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vebre09marseille-histoire fleursetgraindesel

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Ce blogue a pour but de vous faire part de mes recherches, bien modeste, sur l’histoire de Vèbre et de sa région. Mais aussi de mettre en ligne un peu d’histoire des plantes du jardin botanique de Marseille; mon lieu de résidence. Le tout agrémenté de photographie et d’autres textes.

Publié le par Poncy Jean-Michel
Publié dans : #plantes
La garance

La culture de la garance

 

Vous avez surement entendu parler lors des évocations de la guerre de 14_18 des pantalons rouge garance que portaient les soldats français au début de la guerre. Vous trouverez dans ce teste les conditions de cultures de cette plante qui demandaient beaucoup de travail au XIX° siècle.  

 

 

I.

La garance est une plante dont la consommation dans les arts prend chaque jour plus d’extension, pendant que sa culture continue à être restreinte, pour ne pas dire limitée. Aussi la production française est bien loin de répondre au besoin pressant de nos manufacturiers, qui sont obligés pour compléter leurs approvisionnements de faire venir de l’étranger une quantité au moins égale à celle que nous récoltons.

 

Comme la culture de cette racine est simple, et le rendement assez élevé, comparativement au prix de dépense, nous pensons être agréable à nos lecteurs en leur donnant quelques détails sur son origine, sa culture, sa valeur commerciale et le bénéfice

qu’elle peut procurer au fermier.

 

Passant outre la description physiologique de la Plante, nous arrivons immédiatement à son origine, qui est d’un intérêt plus grand pour le praticien.

 

Historique. — D’après plusieurs physiologistes, la garance croit spontanément dans tous les pays. Dambourney prétend l’avoir trouvée en Normandie, sur les rochers d’Oisel, Où, dit-

il, elle n’est pas inférieure à celle du Levant. Cette assertion est, selon moi, fort hasardée. La garance croît aussi naturellement aux environs de Narbonne, mais c’est dans la Barbarie seulement qu’elle paraît venir naturellement et saris soins.

 

Les  principaux pays qui produisent la garance cultivée sont l’Inde, la Perse, la Syrie, l’île de Chypre, la côte de Barbarie, l’Asie mineure, la Grèce, l’Italie, la France, la Hollande,

La Silésie, la Saxe, l ’Ecosse et la Zélande, où elle a été introduite par des refugiés français.

 

La racine se divise en trois classes.

La première qualité est Produite par l’inde, la Perse, la Syrie, l'île de Chypre et par la côte de Bessarabie.

La deuxième qualité se récolte dans l’Asie mineure, la Grèce,

l'Italie et le midi de la France.

La troisième qualité vient dans le nord de la France, la ¡loi—

lande, la Saxe, la Silésie , etc., etc.

 

Parce que la garance donne une couleur plus belle et une quantité plus grande dans les pays que nous venons de citer, il ne faut pas conclure que les climats chauds lui conviennent mieux, et que les sols sablonneux favorisent le développement de la racine et la fixité de la couleur. La quantité et la qualité dépendent aussi, on le comprend, de I ’âge de la plante et de

la nature géologique, el plus ou moins fertile du terrain sur lequel elle est cultivée.

Si agricolement, la garance se divise en trois qualités, dans ses rapports avec l’art, elle se divise aussi en trois classes qui se rangent, suivant leur valeur tinctoriale, dans l’ordre suivant

La première classe est celle qui contient plus de matière colorante rouge que de matière colorante brune. On la récolte principalement dans l’inde et dans la Bessarabie.

La Deuxième classe est celle qui contient environ, par partie égale, les deux matières colorantes rouge et brune. Elle se récolte à Smyrne, à Andrinople, en Italie et dans le midi de la France

La Troisième classe est celle qui contient plus de matière brune que de matière colorante rouge. Elle se récolte en Hollande, en Alsace, en Silésie, en Saxe et en Ecosse.

