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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #plantes
Marseille _Aperçu du  Jardin Botanique en 1850

 50 Ans d’existence

Après avoir évoqué la création du jardin botanique dans ce blogue je me suis replongé voilà un an sur les plantes du jardin Zoologique qui feront l’objet d’un prochain article.

Concernant le jardin botanique de 700 plantes environ trouvées précédemment je suis passé à 920 et il me reste les années 1820 à 840 à consulter aux archives (série T, avec le musée). Je publierai cette nouvelle liste, avec la correction des appellations actuelles des noms des plantes de celles déjà publiées, un peu plus tard.

Plusieurs textes et quelques livres parlent du jardin Zoologique et du jardin botanique de Marseille, tous évoquent les plantes rares qui s’y trouvaient, mais rien concernant la liste des plantes cultivées ; Il y avait pourtant plus de 4000 plantes au jardin botanique et un catalogue édité.

Les textes de la revue Marseille disent que les arbres du jardin botanique furent transplantés au jardin Zoologique, mais aucune liste, et que la plus part des plantes furent sauvées mais où elles sont allées ? Dans son rapport pour la création du jardin d’essai à Borely Le Dr Heckel note ce sauvetage mais sans plus de précision. Les archives du service des plantations ayant été détruites pendant la guerre nous le saurons probablement jamais la liste des plantes transplantées et par là celles qui ont pu nous parvenir en ligne directe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Année 1850 liste des plantes

 

Les articles ci-dessous ont été publiés dans la Revue horticole des Bouches du Rhône. A l’époque Marseille, qui occupait la partie historique, commençait à s’agrandir et à se développer. Quand Gouffé (directeur du jardin botanique) allait avec le maire de Marseille passer une journée à St Joseph et ramener des plantes au retour ils allaient à la campagne. Les projets d’implantation du jardin botanique et du champ de manœuvre militaire à Menpenti , deux projets, et à St Joseph nous fournissent les plans de ces banlieues (1862) et montrent surtout entre St Joseph et les Crottes de splendides propriétés avec une grande allée centrale des allées latérales qui limitaient des terrains de culture parfaitement géométriques. Les cultures florales et maraichères étaient importantes à cette époque où tous les riches propriétaires avaient leurs bastides; les revues horticoles de l’époque en font état. Ces propriétés fournissaient en fruits, légumes, fleurs, volailles, lait et œufs le maître des lieux, les marchés de la ville et les bateaux. La société d’horticulture des Bouches du Rhône comptait à l’époque dans les 600 membres. Des concours étaient organisés, les nouvelles plantes et nouvelles variétés de fleurs faisaient l’objet d’articles dans les revues spécialisées et bien sûr d’échanges de plants et de graines. En 1850 les Serres du Prado présentaient à la vente un nombre impressionnant de plantes de serres, d’orangerie et de pleine terre.

 

Les articles ci-dessous ont été publiés dans la Revue horticole des bouches du Rhône en 1850 soit 6 ans avant le début de l’agonie du jardin botanique.

Je publie les notes que j’ai prise dans cette  revue, je n’indique pas les détails de culture.

Le texte fournit le nom de l’époque mais pas celui de l’auteur, le pays d’origine mais pas toujours, parfois le botaniste qui a ramené la plante en Europe, la taille, les circonférences du feuillage et du tronc lorsqu’elles sont remarquable, je ne les ’ai pas reprises, et aussi les plantes en pot.

J’ai  trouvé le nom actuel, en gras, sur le site The Plant List il est sujet à discussion du fait que l’auteur le Dr Salze ne fournit aucun nom du botaniste qui a déposé le nom de la plante.

PLANTES D’ORANGERIE.

