

FORÊTS

           
produit total en  bois de ,en stère        
Chêne 0 0 0 10 0 0
hêtre 60 50 30 430 120 150
pins et sapins 0 0 0 0 0 0
autres 10 8 10 100 10 200
TOTAL 70 52 40 540 130 350
en fagots milliers 2 3 1 20 4 2
en écorce de chêne pour tan bottes 0 0 0 0 0 0
prix stère de bois d'œuvre 30 30 25 32 25 25
de bois de chauffage 14 12 8 12 8 7
prix du millier de fagots 50 100 60 100 50 40
prix de la botte d'écorce de chêne 0 0 0 0 0 0
             
Muriers et cocons néants          

 

 

Appy

axiat

lordat

vernaux

bestiac

caussou

FORÊTS

           
produit total en  bois de ,en stère        
Chêne 0 0 0 0   0
hêtre 150 250 95 136 198 1221
pins et sapins 0 0 0 0 0 0
autres 200 250 20 40 0 0
TOTAL 350 500 115 176 198 1221
en fagots milliers 1 1 1,5 1 1,98 4
en écorce de chêne pour tan bottes 0 0 0 0 0 0
prix stère de bois d'œuvre 20 20 20 20 20 15
de bois de chauffage 6 9 8 5 10 2,5
prix du millier de fagots 50 50 50 50 50 30
prix de la botte d'écorce de chêne 0 0 0 0 0 0
             
Muriers et cocons néants          

 

 

unac

luzenac

garanou

FORÊTS

 

   
produit total en  bois de ,en stère  
Chêne 0 438 8
hêtre 374 436 100
pins et sapins 0 0 0
autres 10 443 0
TOTAL 584 1317 108
en fagots milliers 1 2 1
en écorce de chêne pour tan bottes 0 0 0
prix stère de bois d'œuvre 18 15 15
de bois de chauffage   3
prix du millier de fagots 30 50 25
prix de la botte d'écorce de chêne 0 0 0
       
Muriers et cocons néants    

 

 

 

lassur

urs 

vebre

albies

C total canton

FORÊTS

         
produit total en  bois de ,en stère      
Chêne 0 42 0 20 4860
hêtre 200 84 170 280 6193
pins et sapins 0 0 0 0 0
autres 0 42 100 0 1899
TOTAL 200 168 270 300 12952
en fagots milliers 1 2,272 5 20 136,584
en écorce de chêne pour tan bottes 0 0 0 0 0
prix stère de bois d'œuvre 25 30 25 30 24,8
de bois de chauffage 3 5 16 8 7,56
prix du millier de fagots 50 60 80 100 65
prix de la botte d'écorce de chêne 0 0 0 0 0
           
Muriers et cocons néants        

  Ancienne parcelle agricole boisée

 

Dans le registre des statistiques de 1852  du canton des Cabannes il est noté en observations que les feuillus dans les villages étaient dispersés en bordure des champs et isolés et ne pouvaient pas être considérés comme des plantations homogènes.

On gardait quelques beaux arbres pour confectionner des meubles, et pouravoir des fruits,  châtaignes  noix et pour faire la rame, freines cerisiers sauvages, pour les bêtes . Les vaches qui sont friandes des feuilles sèches la consommaient en premier, puis les lapins rongeaient l’écorce et le reste servait à allumer le feu et le conduire pour la cuisson des aliments, tout un savoir-faire.

                Pour le chauffage le bois provenait donc de la montagne, des débèze. Ce terme désigne les bois situés entre les labourieux, terrains cultivés propriétés des villageois et des forains dans l’ancien régime, et la haute montagne propriété des seigneurs puis des communes ou de l’état. C’est dans cette zone intermédiaire, proche du village où était coupé le bois de chauffage, hêtre et noisetier. Ce droit coutumier  remonte à la nuit des temps et fut codifié lors de l’inféodation de Lordat aux comtes de Foix au XIII° s  Mon père et d’autres habitants de Vèbre allait encore y couper leur bois de chauffage jusqu’en 1950  environ ; après cette date ils en avaient assez avec les arbres du bord de l’Ariège ,peuplier freine élevé et aulne  , et celui des terres abandonnées, châtaigner freine et autre bois blanc. 

Dans le canton des Cabannes deux domaines occupaient toute la haute montagne.

Les terres des Seigneurs de Gudanes qui qui après la révolution ont appartenus à divers propriétaires et à la famille Baudon de Mony ,la derniere. Elles furent vendues dans la deuxième moitié du XX° s à Aston et Château –Verdun. Voir les  4 livres sur la seigneurie de Château –Verdun et d’Aston par Charles Garrigues aux éditions Lacour –Redivia.

Les terres de la famille de Lordat occupaient tout le reste de la haute montagne du canton, de Vébre à Luzenac _Unac et de Senconac au Col de Marmare. Ce domaine fut vendu en 1833. Des maitres de forges et des particuliers rachetèrent les parts situées sur les communes. 