 

 

 

II

CULTURE  LA GARANCE F PRANCE

D’après les documents historiques qui font mention de la garance, nous devons croire que sa culture est fort ancienne en France. Du temps de Jules-César, l’Artois était renommé pour ses étoffes teintes comme le faisaient les Romains avec la racine de garance qu’on y cultivait.

Les Chroniques de 1276 parlent. Des  garancières se trouvaient aux environs de Saint -Denis; Ollivier de Serre écrit  que de Son temps cette culture était très étendue  en Flandre. Qu'il appelle son pays natal; d'après lui, la meilleure garance  venait dans ce pays comme dans son propre terrain, où elle se plaît, ajoute-t-il, par sus tout autre. Aujourd’hui, la culture de la garance est complètement abandonnée dans cette contrée.

 

L’introduction de la garance dans le midi de la France date seulement de 1766, époque à laquelle un persan d’origine, le sieur Althen , l’introduisit dans le département de Vaucluse, ou

Il la cultiva avec succès.

En Alsace, sa culture est plus ancienne ; on croit qu’elle date du règne de Charles—Quint, qui l’aurait largement encouragée.

Quoi qu’il en soit, la culture de cette plante est aujourd'hui peu étendue et paraît même être exclusive à quelques départements qui n’ont pas l’air, malgré les grands avantages qu’elle pro

cure, de lui donner de l’extension. Six départements participent à la production générale, ce sont le Bas—Rhin, le Gard, Vaucluse, les Bouches-du—Rhône, la Drôme et Seine—et—Oise qui , d’après la statistique officielle de 1840, ne cultive que deux hectares seulement, et encore ces deux hectares ne produisent que vingt quintaux qui au prix moyen de 55 fr. le quintal, donnent à l’hectare tin revenu de 55O fr.

 

Dans mes recherches sur l’origine, la culture et l'emploi de la garance, j’ai trouvé, à propos de la production de cette plante des renseignements opposés, quant aux résultats culturaux, aux idées reçues. Ainsi, on a dit que le département de Vaucluse donnait à l’hectare un rendement beaucoup plus élevé que les autres départements; il n’en est rien, si nous en croyons les chiffres recueillis par le gouvernement. En effet, de ces documents officiels, il résulte que le département de Vaucluse a sous garance une étendue de 9  515 hectares, étendue considérable. Il est vrai, par rapport aux autres départements; mais aussi la quantité produite par hectare n’est en moyenne que  de 10 quintaux 14I  kil., qui, à raison de 60 fr. le quintal, donne un prix en argent de 608 fr. 40 cent.

 

Dans le département du Gard , il  n’y a sous garance que 125 hectares, mais l’hectare produit en moyenne 22 quintaux 40 kilogr. qui,  raison de 5 5 fr. le quintal, donne un  total en argent de 1,232 fr. somme moitié plus élevée que le département 55 de Vaucluse; II est vrai que la qualité de Vaucluse est supérieure, mais si peu qu’elle ne vaut que 5fr. de plus par quintal.

Dans le Bas—Rhin la proportion est encore plus forte: on en cultive 77 hectares, dont le produit moyen par hectare est de 33 quintaux 05 kil., qui se vendent en moyenne 42 fr. 90 c. le quintal , ce qui donne un revenu en argent de 4,fo5 fr. 65c  par hectare.

De ce rapprochement il résulte que le département de Vaucluse produit une racine de qualité supérieure, mais ne vient qu’en troisième ordre, par rapport à la production en argent.

Chose fort essentielle à considérer.

En somme, la France produit annuellement 46O,3O quintaux métriques de garance, ayant une valeur marchande totale de 9 343 399 fr. Comme on le voit, cette culture a son importance et il ne dépendrait que des contrées où elle existe de la doubler, attendu surtout que le commerce, pour suffire aux demandes des manufactures de Sedan, Mulhouse, Rouen , Guingamp, Louviers, Elbeuf, est obligé de faire venir de l’étranger, 196 646 quintaux de racines, dont le total en espèce est 9 539 995 fr., c’est à dire de 496,56 fr. de plus que la valeur  attribuée à toute la production française.