Plantées par M de Gouffé-Lacour ,1er directeur, en 1806 et 1807

ACACIA à EPINES D’IVOIRE, mimosa eburnea.= Acacia eburnea Inde ;20ans ; 3m40 haut ; en caisse. Un sujet en pleine terre à péri à-4°

 

ALOES DE BOURBON, Aloe purpurea ou marginata _ile Bourbon (Réunion); Collection particulière Mr de Gouffé ;pot ;25anss 1m50

 

ALOES MITRE, Aloe mitraeformis= Aloe perfoliata L.._ Cap ; en pot ;14ans ;2m75

ALOE NIGRICANS= Haworthia nigra (Haw.) Baker_ Cap ; pot ; Coll. Gouffé environ 40ans ;floraison annuelle ;H,0.2m ;multiplication par feuilles lentes difficiles.

ARAUCARIA ELEVE, Araucaria excelsa=Araucaria columnaris (G.Forst.) Hook . _Chilli ;pot ;6ans 7.50m

ASTRAPAEA MOLLIS n= Dombeya mollis ._ Inde ; floraison rare ;15ans 7.50m

BAMBOU, Bambos arundinacea=Bambusa bambos (L.) Voss ._ Inde amériqu ; 15an s ;

BOUGAINVILLE ECLATANT, Bougainvillea spectabilis._Brésil ;7ans ;2 sujets en pleine terre ont gelés à -2°

BRESILLET DES INDES, Caesalpinia sappan. _en pot ;fleurs insignifiantes ; graines fertiles ;36ans ;3m ;en pleine terre périt à -1°-2°

BUDLEIA DE MADAGASCAR, Budleja madagascariensis, fl jaunes 01-02 ;odorantes ;pot ;12ans ;5m.

CARYOTIA MITIS._Bengale ; pot ; 15ans ;1.15m.

CIERGE MONSTRUEUX ,cereus monstruosus= Cereus hildmannianus K.Schum._ cisse ;(cereus monstruosus)12branches ;30ans ;2m50 circonfèrence tronc0.53m

CEREUS TRIANGULAQRIS Hylocereus trigonus (Haw.) Saff. =._ perou ; rmifié ++ ; fleurs ++ ;7m

CEREUS PENTAGONUS ou TETRAGONUS Acanthocereus tetragonus (L.) =._3 tiges ,ramifications+ ;22ans ;7.25m

Différences

Peruvianus 9 à 10 angles fleurs abondantes tous les ans ;supporte -3à-4°

Pentagonus 4 ou 5angles fleurit très rarement ;premiéres fleurs en 1849 et fort ancien à Marseille ;sensible au froid ; les 2 Pérou

CRASSULE A FEUILLES DE POURPIER,Crassula portulacoïdes.= Crassula ovata (Mill.) Druce _cap, fleurit en hiver, 40ans ;pot ;4m

CRASSUARINE à FEUILLES DE PRÊLE, casuarina equisetifolia._ Filao,Inde ;caiss ;30ans ;4m50 ;;en pleine terre périt à-4°

CYCAS DU JAPON , Cycas revoluta._ pot ; 36ans ;4m

DRAGONIER GIGANTESQUE, dracaena draco._ Afrique, Inde ;caisse fleurs insignifiantres graines fertiles ;45ans 2.20m

DRAGONIER PARASOL, Dracaena umbraculifera._ Ile Maurice ;12ans ;1.70 ;en pot.

DRAGONIER ROUGE , Dracaena terminalis = Cordyline fruticosa (L.) A.Chev.._ Chine ; pot ; fe rouges brun foncé; 10ans1m ; croissance très lente

DURANTA MACROPHYLA= Duranta ??. _pot ;20ans ; 3.25m.

DURANTA ELLISIA= Duranta erecta L.._ pot ; 20ans ;4m.

DURANTA PLUMIERI= Duranta erecta L.._pot ; 20ans ; 2m ; Duranta tous des antilles.