 

Les habitants de Vèbre Urs Lassur achetèrent les terres où ils allaient pacager et couper le bois (leur montagne au sens pastoral) en 1847 pour être maîtres chez eux car les procès étaient incessants et les différents propriétaires leur interdisaient même de couper le bois de chauffage . Les descendants habitant ces villages, résidence principale ou secondaire, en  sont toujours propriétaires.      Les autres communes finirent par devenir propriétaire des terres cadastrées sur leur commune mais avec plusieurs procès sauf pour une où tout se passa en douceur.

                Partout le bois faisait  défaut des habitants ont été condamnés pour avoir déterré, en fraude, des racines d’arbres (archives du tribunal correctionnel).

                Les limites des  bois de réserve pour le chauffage et pour  le bois d’œuvre étaient bien définies, et on ne devait pas s’en servir pour le charbon. Le conseil déterminait chaque année le lieu de coupe  et s’assurait que chaque foyer aurait assez de bois, les gens des propriétaires indivis pour Vèbre Urs et Lassur après 1890.

                En 1888 la coupe de bois pour l’hiver 1888-1889 fut votée lors du conseil du15 octobre c’est-à-dire déjà tard. Si les gens n’avaient pas de bois d’avance ils se chauffaient avec du bois vert, bonjour la fumée.

 Deux délibérations du conseil montrant l’état des choses en 1846, avant l’achat des montagnes ,34000f payable en charbon

8 novembre 1846                            Dévastation des bois d’affouage par le propriétaire

                Le maire rappelle que les quartiers de l’Ayrolle Gérissou et du Sillol ont toujours été des bois réservés au chauffage des habitants de Vèbre et cela depuis plus d’un siècle [ vers 168o] sans aucuns problèmes. Le propriétaire actuel partant du fait qu’il est le propriétaire de ces  montagnes à interdit que les habitants y pénètrent et coupent du bois. IL a charbonné le quartier de Sarremijanne ce qui a contribué à dévaster le quartier du Sillol. Il faut maintenant lui demander l’autorisation de faire des coupes de bois de chauffage, la neige commence à arriver et les coupes ne sont pas commencées.Le maire  en relation avec ceux de Urs et Lassur demanderont à Mr Esquirol quels sont les quartiers où pourront s’exercer les coupes de bois pour cette année, si ce monsieur refuse Monsieur le maire est autorisé à se pourvoir devant les tribunaux pour défendre nos droits.

Vers 1836 un garde forestier avait été tué par Soula jean à Vèbre, il fut gracié vers 1850 après être allé au bagne   

8 novembre 1846                            Procès-verbaux dressés par Esquirol

                Pendant la saison 1846 de nombreux procès-verbaux ont été dressés par les gardes de Monsieur Esquirol contre le vacher ou contre des particuliers dont les bêtes avaient été saisies par ces mêmes gardes. Le montant total de ses amendes est considérable. Monsieur le maire avec ses collègues d’Urs et de Lassur est autorisé à rencontrer Mr Esquirol pour transiger et faire enlever les amendes. Les frais de ces amendes seront répartis sur l’ensemble des propriétaires au prorata du nombre de bêtes qu’ils possèdent.

Les procès forestier à l’époque était la vache à lait du département, et aussi des particuliers, comme les excès de vitesse de nos jours. Les amendes de ce genre étaient généralement inférieures à 5 francs  mais elles étaient nombreuses. Elles représentaient le salaire de  plusieurs jours de travail pour un simple ouvrier.

 

du blog 

http://www.france-trait.fr/userfiles/5/Image/146.jpg

 

De nos Jours

 

                Sur Vèbre et il en est de même sur les autres communes seules quelques parcelles des flancs de montagne à l’ubac sont fauchées et pacagées, partout ailleurs les bois occupent le terrain mais la plus part des propriétaires ne savent même pas où se trouvent leurs parcelles et encore moins les essences qui y poussent.  Sur Vèbre le terrain des métairies à la forme générale d’un triangle. Les terrains situés à l’ouest sur sol schisteux de mauvaise qualité ont été abandonnés vraisemblablement après la 1° guerre mondiale ; ils portent actuellement de belles forêts de châtaigniers au sous-bois assez bien dégagé. Elles sont entrecoupées de zones où les robiniers se sont développés et donc au sous-bois beaucoup plus broussailleux.

Les zones du côté Est  ont été abandonnées à partir des années 50  et les fougères colonisèrent ces sols. De nos jours elles laissent place à un bois de feuillus plus diversifié, les bouleaux arrivent en premier dans les fougères puis tous les autres arbres et arbustes. On y trouve des frênes, des châtaigniers   de très beaux chênes sur certaines parcelles et des acacias  sur les fortes pentes et  rochers.  Sur la jasse abandonnée du Fillol 1200m les fougères bien présentes avec les ronces laissent progressivement la place aux noisetiers, bouleaux et aux hêtres.