Les pays étrangers qui nous fournissent presque exclusivement cette quantité, sont :

L’Association allemande, — les Deux—Siciles, — la Toscane, — les Pays-Bas, — la Suisse et la Turquie.

 

III.

CULTURE.

La garance est un genre de plantes de la famille des rubiacées. On compte sept espèces, dont une seulement intéresse la culture française, c’est la garance des teinturiers.

La garance des teinturiers est une plante à fleurs jaunes, petites, campaniformes, ouvertes, découpées, et ordinairement percées dans le fond; son calice devient un fruit composé de deux baies de genévrier, d’abord vertes, puis rouges, ensuite noirâtres et succulentes; quand elles sont mûres, on y trouve une semence arrondie, faite en ombilic.

 

La plante pousse plusieurs tiges sarmenteuses, quadrangulaires, rudes au toucher, noueuses jetant, à ses parties nouées  cinq á six feuilles oblongues, plus larges au milieu qu’a l’extrémité, hérissées de poil et d’un vert obscur. Les racines sont de la grosseur d’un tuyau de plume, et même d'un petit doigt. Elles sont vivaces, rampantes, tortueuses, cassantes, d'un goût qui parait d’abord doux, puis amer et âpre. Quand elles sont nouvelles, elles sont rouges : en vieillissant, elles paraissent rousses à l’extérieur: elles s’étendent beaucoup et  s’enfoncent à plus d’un mètre de long: on a  trouvé des racines qui avaient plus d’un mètre et demi.

 

On cultive la garance de deux manières: par semis et par transplantation.

 

On prépare la terre, destinée à recevoir la semence ou le

plant, dès le printemps ou l’été, qui précède l’époque de la plantation ou des semailles, par des labours profonds à la charrue ou à la bêche. Le labour, pour être bien fait, doit avoir au moins 25 centimètres de profondeur dans la terre légère, et 50 centimètres dans les terres fortes. L’effet du labour profond est d’entretenir le sol dans un état d'humidité qui fait que les racines soient entourées de fraîcheur, même durant l’été.

 

On fume la terre au moins six mois avant d’effectuer les semailles ou les plantations, et on la laisse en cet état passer l’hiver. Au printemps, on herse et on donne un léger coup de

charrue.

 

La terre , ainsi préparée, on trace les planches qui doivent recevoir le plant ou la semence. La planche peut avoir de1mèttre à 40 mètres de largeur, comme en Alsace ; mais quand la terre relient trop l’eau, on lui enlève l’excès d'humidité qui compromettrait le plant, en lui donnant de l’air, c’est-à-dire en divisant le sol par  sillons de 1 mètre environ, et pour  que la plante ait plus  d’air, On trace des raies éloignées de2 5 à 30 centimètres destinées à recevoir la semence, car il est à remarquer que les bords des billons produisent toujours les plus belles racines.

 

On se sert des rigoles des billons pendant l’été pour l'irrigation, parce qu’il est essentiel que la racine ne soit  jamais dépourvue d'humidité.

 

La Culture par Semis se fait sur les planches  qui ont été tracées par un  sillonneur  à bras ou  trainé par un cheva Les planches tracées, un homme ouvre dans le travers ou dans la longueur,

selon que  le terrain est disposé, avec une houe à main, un sillon 3 à 4 centimètres de profondeur, dans lequel une femme dépose la graine qui est immédiatement recouverte par la terre d’un second sillon que l’on ouvre à côté du premier, et ainsi de suite jusqu’à la fin.

 

On sème  l’hectare de 70 à 82 kilogr.  De grain, selon que la terre est légère ou forte.

 

La graine de garance doit être de l’année, celle de deux ans à déjà perdue de sa faculté  germinative ; On reconnait qu’elle est bonne, quand elle est ronde et de grosseur à peu près égale. Pour mieux s’assurer si elle est bonne, on coupe le grain, par le milieu, et si on remarque à l’intérieur un germe blanc,  on est sûr qu’elle est de bonne qualité.

