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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Ponpon de Pey
Publié dans : #histoire Marseille
Marseille _Les perruches

Les origines des perruches de Marseille

 

Avez-vous déjà admiré les perruches du parc Borély à Marseille, je parle des oiseaux au beau plumage vert. Elles aiment bien les palmiers et leurs fruits. J’en ai aussi vu souvent au parc de Maison Blanche, une autre fois sous l’église st mitre et il doit y en avoir ailleurs et dans notre résidence

 

L’oiseau n’étant pas un oiseau de France il n’a pu que s’échapper d’une cage à moins que ?

 

Et oui il a été acclimaté par les soins de MJ Siepi ancien directeur du Jardin Zoologique dans les années 30.

J’ai découvert la publication ci-dessous en cherchant des informations sur les plantes du jardin Zoologique, liste déjà publiée dans mon blogue.

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96171766/f510.item.r=jardin%20zoologique%20Marseille

Bulletin de la société nationale d’acclimatation janvier 1932 _ page 500 à505

PERRUCHES ONDULÉES EN LIBERTÉ

AU JARDIN ZOOLOGIQUE DE MARSEILLE

Par M.J. SIEPI

 

Depuis plus de deux ans, mes Ondulées vivent en pleine liberté dans le Jardin Zoologique, sans restriction aucune, été comme hiver.

J'avais commencé, en 1927, l'élevage de ces Perruches, chez moi, à titre privé. Si leur rapide reproduction me donna quelque satisfaction, je ne savais comment utiliser les produits, car mes fonctions de conservateur ne me permettaient pas d'envisager la vente de mes Oiseaux au public.

Je décidais donc d'offrir à la Ville un lot de ces Ondulées, pour lesquelles j'installais un nouvel élevage dans une des volières du Jardin Zoologique. J'eus la bonne fortune d'être parfaitement secondé par un faisandier digne de ce nom: M. Marcel Ferry, .qui s'intéressa vivement à cet élevage et contribua, dans une large mesure, au succès final.

Les produits de ce deuxième élevage, venant s'ajouter aux miens, je me trouvais rapidement en possession d'effectifs trop importants pour la capacité de mes volières; j'envisageais, dès lors, la mise en liberté de l'excédent.

 

Ayant étudié la question, je décidais de tenter l'expérience. Sans supprimer les nids disposés au fond de la volière, je plaçais une trentaine de bûches dans les arbres voisins. Le 12 mai 1930, je donnais à mes Perruches la faculté de sortir et de rentrer à volonté, en pratiquant dans

le grillage 3 petites ouvertures en ogive, de 40 x45 m/m.

En avant de ces ouvertures, je disposais une petite mangeoire longue étroite, suspendue par deux chainettes, à la façon- d'une balançoire, afin que les Oiseaux trouvent plus aisément l'ouverture d'entrée, et que le public puisse mieux les observer.

 

Ce petit dispositif pouvait présenter quelques avantages particuliers, mais ce n'était que question de détails et il fallait envisager les risques véritables de l'entreprise. Il fut relativement aisé de prendre des précautions contre les Rapaces, les Rats ou les Chats, mais il n'était guère possible de s'opposer à l'émigration annuelle, qui répond à un instinct impérieux.

 

Aux amateurs désireux d'avoir des Ondulées en liberté dans leur propriété, J. Delacour conseille fort sagement de capturer leurs Perruches chaque année avant l'émigration, au début d'octobre, au moyen d'une trappe, et de les garder en volières closes durant tout l'hiver. J'aurais pu suivre ces excellents conseils; mais j'avais fait le sacrifice de mes Oiseaux et j'étais résolu à courir le risque. Je comptais évidemment sur la domestication partielle des premiers couples, que j'avais apprivoisés chez moi, dès la sortie du nid. Indépendamment de ces dernières, toutes les autres Perruches étaient nées dans cette même volière du Jardin Zoologique où l'expérience allait être tentée. Elles y nichaient depuis plus d'un an et y avaient presque toutes des jeunes dans les nids au moment de leur mise en liberté. J'espérais que, de ce fait, un certain nombre de couples demeureraient sur place, retenus par les nids et par la

certitude de trouver toujours une nourriture abondante et variée. Cependant l'instinct ancestral de l'émigration ne pouvait perdre ses droits-. Si ce ne fut pas sans regrets, ce fut cependant sans surprise que je constatais le fléchissement de mes effectifs dès le début de l'automne. L'émigration se produisit, mais elle ne fut que partielle. J'eus en effet la satisfaction de constater qu'un certain nombre de couples passait l'hiver sur place et j'eus l'impression

qu'ils se fixaient définitivement.