EUPHORBE DES BOUTIQUES, Euphorbia officinarum ; Afrique ; pot ; de graine ;50 branches ; col. Gouffé ; 36ans

EUPHORBE A FEUILLES DE NERIUM, Euphorbia neriifolia._Afrique ; pot , fortes branches ;36ans 2.20m

EUPHORBE DES CANARIES, Euphorbia canariensis._ pot ;médiocre grandeur ,même terre depuis 10ans ;60branches 4,50m circonférence ;elle pèse plus que la terre qui la porte ;45ans h2.10m

FIGUIER ROUILLE, Ficus rubiginosa ou australis._ de Botany Bay ; toujours en pot ;4.50m

FIGUIER BENJAMIN, Ficus benjamina ._ Inde ;pot ;5m ; Audibert>Couvent des bernardines >Chartreux.50ans au moins

Audibert était pépiniériste et premier directeur du jardin de Botanique en 1801 ,alors encore au musée, Lycée thiers.

FIGUIER ELASTIQUE, Ficus elastica._ Inde ;22ans ;caisse ;4.25m ; ne résiste pas à -3°

 

FRANGIPANIER ROUGE= Plumeria rubra L.. Amérique méridionale et Inde ;20ans ;1.20m ;

HIBISCUS ROSA SINENSIS= Hibiscus mutabilis L. . Inde ;pot ;20ans2.7.

JACARANDA A FEUILLES DE FOUGERES, Jacaranda filicifolia = Jacaranda obtusifolia Bonpl. ._ Guyane, bord fleuve Damerary ; fl bleues; pas de fruits ; multiplication difficile ; caisse ;18ans ;,3.50m.

LANTANA CAMARA._ Amérique méridionale. Souche des nombreuses variétés que nous possédons ? Pot 45ans2.50m

MAMILAIRE COURONNE, Mamillaria coronata , Cactus lactescens Gouffé)._ multiplication difficile ;les boutures doivent être cicatrisées.

PALMIER DATTIER, Phoenix dactilifera._ 25ans ; tronc 1m hauteur des palmes 5.50.

SCHOTIA ECARLATE, Schotia speciosa = Cynometra inaequifolia A.Gray._ Cap; pas de fruits ; rare ; pot 36ans ;multiplication très –difficile 1.90m.

YUCCA DRACO= Dracaena draco (L.) L. ._ Amérique septentrionale ; pot ;16ans 4m ; ce sujet ne supporte pas -3°

Le Bougainville, le Cereus, triangularis, le cereus tetragonus, l’Astrapaea mollis, le dattier, le bambou, et autres sont à demeure dans la serre, plantés dans des temps très- vieux et sans mélange de terre. En été, ces plantes supportent une température qu’i s’élève à plus de 36°. On les arrose copieusement.

 

PLANTES DE PLEINE TERRE.

ARBUTUS MEDIATUS (Gouffé)= ??_ intermédiaire entre A. unedo et A. andrachné obtenu par Gouffé , rare

BUIS DE MAHON, Buxus balearica ; 30ans 5 mètres résiste au froid

CEDRE DU LIBAN, Pinus cedrus.= Cedrus libani A.Rich._ 3 sujets 40 ans circonférence tronc (Ce) 2m à 2.5 Un individu à port rare remarquable >>un autre exemplaire se trouve derrière l’église des Chartreux.

CHARME COMMUN = Carpinus betulus L. Europe 40ans H17m,Ce feuillage 50m ; unique en France.

ERABLE A FEUILLES OBLONGUES, Acer oblungum. Erable du Nepaul _ feuilles persistantes. Deux individus ont gelés à -4°et-5° ;1 en pot

ERABLE A FEUILLES OBTUSES, Acer obtusum= Acer obtusifolium Sm ?. Résiste au froid et au mistral, presque inconnu à Marseille _ 36ans H41.42Ce tronc1.10m.