 

On sème en février, mars, avril ou mai, selon le climat sous lequel on opère, la tempèrature et la saison, car il faut, autant que possible, que le sol contienne une chaleur de 7 à 10 degré.  A cette température, la germination a lieu dans 15 ou 20 jours.

 

   Dès que la plante est levée,   on commence le sarclage à la main, cette première opération est indispensable à la réussite de la plante.

 

A l’approche de l’hiver, on couvre complètement la plante de terre émiettée prise dans le sillon. Le buttage devra être d’autant plus épais que la terre sera légère. Par ce procédé,  on augmente beaucoup la masse végétale colorant, puisque la tige enterrée devient racine.

Au printemps de la deuxième année de culture, la pousse est plus vigoureuse, et, vers la fin de l’été, les tiges fleurissent et les grains se forment. Alor, pour en tirer parti, on fauche les fanes avant la formation de la graine et on les donne à manger au bétail ; c’est un excellent fourrage, il égale en nutrition le meilleur foin.

 

Quand on veut récolter la graine, on reconnait   qu’elle est mûre à la couleur vilet noir que prennent les baies Le prix moyen est de 1fr. le kilogr. Un hectare peut produire de 5 à 600 kilogr. 

 

L’arrachage de la racine  a lieu à 30 moi ; on l’exécute à bras d’homme ou à la charrue. Ce dernier  mode coûte moins, mais aussi il ne vaut pas l’autre.

 

La fouille s’effectue à 75 centimètres de profondeur dans les terres légères ;     l’arrachage d’un hectare  exige environ 156 journées d’hommes, qui doublent par la perte de temps qu’occasionne la, séparation de la racine de la terre.  

 

A la fin  de chaque jour, on recueille les racines extraites dans un drap, puis on les porte sur l’aire où elle sèchent. Une fois sèches à point, c’est-à-dire quand elle cassent net sans  plier, on les expose dans des lieux secs et aérés, soit dans des hangars ou dans des greniers.

 

 On ne peut pas assigner un terme à la vie de la garance : plus elle reste en terre, plus la racine grossit, mais généralement on l’arrache à 18 mois, parce que l’on craint la maladie, et une fois la racine attaquée par le rhizoclone, elle cesse de végéter et périt. 

 

Plantation ._ Quand on veut planter la garance, on prépare le sol  comme pour les semis ; On ouvre des sillons  et on plante au plantoir. Les soins  pendant la culture sont les mêmes que pour la garance d’un an. Cette méthode réussit dans les terres légères où la graine germe mal, et dans les contrées où la température empêche de semer assez tôt.

 

Dans la plantation, on gagne la première année, mais aussi la récolte est moins abondante et moins assurée.

 

IV

Nature du sol

Toutes les terres conviennent à la garance ; elle croit par tout, mais sa production varie selon le climat, la nature  du sol et son degré de fertilité.

 

Les racines pivotantes, traçantes et fibreuses de la garance ont besoin, pour bien se développer, d’une terre profonde, molle, humide et bien défoncée. Sans ses  conditions réunies, la production est moins grande et la qualité moins bonne.

 

Les terrains sablonneux ne lui conviennent qu’autant que l’eau ne fait pas défaut. La garance aime l’humidité, mais l’excès lui fait  mal. 

 

La stagnation trop longue des racines dans l’eau les fait moisir.

 

Dès que le développement d’une grosse racine s’arrête, son extrémité devient chevelue et épuise la plante- mère sans profit.

 

C’est ce qui arrive dans les terrains légers  et maigres où la végétation reste suspendue pendant les mois d’été. Il est vrai que le sommeil  de la végétation donne à la racine une qualité supérieure ; mais comme le produit est peu abondant, le cultivateur  a de la perte ; voilà pourquoi l’arrosage doit être pratiqué.