 

L'Ondulée d'élevage, que nous connaissons actuellement, n'est pas encore un véritable Oiseau domestique; et cependant on ne peut pas dire qu'elle soit demeurée absolument sauvage. La plupart d'entr'elles ont conservé l'instinct et le caractère de leurs ancêtres sauvages. Elles sont méfiantes et craintives à l'excès. Lorsqu'on veut les apprivoiser, on constate qu'une partie des Perruches de l'élevage refuse de se soumettre, malgré l'exemple de celles qui sont familières. Ces dernières, au contraire, viennent rapidement manger à la main et à la bouche, alors que les autres n'y consentiront jamais. Elles préféreront rester plusieurs

heures sans nourriture plutôt que d'imiter les autres, qui témoignent la plus absolue confiance à l'éleveur.

 

L'observation démontre donc que certaines Perruches ont conservé intact l'instinct de l'Oiseau sauvage, alors que d'autres ont acquis le caractère et les mœurs des Oiseaux domestiques. Doit-on voir, dans cette différence de comportement, l'effet de prédispositions individuelles, ou plutôt l'effet d'un entraînement plus ou moins long, portant sur un nombre plus ou moins grand de générations obtenues en captivité ?

 

Il est possible que les sujets provenant d'élevages d'amateurs donnent, en quelques générations, des Oiseaux très familiers, parce que ces amateurs ne cessent de s'occuper d'eux. Au contraire, dans les grands élevages, l'Oiseau conserve son caractère sauvage et défiant, parce qu'aucune tentative n'y est faite pour leur inspirer confiance. Le nettoyage et les soins sont assurés par des employés dont le temps est compté, et qui ne peuvent s'occuper des Oiseaux. Chaque fois que l'employé y pénètre, les Perruches se réfugient en hâte dans un coin élevé de la volière; elles observent l'homme avec crainte et ne se risquent à redescendre avec précaution, que si l'homme est loin et tout danger écarté.

Dès lors, on comprend fort bien que ces dernières, malgré plusieurs générations en captivité, n'aient rien abandonné de leurs instincts primitifs. Si on les met en liberté, elles se comporteront comme leurs ancêtres d'Australie. Elles sauront défendre leurs nids contre leurs ennemis naturels; lorsqu'arrivera l'époque de l'émigration, elles obéiront aveuglément à ce besoin impérieux et instinctif.

 

Par contre, il est fort naturel que les autres puissent résister à cet appel mystérieux de la Nature, et se refusent à quitter un nid qui leur est cher et un abri où elles savent trouver, en toute saison, une nourriture choisie. Il n'est même pas impossible qu'elles considèrent l'homme qui les soigne comme une sorte de génie tutélaire dont elles recherchent la protection. Depuis plusieurs générations, ces Ondulées ont vu le jour chez des amateurs qui n'ont cessé de leur prodiguer des soins attentifs. On comprend aisément qu'elles ne veuillent point s'éloigner de cette main qui donne la nourriture, de ce nid toujours propre où elles ont l'impression de la sécurité la plus absolue.

 

Ainsi s'expliquerait l'émigration partielle que j'ai constatée au début de l'automne 1930. Les sujets non domestiqués ont obéi à la loi de l'émigration et sont allés hiverner sous d'autres cieux. Ceux qui avaient acquis le caractère domestique sont demeurés sous le ciel de Provence et s'y sont fixés définitivement.

 

Ces sujets, devenus sédentaires, furent heureusement assez nombreux pour maintenir les effectifs de cet élevage en liberté. Dès le début du printemps suivant les jeunes sortaient des nids sous la conduite du mâle qui leur montrait le chemin de la mangeoire ; et la reproduction se poursuivit normalement pendant toute la belle saison. A l'automne, il y eut encore quelques départs mais l'émigration fut moins accusée que l'année précédente et le nombre des couples sédentaires fut sensiblement plus élevé. Le fait n'avait rien de surprenant, puisque les jeunes étaient issus, cette fois, de parents sédentaires, les sujets à instinct sauvage ayant disparu.

 

Il est évidemment impossible de dénombrer les Perruches qui vont et viennent sans cesse à la volière, plus ou moins nombreuses certains jours et à certaines heures ; mais la quantité de grains consommée prouve irréfutablement que la colonie prospère. La petite mangeoire, qui est suspendue devant la volière, est devenue insuffisante pour la consommation journalière ; il a fallu la remplacer au mois de mars dernier. Non seulement la colonie prospère, mais il y a lieu de supposer que la progression s'accentuera et que, sauf accident ou malveillance, cette colonie comptera de plus nombreuses familles chaque année.

 

Il faut évidemment traiter ces gentils Oiseaux comme les Pigeons en liberté, auxquels on assure le nid et la nourriture. Une autre circonstance a pu favoriser cet essai: le Jardin Zoologique de Marseille, avec ses dépendances, constitue une véritable oasis d'arbres et de verdure, d'une assez grande étendue, au milieu des maisons.