FRENE A FEUILLE DE LENTISQUE, Fraxinus lentiscifolia= Fraxinus angustifolia Vahl . De Syrie.40 ans19 mètres Ce1.90m

KOELREUTERIE ou Savonnier paniculé, koelreuteria paniculata. Chine,40ansH12.50m Ce2.50m ;

LIQUIDAMBAR DU LEVANT, Liquidambar orientale= Liquidambar orientalis Mill. 12ans h6.8

MAGNOLIA GRANDIFLORA. De la caroline ,sujet venu de marcotte 25ans ; H8.4,Ce 0.65m

MAGNOLIA PRECOX= Magnolia grandiflora L. . Venu de graine. 8ans H4m , à donné quelques fleurs mais pas de fruits.

NOYER NOIR , Junglans nigra . amérique septentrionale, fruit rond et petit coque très dure 36ansH15m Ce 1m

NOYER PACAN, juglans olivaeformis =Carya illinoinensis (Wangenh.) . Amérique septentrionale. 36ans H 16m Ce 1.30m

  1. DU LEVANT ou de Constatinople , Corylus Colurna. 36ans ,H 11m Ce 1.60

PAULOWNIA IMPERALIS= Paulownia tomentosa steud . du Japon. Lorsque cet arbre fut planté, le 1° mai 1843, dans une fosse qui avait neuf mètresde surface et un mètre de profondeur , sur les bords du canal d’arrosage qui traverse la jardin, il n’avait que deux décimètres de hauteur. Il avait, au 15 décembre 1849, 10.50m de hauteur et 1.10 de circonférence. L’individu que nous citons, fructifie abondamment, il a produit , en 1849, 2 700 capsules contenant chacune au moins 1 200 graines, ailées, très- petites ; ce qui donne un total de 3 240 000graines. Qu’ellez fécondité ! C’est ainsi que souvent la nature prodigue les germes pour conserver les espèces.

  1. DE CAROLINE, populus angulata = Populus deltoides Marshall . 40ans H 22m Ce 3m

PEUPLIER BAUMIER, Populus balsamifera _ 40ns H 23m Ce 2.80

PIN DE CORSE, Pinus laricio Pinus nigra var. corsicana (J.W.Loudon) Hyl., 1913 . 40 ans, hauteur, 19m ce 4m.

PIN DU LORD , Pinus strobus Amérique septentrionale 40ans h 12.5.

SAPIN COMMUN ou à FEUILLES d’IF, Abies taxifolia= Abies alba Mill. . D’Europe. 40ans H 19.60m Ce 1.10

SOPHORA du JAPON= Styphnolobium japonicum (L.) Schott . Le bois imite celui du noyer, mais d’une couleur plus foncée. 36ans H 16m Ce 2.6

  1. A FEUILLES DE PLATANE, Sterculia plataniflia= Firmiana simplex (L.) W.Wight. De Chine résiste bien à nos hivers. 36ans H 16m
  2. ARGENTE , Tilia argentea= Tilia tomentosa Moench . De Hongrie 40ans H 19m Ce1.50m

Tels sont les végétaux que je crois devoir signaler plus particulièrement à l’attention des amateurs de la grande végétation. En leur faisant remarquer que, dans la serre, comme dans le jardin ; ils sont trop rapprochés les uns des autres ; la place manque partout. La serre n’est point assez vaste ; il n’est point en harmonie avec l’avenir que promettent à cette ville son commerce son industrie et les grands et utiles travaux dont elle a droit de s’enorgueillir ;

De plus , le manque d’air libre, l’ombre des grands arbres que le jardin renferme au nombre de , deux cent quarante, et la voracité de leurs racines, rendent impossible, en pleine tere, la moindre culture des plantes les plus vivaces. Parmi ces arbres il en est de très-communs, comme le saule et d’Autres, nécessairement cela doit être ainsi, et en particulier de toutes les espèces végétales, grandes ou petites, rares ou communes, utiles ou inutiles.