 

 Le terrain à base de calcaire lui convient le mieux ; il peut même supporter 90p. 100 de carbonate de chaux dans la composition du sol, mais alors il faut de grandes quantité d’engrais pour obtenir une abondante récolte,  sans pour cela être assuré d’optenir une garance de première qualité.

 

Chaque sol chaque climat imprime à cette plante une qualité qui leur est propre, mais en général le sol doit être meuble et frais, bien fumé et contenir dans sa formation de la chaux, de l’oxyde de fer,  de la silice et du sel marin.

 

Composition d’un engrais spécial._  Puisque l’on sait qu’elle est la nature du sol qui convient le mieux à la garance, il est facile d’introduire dans toutes les terres les éléments qui leur font défaut en introduisant ces substances dans les engrais.

 

Or l’analyse nous apprend que la bonne garance contient dans sa formulation comme principes constitutifs : de la chaux, de la potasse, de la soude et de l’acide carbonique pour 81.17 p. 100, dès-lors il nous est facile de composer un engrais dans lequel ces éléments entreront  dans diverses proportions.

L’engrais ordinaire  de ferme contient une masse considérable  d’acide carbonique qui se dégage par la décomposition dans  le sol et qui est absorbée par les racines de la plante, ou perdue dans l’air. Et bien! Ce fumier de ferme arrosé par une lessive composée de chaux, de cendres et de sel marin,  dosés dans la proportion de 6kilogr.  De chaux, 5 kilogr. de cendre et  de2 kilogr. De sel marin par hectolitre d’eau, constituera un engrais qui, absorbé par les racines de la plante,  donnera à ses parties constitutives un développement plus grand et à la partie colorante une nuance supérieure.

 

Pendant le séjour de la plante en terre, on peut aussi l’arroser dans l’été surtout, avec un liquide préparé de la même manière    que celui pour arroser  le fumier, mais avec des proportions d’ingrédients     trois fois moindres pour la même quantité d’eau ; par la mise en pratique de ce moyen d’irrigation, on est endroit d’obtenir des résultats jusqu’ici inespérés.

 

En 1838,je visitais les garancières de la Provence, j’analysai les sables paludiens des environs de Tarascon, et je trouvai que ce sol contenait en abondance du carbonate de chaux, de la silice, de la magnésie et des substances alcalines ; alors l’idée de composer un liquide qui contient les principes constitutifs de la plante me vint, car  l’on sait  que ce sont les  garances récoltées sur les terrains de Provence qui produisent les couleurs    les plus vives et les plus recherchées.

 

En 1839,  j’eus occasion  de  voir de près en Alsace les garancières de cette localité. Je renouvelai mes observations de l’année précédente, elles  me confirmèrent dans l’idée de la composition d’un engrais spécial et de l’arrosement par un liquide préparé avec les substances que je viens d’indiquer.   

 

A l’appui de ma proposition  d’un engrais, j’ajouterai que les terres de la Zélande contiennent  beaucoup  de principes salifères. En Bessarabie, on ne cultive la garance que sur les bors de la mer.

 

Le oxydes, les alcalis et les sels seront pour la garance  de puissants et énergiques stimulants, dont l’absorption par la plante augmentera son produit et donnera à son principe colorant une qualité  supérieure.

 

M. de gasparin dit que le fumier d’étable est un engrais complet pour cette plante, ce savant fait erreur.  Sans doute  que les déjections animales et végétales contiennent de la silice et des sels, mais en si petite quantité qu’ils ne sauraient suffire pendant une végétation de 18 ou 30 mois aux exigences de la plante.

 

En résumé, les soins qu’exige la garance après sa plantation sont le sarclage, le binage, le curement des rigoles, le buttage la fumure en couverture et l’arrosage.

Généralement, en France, on récolte la garance à 18 mois. Dans les environs de Breslau, on arrache les racines l’année même qu’elles ont été plantées, mais le produit en est médiocre et la qualité inférieure. La garance de trois ans donne de meilleures racines. Celles de cinq et six ans ont encore plus de qualité , mais comme rendement en argen,t, c’et la culture de dix-huit mopis que l’on doit généralement préférer.