Les sapins descendent lentement mais sont présents. Ils forment quelques petites sapinières jeunes mais bien portantes aux alentours de 1000m. Il faudra encore du temps pour qu’ils réoccupent le terrain qui devait être le leur sur la forêt primitive qui n’existe pratiquement  plus du fait de l’exploitation de ces bois depuis le moyen âge pour faire du charbon.

Les anciens chemins étaient tracés sur les côtés de ce triangle et de ces deux chemins partaient des chemins secondaires pour desservir les terrains cultivés jusqu’à 100m et plus. Ils étaient conçus pour le passage des animaux des humains et surtout pour débarder les arbres qui étaient tirés sur la pente prononcée par des bêtes de somme. Le bois de chauffage était tiré sur le chemin actuel après son érection en 1865 -1870. Les troncs s’empilaient en bas de la montagne au castanié et était scié  ensuite au passe partout. J’ ai connu cela enfant.

 Antoine Maury s’occupait du débardage de bois à l’aide d’une paire de bœufs. Sur Vèbre.Il allait aussi louer ses services fort loin.  il procédait ainsi. Le bois déjà coupé par lui ou par des bucherons pour le compte des scieries environnantes était tiré jusque vers 800m en bordure d’une forte pente, en face la garage actuel de La Remise, puis il attendait la neige et les gelées. Une fois le froid bien établi il poussait les troncs dans la pente et ils glissaient tous seuls en sifflant fortement jusque  à la  plaine de la remise  environ 575m où les camions venaient les récupérer.

Hêtres et noisetiers  à 1050m. Parcelle communale incluse dans un bois privé. 

 

 

        De nos jours le problème qui se pose est le fort morcèlement de ces bois et l’absence de piste accessible aux tracteurs. En 1993 la scierie du salat, dans le saint gironnais est venu exploiter les châtaigniers et autres  bois  ils ont fait des pistes pour les tracteurs  Elles sont toujours là mais sur terrains privés  et ce jusqu’à  880  m environ. Au- dessus où se trouve de plus beaux arbres, hêtres et bouleaux et quelques sapins il n’y a aucune piste et en tracer n’est pas une petite affaire vu la pente du sol et les autorisations qu’il faut obtenir des propriétaires. Il y en a toujours  quelques-uns qui refuseront le passage croyant ainsi mieux exister par l’opposition

        Les gros forestiers et les papetiers veulent charger directement les 30 tonnes au pied des forêts chose à peu près impossible chez nous et  sur ces terrains Il resterait donc à envisager une exploitation plus traditionnelle  avec un débardage par chenillette ou traction animale. Elle semble revenir en force dans le Massif Central, les Vosges , le Jura les Ardennes et l’ARIEGE. Voir lien vidéo infra  

Trouver une solution pour ces exploitations de terrains particuliers et de la haute montagne revient à résoudre la quadrature d’un cercle à « six  angles» :

_ l’administration avec l’obligation de plan de gestion pour les forêts de protection ;

_les particuliers qui s’opposent au passage

 _Des difficultés du terrain et le cout des travaux

_les autorités locales qui veulent avoir leur mot à dire et qui entravent les bonnes volontés

 _les chasseurs puissants en Ariège

_ les maires des communes concernées qui tiennent à la tranquillité des administrés

 Et il doit y avoir encore des règlements sur la protection de l’environnement et autres.

 

        Nos ancêtre avaient défrichés et entretenu ces terres de montagne pour pouvoir manger et pour que les enfants puissent y  vire et si possible mieux qu’eux. Nous ne reviendrons pas en arrière, le progrès est acquis,

        Il nous faut donc penser à une exploitation rationnelle de tous ces bois ce qui devrait profiter aux communes, elles ont des bois, 20 hectares pour Vèbre, aux particuliers, et aux propriétaires des domaines sylvopastoraux. La nouvelle loi sur les montagnes qui devrait permettre une bonne exploitation de tous ces  petits bois privés est attendue avec impatience à l’heure ou la filière bois se développe un peu partout.  

A voir aussi:

Vidéo  du Groupement Forestier du Pays d’Enhaut. C’est en suisse  à l’Est du lac Léman  1h 45 de Genève et 1h de Lausanne. 

J’ai retrouvé en regardant ces deux vidéo , en Ariège suivi du débardage au  Pays d’en Haut et autres vidéos, les souvenirs d’enfance . Ces deux vidéos valent tous les écrits et remarquez comment les chevaux effectuent les manœuvres quasiment tous seuls.  

ref video:

https://www.youtube.com/watch?v=ADuVPwuha6E#t=142.411155

autre vidéo  Ariége

https://www.youtube.com/watch?v=_pjEkVeNYdI

et débardage en montagne

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=F1cLCd0cgN4

 

A suivre les chemins.

 

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