Abandonnez ces arbres, transportez le jardin ailleurs, et plantez de nouveau, dira-t-on, Non, reculez les limites du jardin, tout le réclame, et c’est chose facile ; rendez-le plus vaste pour qu’il soit susceptible de toutes cultures qu’il doit renfermer, mais conservez les arbres que nous devons aux soins éclairés de M. de Gouffé qui, le premier, a pratiqué et professé la botanique à Marseille. Ne perdons pas de vue que, si on détruit à volonté les plus grands arbres, on ne les rétablit pas de même ; il faut les attendre longtemps, et trop souvent ils, trompent nos espérances.

SALZE

Directeur du Jardin Botanique de Marseille

Marseille le 8 février 1850

L’Horticulteur Provençal 1850

 

Point de vue sur le Jardin Botanique de Marseille en 1849

 

LE JARDIN DES PLANTES

DE MARSEILLE.

 

Les intérêts de l’agriculture ont été jusqu’à ce jour étrange ment négligés; pendant trop longtemps tous les encouragements toutes les faveurs ont été prodigués au commerce , à l’industrie et tandis que, sous l’impulsion des idées nouvelles , nos hommes d’État balbutient, comme à contre—cœur, quelques banales promesses qui ne se réaliseront pas de longtemps, au sujet de l’art fondamental de la prospérité des nations ,Ils jettent à pleines mains, et sans compter, les millions arrachés au sol par un fisc avide, aux spéculateurs et aux intermédiaires improductifs.

Cette préoccupation exclusive des gouvernants se retrouve, au même degré, dans les administrations municipales, et nous ne croyons pas qu’il existe en France un établissement de la nature de celui que nous désirerions pour les progrès de la science agricole et de l’horticulture proprement dite. II n’y a pas en France de jardin botanique proprement dit, dans lequel se trouvent à la fois réunis un jardin d’études, une école forestière, une pépinière et un jardin d’essais. On comprend d’avance que ce n’est pas à Marseille que nous chercherons un type de notre utopie.

Si les moyens d’action, si les conditions matérielles étaient proportionnées au zèle et à l’habileté du directeur, nul doute que le Jardin de Marseille n’arrivât bientôt au niveau des établissements les plus parfaits en ce genre. Il serait digne de la grande cité du Midi de donner un exemple qui ne serait pas sans influence Sur les destinées agricoles du pays, et l’étranger qui cherche dans les environs du caravansérail de l’Orient un avant — goût des cultures

Du bassin méditerranéen, ne serait pas exposé au désappointement absolu dont il est la victime.

Dans l’état, le Jardin de Marseille ne peut être considéré que comme un parc contenant de beaux échantillons d’espèces arborescentes; il se recommande à ce point de vue, car l’arboriculture est encore si peu en faveur dans arrondissement de Marseille.

L’introduction des beaux arbres dont nous a doté l'Amérique septentrionale est si lente et si restreinte ici, que c'est dans le Jardin de la ville qu’il faut aller admirer les types des espèces qui doivent un jour contribuer à la décoration de nos parcs, à l’embellissement de nos plantations publiques, au reboisement de nos coteaux.

Le Jardin, tel qu’il est actuellement, ne saurait sans un vandalisme sauvage être changé dans sa composition. On chercherait vainement dans tout l’arrondissement de Marseille des individus aussi beaux que ceux qu’il renferme, et si l’on voulait lui donner la destination naturelle d’un Jardin botanique, il faudrait impitoyablement sacrifier les arbres séculaires, faire table rase et planter sur de nouveaux frais. On voit l’impossibilité d’une pareille mesure, et le seul moyen de sortir de l’état déplorable où languit l'établissement qui devrait servir de lieu d’études et de modèle aux amis des plantes, serait de réaliser le plan proposé par M. Salze, le directeur du Jardin, dont les efforts ont échoué jusqu’ici devant l'indifférence de la municipalité.