 

Nozaire, cultivateur.

 

7 ° volume l’horticulteur provençal 1854  

 

 

Musée

Rubia tinctorum sativa, C B Pin 333, Basseporte (Madeleine), 43

Cote : Portefeuille 37, folio 66

Auteur :

Basseporte, Madeleine-Françoise (1701-1780) . Auteur

   Source : Muséum national d'histoire naturelle (Paris) - Direction des bibliothèques et de la documentation

http://bibliotheques.mnhn.fr/medias/doc/EXPLOITATION/IFD/MNHN_VEL_PORTEFEUILLE037_FOL066/

 

BOTANIQUE 

 

La garance des teinturiers, Rubia tinctorum L., est une plante vivace de la famille des Rubiacées qui fut largement cultivée pour la teinture rouge extraite de ses rhizomes.

 

Elle est également appelée communément garance ou rouge des teinturiers (all. Färberröte, Krapp, angl. madder, esp. rubia, granza, ital. robbia, garanza, néerl. meekrap).

Description[modifier | modifier le code]

La garance est une plante vivace par ses rhizomes, à tiges couchées ou grimpantes mesurant jusqu'à 1,5 m de long.

 

Les feuilles apparemment verticillées sont munies sur les bords et sur la nervure principale de petits aiguillons qui permettent à la plante de se soutenir en s'appuyant sur les autres plantes.

 

Les fleurs jaunâtres s'épanouissent en début d'été (juin-juillet). Elles comptent 4-5 pétales soudés à leur base. Les fruits charnus (baies) sont de la taille d'un pois, noirs à maturité.

 

La tige se caractérise par une section carrée contrairement à beaucoup de végétaux qui ont une section ronde.

Wikipédia

 

Image telabotanica ;

https://api.tela-botanica.org/img:000189836L.jpg

 

Rubia tinctorum L.

Le rhizome peut atteindre 80 cm de long.

- . Plante vivace d'environ 1 mètre, glabre, à racine rampante

- tiges couchées ou grimpantes, munies sur les angles d'aiguillons crochus

- feuilles assez grandes, lancéolées, annuelles, assez minces, munies de dents crochues sur les bords et la nervure médiane, offrant un réseau de nervures secondaires très saillant en dessous

- fleurs d'un jaune plus vif, en cymes axillaires et terminales

- corolle à lobes ovales-lancéolés, non aristés

- anthères linéaires-oblongues

- stigmates obovales en massue

- baies subglobuleuses, noires, de la grosseur d'un pois.

Écologie Haies et buissons, çà et là dans tout le Midi, jusqu'en Auvergne ; subspontané dans presque toute la France.

 

 

Rubia peregrina L.

 

Photo de couverture  PJM

- Plante vivace atteignant souvent ou dépassant 1 mètre, glabre, à racine longuement rampante

- tiges ascendantes ou diffuses, grimpantes-accrochantes, munies sur les angles d'aiguillons crochus

- feuilles ovales-lancéolées, persistantes, coriaces, à bords cartilagineux pourvus, ainsi que la nervure médiane, d'aiguillons crochus, sans réseau de nervures secondaires

- fleurs d'un jaune pâle, en petites cymes axillaires et terminales

- corolle à lobes brusquement terminés en longue pointe

- anthères ovales ou suborbiculaires

- stigmates en tête

- baies subglobuleuses, noires (4-6 mm de diam.). Varie à feuilles obovales (R. lucida L.) ou lancéolées-linéaires (R. angustifolia L., R. requienii Duby).