 

Pour conclure, on peut affirmer, dès à présent, que l'élevage de l'Ondulée en liberté est réalisable. La preuve est faite, puisqu'après plus de deux ans, la colonie est plus importante qu'au début de l'expérience.

 

Je ne surprendrai personne en déclarant que je suis très satisfait du résultat obtenu. Je le suis d'autant plus que le fait est très probablement unique.

Mais, si d'autres amateurs voulaient suivre cet exemple, ils auraient à tenir compte des circonstances favorables signalées ci-dessus. Il faudrait également ne pas hésiter à mettre en liberté des effectifs assez importants (de 50 à 100 couples), pour supporter l'émigration du premier automne sans compromettre le succès final.

 

Afin de diminuer ces risques, il serait peut-être bon de consacrer un hiver à la préparation et au choix des sujets à lâcher. Au cours de cette année préparatoire, on apprivoiserait les oiseaux de la volière en question. On enlèverait ensuite tous ceux qui se montreraient réfractaires à l'apprivoisement. On ne conserverait alors que ceux qui ont une tendance à la domestication et qui sont susceptibles de s'attacher à la volière et au nid.

Ayant ainsi soigneusement sélectionné ces sujets, on les laisserait nicher et se reproduire pendant toute une saison, avant de leur donner la liberté, au mois d'avril ou de mai de l'année suivante. C'est ce que j'aurais fait, si j'avais eu, en 1930, l'expérience que je viens d'acquérir en ces deux ans d'observations.

 

J'espère que ce premier succès décidera d'autres amateurs à renouveler l'expérience et que, perfectionnant la technique, ils obtiendront des résultats supérieurs à ceux que j'ai réalisés dans cette première tentative.

 

Nombreux sont les amateurs qui possèdent une grande propriété où il serait possible de lâcher des Ondulées. Et il n'y a aucune raison pour qu'ils échouent chez eux, alors que j'ai réussi dans un jardin public gratuit, dont le public (qui est loin d'être choisi) fait précisément tout ce qu'il faut pour éloigner les Perruches de leur volière. Toutes les extravagances sont commises « pour voir », « pour s'amuser » et même pour essayer d'attraper les belles Perruches.

 

Aucun de ces inconvénients n'existe dans une propriété privée, et le succès y est à peu près certain. Il est hors de doute que la satisfaction de ces amateurs sera bien supérieure aux sacrifices qu'ils auront consentis, lorsqu'ils verront chez eux ces charmants Oiseaux voler dans les airs, aller et venir d'arbre en arbre, entrer et sortir de la volière, nicher dans les bûches ou dans les arbres creux de leur domaine ; et les parents montrer aux jeunes le chemin de la volière où se trouvent les vivres et la sécurité. Certes, les Oiseaux en cages sont bien agréables et sont de délicieux amis. Mais les ailes sont faites pour le vol dans l'espace. Puisque — très exceptionnellement — la chose est possible pour la Perruche Ondulée, que notre trop égoïste amour des Oiseaux ne prive pas cette admirable espèce de la joie de vivre librement dans l'azur du ciel.

 

  1. Depuis -la rédaction de cette note (juin), l'été s'est écoulé dans les meilleures conditions. La reproduction en liberté s'est effectuée de façon très satisfaisante, et de nouveaux couples sont venus augmenter le nombre des reproducteurs. Un fait curieux mérite d'être signalé: Les deux Perruches bleues (deux mâles), que j'avais lâchées en 1931, avaient disparu à l'automne suivant; elles se sont montrées de nouveau en juillet et toutes les deux se sont accouplées. Elles ont établi leurs nids dans des arbres creux du Jardin Zoologique : l'un, dans le voisinage de la faisanderie, l'autre, près de l'acqueduc du canal, derrière le parc des Mouflons, ont dédaigné les bûches placées à leur intention. Je n'ai pas pu les suivre de près, pendant cette période de vacances; mais les deux couples ont des jeunes au nid actuellement. Le même fait a pu se produire avec des Perruches vertes, trop nombreuses pour pouvoir s'en rendre compte.
  2.  

  3. https://www.google.fr/url?sa=i&rct=j&q=&esrc=s&source=images&cd=&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwico8aymJ3SAhUE0hoKHRS6BTYQjRwIBw&url=http%3A%2F%2Flesoiseauxdufaucigny.centerblog.net%2Frub-psittacides-perruches-.html&psig=AFQjCNFbZlWJY4RnoFA6tkSWzRHvOAB0qQ&ust=1487629008450848

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http://lesoiseauxdufaucigny.centerblog.net/rub-psittacides-perruches-.html

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