En entrant dans le Jardin, on suit une allée centrale qui aboutit à la serre, placée sur une terrasse qui s’élève un peu au—dessus du sol. On admire à droite un Cèdre dit pyramidal, variété provenant d’un semis de cèdre du Liban, et que nous espérons devoir se conserver par le semis. Les rameaux, au lieu de s’étaler en éventail, comme dans l’espèce type, sont redressés et alternes sur les branches, ce qui donne à l’arbre un port tout particulier; il est plus touffu et plus dégagé en même temps que le Cèdre du Liban. Cette variété est déjà multipliée par la voie du bouturage et de la greffe; sa plantation remonte à l’année 1807.

De chaque côté des cèdres on voit quelques beaux genévriers de Virginie dont l’espèce est du reste encore souvent représentée dans les autres parties du Jardin. Un Eleagnus angustifolia (olivier de Bohème) élève jusqu’à près de huit mètres ses tiges chargées de feuilles satinées. Deux Sterculia platanifolia, vulgairement Parasol Chinois, ramifient assez bas leurs tiges ordinairement indivises .Jusqu’à une trèsgrande hauteur, ce qui leur donne un aspect plus touffu dans la belle saison. Nous avons remarqué un Mimosa botryocephala qui ne donne malheureusement pas de graines, et qu’il y aurait intérêt à multiplier dans nos plantations , des Kaelreuteria,, ou Savonniers paniculés, d’une force rare Dans l'espèce et qui se couvrent dans I’éte de panicules de petites fleurs Jaunes. Un Gingko biioba élève à gauche sa flèche, ce sujet est encore jeune.

Des Sophoras du japon et des Peupliers baumier gigantesques, des Noyers noirs, des Platanes d'Occident, à écorce rugueuse dans les troncs vieux , de grands Noisetiers deByzance, des Noyers pacaniers, des Peupliers de la Caroline , témoignent par leurs masses imposantes de la variété dont les Plantations forestières ou de promenades seraient susceptibles dans notre pays. Nous avons vu avec Plaisir quelques échantillons de Frènes à feuilles de lentisque et à feuilles simples, d’Erahles de Naples, de Charmes

et de Bouleaux.

Dans un grand espace moins encombré de plantations, à gauche nous avons remarqué un Mélèze de 12 à 15 mètres de hauteur dimensions exceptionnelles Pour cette espèce dans notre pays; un beau Pin du Lord et quelques Sapinettes; Vis—à—Vis ce groupe

est un rideau composé de trois Arbousiers, l’ Unedo, l’Andrachné et un hybride de ces deux espèces; d’autres arbres à feuilles persistantes, des Philyrea et un Cratœgus glabra font face à la serre à droite, en avant d’une tonnelle de vignes; à gauche, près la bâche à orangers, on voit un Magnolia Grandiflora de belle venue qui fleurit et fructifie depuis quelques années, mais qui n’a pu être sauvé de l’avidité des racines des grands arbres voisins que par des soins particuliers. Chaque année une grande tranchée était ouverte à deux ou trois mètres de distance du tronc et remplie de terre non épuisée. Cet arbre est un des plus beaux de l’arrondissement de Marseille. Nous en retrouverons de plus remarquables

à Hyères et à Toulon.

Les conifères ne sont représentés que par quelques beaux cèdres,

mais les autres genres de cette importante famille y sont en très

grande minorité.

Avant de pénétrer dans la serre, où nous trouverons un Pinus longifolia et un Pinus palustris qui promettent, disons que la famille des amentacées a encore pour représentants quelques Chênes verts et le Quercus robur, mais qu’on ne trouve aucune des belles espèces de l’Amérique et de l’Asie. — Le Jardin est planté depuis longtemps et rien n’a été changé, par respect pour les beaux échantillons qu’il contient.

Dans la serre, un Araucaria imbricata, de plus de 2 mètres de hauteur, attire tout d’abord les regards; on regrette qu’on n’ait pas pu lui faire une petite place en pleine terre pour le dérober aux tortures du vase qui emprisonne ses racines.