Écologie Haies et bois, surtout dans le Midi et l'Ouest ; nul dans le Nord et le Nord-Est ; Corse.http://www.les-snats.com/photo/flore/MC01338w4.jpg

Aspect des feuilles 

 

du blogue:

http://www.les-snats.com/fiches/Rubia_tinctorum_Autrefois_cultivee_MC01338.html

http://www.les-snats.com/photo/flore/MC01338w4.jpg

 

Couleur Garance

 

http://p3.storage.canalblog.com/36/27/461952/69665828.jpg

 tiré  du blog

http://beatriceonline.canalblog.com/archives/2011/10/31/22534354.html

 

 

Beaucoup de travail

 

L’auteur nous dit :

« Quoi qu’il en soit, la culture de cette plante est aujourd'hui peu étendue et paraît même être exclusive à quelques départements qui n’ont pas l’air, malgré les grands avantages qu’elle procure, de lui donner de l’extension. »

 

 

Comme nous le voyons dans ce texte  cette culture demandait beaucoup de travail. Pour commencer un travail du sol en profondeur ce qui veut dire qu’il fallait défoncer le sol (75cm) pour le préparer et surtout pour arracher les racines. Ce travail ne peut pas être fait avec des charrues ordinaire mais avec  un  brabant et un attelage de deux chevaux ou des bœufs.

Les plantes doivent être arrosées, travail supplémentaire

Pour l’arrachage il faut prévoir 156 journées  d’hommes, chiffre élevé. Ce qui se traduit par 16 jours de travail à 10 personnes pour 1 hectare. Il fallait donc embaucher des journaliers.

 

Mais à quel cout.

Je n’ai pas les chiffres du Gard et du Vaucluse mais ceux de mon canton d’origine, les Cabannes en Ariège ;

 

Pour le froment  en 1852 Questionnaire annuel demandé par le gouvernement( ADA M118)

Frais  de culture d’1 hectare de froment

4 journées d’attelage pour 2°laboureur à3f   12

3j 1/2idem pour semence       10.50

7j1/2 du laboureur à 1f           7.5

29 j d’homme pour moissonner , porter les gerbes, dépiquer et renter la paille à 1.25        36.25

6 journées de femmes pour ramasser les grains à l’aire et vanner à 0.60f    3.6

15 journées pour sarcler1

14 d’enfant pour idem à 0.60            17.40

Total    87.25

 NB journée pour sarcler : le blé se sème à la volée et  normalement ne se sarcle pas

 

 

Donc, seulement pour arracher les racinces,le cout est de 150x1.25=187.5fr

Si 1 hectare produit 10 quintaux chiffre le plus bas, à 55fr il rapporte 550franc. Mais le terrain est occupé pour 18 mois +6 mois d’attente après fumure soit 2 ans.

 En y cultivant des céréales on peut espérer

Pour le froment  10 hectolitres à l’hectare (moyenne Ariège en 1852 ;14 hl hectare Arrondissement de Pamiers en 1868 ; ADA  M 111)

 

Prix du blé (par hectolitre)     16 francs

Pour une année moyenne en blé   10quintaux à 16f=160f.

L’année d’après on fait une autre céréale ou des pommes de terre

Patates 60  hectolitre hectare (moyenne Ariège 1852)  à 4.10 (moyenne du département prix bas) soit 246 fr

Total pour 2ans  en culture vivrière

160+246= 406f

 

Garance

Prix Gard 55 fr le quintal  Vaucluse 60 fr

Pour la culture de la garance  à 10 quintaux à l’hectare

55fr  x 10=550fr

Pour une qualité supérieure on pouvait espérer 60f soit 600fr mais là il fallait garder la culture souvent 30 mois.

 

Avec la garance on gagnait un tout petit peu plus mais elle demandait beaucoup plus de travail que pour les cultures classiques. A cela s’ajoutait  le fait que cette culture industrielle prenait la place des céréales ou  autres cultures vivrières à une époque où le moindre lopin de terre était cultivé et le bénéfice net généré par la vente de la garance ne couvrait peut-être pas le cout des céréales qu’il fallait acheter pour manger.

C’est tout le problème des cultures industrielles.

L’exemple est bien connu au Bengladesh où à l’époque coloniale, avant les colorants chimiques, les paysans manquaient  de riz parce qu’il fallait produire de l’indigo en abondance,culture dont les bénéfices élevés n'allaient pas aux paysans.  

 

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