Un Euphorbe des Canaries , planté en 1806 ; divers Ficus de grande taille , un Casuarina equisetifolia (Filao de l’inde), des Dracaena, quelques Orangers, remplissent la première aile de la serre , où se dressent aussi les tiges hérissées et polygonales d'énormes Cereus. — Dans la grande galerie, nous admirons le Bambou de l'Inde, aux entre-nœuds si espacés dans son pays natal et si rapprochés sous nos latitudes trop tempérées; le Cereus

pentagonus, qui n’a pas encore fleuri depuis quinze ans qu’il est planté; toute une légion de plantes grasses aux formes bizarres, à floraison étourdissante, depuis l’ Opuntia tunicata, dont les aiguillons sont enveloppés d’une gaine, jusqu’au Cereus senilis, couvert de poils blancs et longs comme une barbe de vieillard.

Sur des étagères sommeillent des plantes tropicales qui se réveilleront au printemps de leur mort apparente; les Frangipaniers, dont nous étudierons la culture dans un article à part, occupent le premier rang dans cette réserve, qui ne doit jouer un rôle qu’au milieu des splendeurs de l’été.

Enfin, derrière la platebande centrale, dorment aussi dans un demi-repos, au milieu de leurs grandes caisses, des Lantana séculaires et un Ficus rubiginosa dont le tronc se couvre d’humidité par les temps de pluie, et qui pourrait servir d’excellent hygrométre.

Tout Marseille est venu admirer la belle floraison du Bugainvillea spectabilis, qui a pris un développement inusité et suspend toutes les années aux colonnes de la serre ses immenses guirlandes de fleurs aux bractées roses si éclatantes et d’un si grand effet.

Nous n’avons pu faire une énumération détaillée des arbres remarquables du Jardin de Marseille; notre article aurait trop pris la forme d’une sèche nomenclature, sans profit pour nos lecteurs. Qu’il nous suffise d’ajouter que la plupart des grands arbres sont d’excellents porte—graines, et que le directeur du Jardin met le plus louable empressement ì distribuer les semences qu’il recolle aux personnes qui lui en demandent. C’est encore la meilleure manière de rendre profitable au pays un établissement qui semble condamné, par les limites qui lui sont imposées, à n’être qu’un lieu de promenade ou qu’un échantillon bien incomplet de

Jardin public à la manière des Squares de nos bons voisins Anglais.

Dr TURREL

 

 

Bibliographie , 

Flore des serres et des jardins de l'Europe, ou Descriptions et figures des plantes les plus rares et les plus méritantes, nouvellement introduites sur le continent et en Angleterre : et extraites notamment des Botanical magazine, Botanical register, Paxton's magazine of botany, etc., etc., etc. : ouvrage publié en allemand, en français et en anglais, enrichi de notices historiques, scientifiques, étymologiques, synonymiques, horticulturales etc. / et rédigée par M. Ch. Lemaire,... M. Scheidweiler,... M. L. Van Houtte,... - 1845-1880

 

Taper dans le moteur de recherche de Gallica : Horticulteur

ou

http://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&startRecord=0&maximumRecords=15&page=1&query=%28gallica%20all%20%22horticulteur%20proven%C3%A7al%22%29&filter=century%20all%20%2219%22%20and%20dc.type%20all%20%22fascicule%22

 

Jardin d'Acclimatation. Catalogue des végétaux exotiques, arbres ...

Par Victor Rantonnet

https://books.google.fr/books?id=LO8-ptD0ZdQC&pg=PA9&lpg=PA9&dq=erable+du+nepaul&source=bl&ots=qdapnWD7t2&sig=Q13oDWVemCevVs2Lc0I1bBx2frI&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuy4ie0dHRAhVHORQKHaWdBM8Q6AEISzAN#v=onepage&q=erable%20du%20nepaul&f=false

 

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